GRAMMAIRE DE L’HÉBREU BIBLIQUE
PAR
le P. PAUL JOÜON S. J.
PROFESSEUR A L’ INSTITUT BIBLIQUE PONTIFICAL
Deuxième édition
INSTITUT BIBLIQUE PONTIFICAL PIAZZA DELLA PILOTTA 35
ROME 1947
PROPRIÉTÉ LITTÉRAIRE
P R E M / È R E É ü / T / O .X - I 9 33 IMPRIMERIE ÜE [.'INSTITUT PI K IX - ROME
DEUXIÈME ÉD/r/OX AXASTAT/QUE - 1917 "OFFICINE GRAFICHE ITAI.IANE" - ROME
GRAMMAIRE DE L’HÉBREU BIBLIQUE
DU MÊME AUTEUR
Le Cantique des Cantiques < Commentaire philologique et exégéti- que (1909), Paris, G. Beauchesne.
Ruth. Commentaire philologique et exégétique (1924), Rome, Insti- tut Biblique Pontifical.
l.ibri Ruth textum hebraicum ad usum scholarum edidit Pontiificium Institutum Biblicum, animadversionibus criticis il'lustravit P. Pau- lus Joüon S. I., in ecdem P.I.B. professor (1921).
L'Évangile de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Traduction et commen- taire du texte original grec, compte tenu du substrat sémitique (1930), Paris, Beauchesne.
Nombreux articles sur la philologie sémitique dans les Mélanges de la Faculté Orientale de Beyrouth, dans Onentalia et surtout dans Bibhca, ainsi que sur le grec du Nouveau Testament dans les Recherches de Science Religieuse.
GRAMMAIRE
DE L’HÉBREU BIBLIQUE
PAR
le P. PAUL JOÜON S. J.
PROFESSEUR A L'INSTITUT BIBLIQUE PONT'FICAL.
Ouvrage couronné par l’ Institut de France (Prix Volney)
Deuxième édition anastatique corrigée
INSTITUT BIBLIQUE PONTIFICAL
ROME
(PIAZZA DELLA PILOTTA 35)
1947
AVIS AU LECTEUR
L’année même de la mort du R. P. Paul Joüon S. J. (né à Nantes, le 6 février i8ji , il mourut dans cette ville, le 18 février içqo), la première édition de son ouvrage le plus apprécié, la Grarm maire de l’hébreu biblique, allait être épuisée. Vu son état de santé, l’auteur n’avait pu songer à en préparer lui-même une nouvelle édi- tion, dans laquelle il aurait voulu utiliser les remarques de la critique, très favorable d’ ailleurs, pour ne pas dire enthousiaste, et les résultats de nouvelles recherches, dans le champ de la philologie hébraïque. D’autres peut-être, après sa mort, auraient pu se charger de publier cette nouvelle édition, si la guerre n'était venue créer une situation peu propice à de pareils travaux.
Aujourd’ hui le besoin d’une grammaire de la langue hébraïque se fait de plus en plus sentir, et les demandes se multiplient. Aussi nous sommes-nous décidé à réimprimer, par le procédé anastatique ,~ la Grammaire du Père Joüon, après en avoir corrigé les erreurs typographiques. Elle continuera, nous en sommes convaincu, à ren- dre un précieux service aux hébra'isants , désireux d’ approfondir leur connaissance de la langue des prosateurs et des poètes inspirés de l’Ancien Testaments
LOUIS SEMKOWSKI S. J.
AVANT-PROPOS
L’essor pris de nos jours par les études bibliques a fait sentir plus universellement, en particulier chez les catholi- ques, la nécessité d’une connaissance plus approfondie de la « langue sainte ». Les progrès de la philologie sémitique, d’au- tre part, obligent à étudier l’hébreu d’une manière plus scien- tifique, comme on le fait depuis longtemps pour d’autres lan- gues mortes, telles que le grec et le latin. C’est pour satis- faire au besoin d’une grammaire suffisamment complète et de caractère scientifique, souvent exprimé par nos élèves, d’a- bord à la Faculté Orientale de l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, puis à l’Institut Biblique de Rome, que nous nous sommes décidé à entreprendre ce travail. Ce qu’on nous de- mandait c’était un livre intermédiaire éntre les bonnes. gram- maires élémentaires et les ouvrages monumentaux comme le Lehrgebàude de E. Konig.
Soit pour la mesure à garder, soit pour la manière d'ex- poser, nous avons eu en vue la catégorie de plus en plus nombreuse des étudiants qui sentent la nécessité de dépasser le stade de la connaissance purement empinquç (*) et veulent sè rendre capables de résoudre les multiples difficultés gram- maticales du texte massorétique, au lieu de sauter tout sim- plement par-dessus. Ils trouveront ici non seulement toutes les notions essentielles, mais encore la plupart des particularités d'importance secondaire. Quant aux menus détails et aux ano- malies si nombreuses qui peuvent rendre rebutante 1 étude de l’hébreu, nous avons dû nous limiter. L’important, du reste, pour l’étudiant, n’est pas tant de connaître un très grand nombre de minuties que de pouvoir se rendre compte d une
(Aj Bien enteridu, la connaissance empirique des formes et des mots est le fondement indispensable de toute étude plus approfondie. Il faut assu- rer la connaissance exacte des premiers éléments : écriture, lecture, para- digmes, vocabulaire usuel. Bien que cette grammaire soit, croyons-nous, par- faitement abordable pour tout esprit mûr et d’une culture philologique moyenne, il est possible que certains trouvent utile de s’initier aux premiers éléments dans un court résumé. C’est l’idée qui a guidé M. Touzard quand il a fait précéder sa Grammaire hébraïque abrégée d’un rapide exposé des « Premiers éléments », destiné à orienter rapidement les débutants.
VIII
AVANT-PROPOS
forme rare, de pouvoir juger si elle est explicable ou si elle est, au contraire, en dehors de toute analogie, anormale ou fautive. Mais quand un détail, même minime, pouvait projeter un peu de lumière sur quelque point obscur, nous n’avons pas hésité à le noter. On trouvera ici mainte particularité non si- gnalée par E. Kautzsch; par contre, certains détails donnés par ce grammairien ont été délibérément omis.
En évitant l’excès de détails nous avons pu faire plus large la part de l’explication. Ceux même qui ont l’esprit peu ouvert à la grammaire scientifique trouveront qu’une forme expliquée et comprise mord beaucoup mieux sur la mémoire. Une solide initiation à la phonétique permet de retrouver fa- cilement et exactement une forme oubliée et préserve des vo- calisations fautives. Pour ceux surtout qui commencent l'étude de l’hébreu un peu tardivement, l’explication rationnelle est un auxiliaire indispensable de la mémoire-
Une langue sémitique comme l’hébreu donne l’impression d’un monde nouveau. Le système phonétique a des valeurs inconnues dans nos langues; la morphologie et la syntaxe ont des procédés tout différents des nôtres. Pour pénétrer l’organisme et le génie de l’hébreu il faut se défaire de ses habitudes phonétiques (*) et grammaticales, comme aussi de certaines idées suggérées par nos langues. Dès les premiers éléments, la nature des voyelles hébraïques, leur qualité (2) et leur quantité sont exposées d’une façon qui diffère assez notablement de l’enseignement de la plupart des grammai- riens. Sur des points assez nombreux, par exemple dans la question si importante des temps , nous nous sommes écarté, de certaines vues généralement admises, quand un examen sérieux nous a montré qu’elles n’étaient pas suffisamment exactes. Aussi bien ne comprendrait-on guère qu’un livre de ce genre se bornât à un travail de compilation, d’agencement
(*) Et cela uon seulement théoriquement, mais encore d’une façon pra- tique. L’étudiant devra s’astreindre, dès le début, à prononcer exactement : consonnes, voyelles (timbre, quantité, ton), à observer la division syllabique, etc. Le Français devra notamment veiller à la prononciation exacte des voyelles fermées e et o en des positions où ces voyelles répugnent aux lois phonétiques de notre langue. Il devra aussi, dès le début, faire sentir for- tement le ton mile'el qu’on a systématiquement marqué dans ce livre, mal- gré la difficulté typographique.
(a) L’importance capitale de la qualité dans les voyelles hébraïques exigeait pour leur transcription l’emploi de caractères phonétiques.
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ou de mise au point et n’apportât pas un peu de nouveau (*). Sur les points controversés on n’a que rarement mentionné les opinions divergentes. La nature du livre permettait encore moins d’entrer dans des discussions. Pour la bibliographie, en dehors des indications générales de l 'Introduction, on n’a donné de références que pour certains points plus importants, et à des travaux réellement utiles (*)
Dans le vaste champ des êxplications grammaticales on doit bien souvent se contenter, si l’on veut être sincère, de simples probabilités. Le lecteur sera sans doute surpris de voir revenir si souvent les mots probable , probablement ( prob% peut-être (p.-ê.) qu’on n’est guère accoutumé -à trouver ‘sous la plume des grammairiens. Mais, au risque de paraître méticuleux, nous n’avons pas voulu donner au lecteur l’im- pression que toutes les explications sont également certaines.
Sans avoir aucun respect superstitieux pour la vocalisa- tion du texte massorétique, nous nous sommes convaincu que, dans l’ensemble, elle est l’image fidèle de la réalité et partant offre une base grammaticale solide. Cette attitude conserva- trice ne nous a pas empêché dç signaler ce qui nous a paru arbitraire, suspect ou fautif. Lè lecteur aura vite l’impression que l’étude du texte massorétique ne peut être que critique : elle, n’est pas faite pour des esprits trop jeunes.
Malgré nos efforts pour ne pas submerger le lecteur sous un déluge d’infiniment petits, la nature même de la langue et du texte massorétique obligeait à mentionner beaucoup de menus faits (3). L’étudiant ne doit pas s’en effrayer. Il fera bien de lire une première fois rapidement toute la gram- maire, pour prendre une vue d’ensemble et comme une impression des choses. Il reviendra ensuite à l'étude attentive du détail. Dans les paragraphes plus étendus, ceux des. ver- bes irréguliers, par exemple, les notions les plus importantes
(*) Certains de ces points nouveaux ont été traités par nous dans les Mélanges de la Faculté Orientale de Beyrouth ej: dans Biblica\ nous y ren- voyons, à l’occasion, le lecteur qui voudrait avoir un complément d’informa- tion sur telle explication proposée.
(*) La bibliographie, qui était déjà donnée assez abondante par Kautzsch, se trouve enregistrée d’une façon presque exhaustive dans la refonte de l’ouvrage par Bergstràsskr (I. Theil, 1918).
(3) Bien entendu, tous les détails proprement lexicologiques doivent être cherchés dans les bons dictionnaires.
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sont groupées au commencement, leâ détails et les anomalies rejetés à la fin. Tous les détails ne sont évidemment pas à retenir, surtout dans une première étude. L’étudiant les re- trouvera en lisant le texte biblique, où il pourra les exami- ner au fur et à mesure avec plus d’intérêt.
La Phonétique, qui est une introduction nécessaire à la Morphologie, présente une difficulté pratique pour le débutant, lequel est supposé ne pas encore connaître les formes. L’auteur, d’autre part, est exposé à dire dans la Phonétique des choses qu'il devra répéter dans la Morphologie. Aussi avons-nous traité la Phonétique d’une façon aussi brève que possible.
Pour une raison pédagogique, beaucoup d’exemples cités dans la Phonétique et la Morphologie sont empruntés aux paradigmes; certaines formes, même non marquées de l’asté- risque (*), peuvent donc ne pas se trouver dans le texte bi- blique. Il en est de même pour certains noms cités à l'état absolu, certains verbes cités à la 3° personne sg. m., etc.
Dans la Phonétique et dans la Morphologie nous n’avons pas traduit tous les mots cités, surtout ceux qui revenaient souvent ( 1 ). Dans quelques cas nous avons fait appel au latin pour rendre plus exactement une nuance.
Nous avons cité parfois, pour comparaison, l’arabe, l’ara- méen et le syriaque : nous estimons, en effet, que les étudiants comprendront la nécessité d’une connaissance au moins élémen- taire de ces langues pour une pleine intelligence de l’hébreu.
La Syntaxe, cette partie souvent si négligée de la gram- maire hébraïque, a reçu les amples développements auxquels elle a droit (2). Nous avons tâché d’en rendre la lecture plus aisée en donnant beaucoup d’exemples in extenso et tra- duits (3), au lieu d’accumuler de simples références au texte biblique. Nous avons assez rarement visé à donner la liste
(‘) L’étude du vocabulaire doit naturellement aller de pair avec celle de la grammaire. L’étudiant pourra, par exemple, apprendre des mots groupés à divers points de vue (sens ou forme). Dès qu’il pourra lire un texte facile, il fera bien d’apprendre quelques versets offrant un intérêt particulier pour les mots ou pour la syntaxe.
(2) Quelques remarques de stylistique, se rattachant étroitement à la syntaxe, ont même été données à l’occasion. .
(3) Il est à peine besoin de faire remarquer que les traductions données ont un caractère strictement grammatical et visent à la littéralité. — Vers la fin de la Syntaxe, nous avons, dans une intention pédagogique, omis la vocalisation d’un petit nombre de mots qui reviennent très souvent et que l’étudiant est censé connaître.
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XI
complète des passages où se rencontre un phénomène ; mais nous avons indiqué le degré relatif de fréquence (*)•
Nous avons évité, d'une façon générale, de citer des exemples critiquement douteux (2) : leur discussion aurait dé- bordé les limites de cette grammaire ; elle relève plutôt, d’ail- leurs, du commentaire philologique.
Pour la terminologie nous avons généralement conservé les termes reçus, sauf dans les cas où ils suggèrent une idée fausse. Les termes qui font partie du vocabulaire courant de la grammaire hébraïque, par exemple, gai, nifal, piel, hifil sont écrits de la façon la plus simple, comme des mots fran- çais. Nous faisons de même pour les termes conventionnels que nous employons dans la Syntaxe pour désigner les temps* par exemple qatal pour le parfait, yiqtol pour le futur (cf. § 1L1^).
Dans les Paradigmes, qui pour la commodité de l’étu- diant forment, avec les Index, un fascicule séparé, on trouvera certaines innovations de caractère pédagogique. Dans les verbes, immédiatement après le parfait nous avons mis le futur, ce second temps étant nécessaire et suffisant pour dé- finir une conjugaison. Puis vient l’impératif, dont la voyelle caractéristique est celle du fatur. Viennent enfin les formes nominales-verbales : infinitifs et participes.
Les deux infinitifs faisant souvent difficulté pour le dé- butant, nous avons fait précéder l’infinitif construit du ^>, le- quel ne peut pas se trouver devant l’infinitif absolu.
Dans un paradigme synoptique des verbes (Paradigme 16) on trouvera aux quatre formes qal, nifal, hifil, hofal, les verbes irréguliers qui peuvent plus facilement prçter à des confusions.
L’impression du livre s’est faite dans des conditions par ticulièrement difficiles. Malgré le soin donné à la correction des épreuves, il est resté un certain nombre de fautes dont nous signalons, à \ Errata, quelques-unes, plus fâcheuses pour l’étudiant. Le lecteur devra parfois compter avec quelque voyelle hébraïque déplacée, tombée ou brisée.
Je tiens à exprimer ici ma vive reconnaissance au R. P. Joseph Neyrand, S. J., professeur à l’Institut Biblique, qui a bien voulu lire une épreuve et dont les observations si com- pétentes m’ont été d’un grand profit.
(') Un bon nombre d'exemples ne se trouvent dans aucune Syntaxe. Pour certains textes, par exemple le livre de Ruth, l’abondance des citations équivaut presque à un commentaire grammatical.
(s) Indiqués par le point d’interrogation inverti S
ABRÉVIATIONS
G(e)n(èse), Ex(ode), Lév(itique), N(om)b(res), D(eu)t(éronome); — Jos(ué), Jug(es), 1 S(amuel), 2 S(amuel), 1 R(ois), 2 R(ois), — Is(aïe), Jér(émie), Ez(échiel), Os(ée), Joël, Am(os), Abd(ias), Jon(as), Mich(ée), Nah(um), Hab(acuc), Soph(onie), Agg(ée), Zach(arie), Mal- (achie); — Ps(àumes). Pr(overbes), Job, Qan)t(ique des Cantiques), Ruth, Lam(entations), Eccl(ésiaste), Esth(er), D(a)n(iel), Esd(ras), Néh(émie), 1 Ch(roniques), 2 Ch(roniques).
SIGNES CONVENTIONNELS
Le point d’interrogation inverti ) indique que la forme ou le texte est suspect.
L’astérisque * indique que la forme n’est pas attestée (*). •
Le signe > indique qu’une forme devient telle autre forme, par ex. § 17£; ou qu’elle est plus fréquente, par ex. Paradigme 2: Hofal.
La croix f indique qu’une énumération est complète.
N = Note.
Pour la numérotation des chapitres et des versets de la Bible hébraïque nous avons suivi l’usage communément reçu, celui par exemple de la Polyglotte Stier et Theile (reproduite dans la Po- lyglotte ViGO.UROUx). Il est utile de remarquer qu’une édition de la Bible hébraïque très répandue, celle de Letteris ( D,”lÿïîî/'i? ) (Berlin 1910), s’écarte parfois de l’usage actuellement reçu. Dans Jér 31 le v. 1 est attribué au ch. 30; dans 1 Sam 24 le v. 1 est attribué au ch. 23.
P) Dans le Paradigme 4, l’astérisque a un autre emploi (voit la note p. 10*).
INTRODUCTION
§ 1. Définition de la grammaire hébraïque.
La grammaire hébraïque, telle qu’on l’entend généralement, et a telle qu’on l’envisage dans ce livre, est la grammaire au texte biblique traditionnel dans la forme où il a été fixé par les savants juifs des écoles de Tibériade vers le VII* siècle de l’ère chrétienne.
A cette époque le texte consonantique fut muni de nombreux b signes indiquant d’abord et principalement la vocalisation, puis aussi certaines modalités dans la prononciation des consonnes, la division syllabique, le ton, la liaison des mots entre eux, les pauses, la modu- lation. Ces signes, et notamment les signes des voyelles, consistant principalement en points (ITTj33), on parle souvent de la ponctuation du texte consonantique, et les inventeurs du système sont appelés Naqdanim ( pundatores ). La prononciation ainsi déterminée par les Naqdanim avec une minutie extrême est la prononciation soignée, so- lennelle, musicale, en usage dans les offices religieux des synagogues de leur temps. Cette prononciation, qui comporte une certaine re- cherche et une certaine emphase, a sans doute quelques détails plus ou moins artificiels; mais il n’y a pas de raison de la suspecter dans son ensemble. Les Naqdanim ont voulu noter fidèlement là pronon- ciation de leur temps, alors que la tradition était en péril, et l’on peut croire qu’ils y ont réussi. La cohérence interne du système et la comparaison avec les langues apparentées témoignent en faveur des vocalisateurs.
Le détail de la grammaire hébraïque et notammennt de la mor- phologie est fondé sur la vocalisation enregistrée par les Naqdanim et la suppose fidèle.
P. Joüon, Grp.mm. de i'hébreu bibl.
1
2 a — d
2
§ 2. Place de l’hébreu parm. les langues sémitiques (*)•
a L’hébreu appartient au groupe des langues que, depuis 1781, on a commencé à appeler sémitiques (cf. Gn 1Q, 21 — 31). Ces langues peu- vent, d’après leur répartition géographique, se diviser ainsi qu il suit :
b Groupe du nord-est (Babylonie, Assyrie) : Y akkadien (terme générique récent, s’opposant au sumérien, langue non-sémitique parlée aussi en Babylonie). V akkadien comprend les dialectes babylonien, et assyrien. On possède des documents cunéiformes en akkadien depuis la seconde mqitié du 3* millénaire avant J.-C. jusqu’aux environs de l’ère chrétienne.
c Groupe du nord-ouest (Mésopotamie, grande Syrie): Xara-
mèen, Y hébreu, le phénicien.
d L ’aramêen (2), parlé d’abord, semble-t-il, par des tribus du désert
syrien, se répandit peu à peu dans les régions voisines à l’est et à l’ouest. A l’époque perse, il supplanta notamment la langue hébraïque en Palestine. Le plus ancien document araméen connu est l’inscription de Zkr, roi de blama et de Us, qui date du commencement du VIIIe siècle. Les inscriptions trouvées à Zindjirli sont un peu postérieures (\ III siècle).
Les dialectes araméens des âges suivants peuvent se diviser en orientaux (dans lesquels la préformante de la 3e personne du futur est n) , et occidentaux (qui ont z comme l’ensemble des langues sé- mitiques). Les principaux dialectes araméens orientaux sont le syriaque , originairement dialecte d’Edesse (qui se subdivise en syriaque oriental ou nestorien, et syriaque occidental ou jacobite), le dialecte juif du Talmud de Babylone, le mandéen. A l’araméen occidental appartien- nent le dialecte des papyrus de la colonie juive d’Eléphantine (Ve siè- cle) et celui de quelques chapitres d’Esdras (4,8 6, 18; 7,12 26)
et de Daniel (2,4—7,28);’ puis les dialectes postérieurs des Targum et du Talmud de Jésusalem ; d’autre part le samaritain, le palmyrénien (inscriptions du Ier au III* siècle après J.-C.),' le nabatéen (inscriptions du Ier siècle après J.-C.).
(l) Nôldeke, Die semitischen Sprachen 2 (1899) ; Brockelmann, Grundriss der vergleichenden Gramviatik der semitischen Sprachen, 1 (1908), pp. 1*34, Lidzbarski, Handbuch der nordsernitischen Epigraphik (1898) ; Cooke, A text- book of north-semitic inscriptions (1903).
ç2j q{ J. -B. Chabot, Les langues et les littératures araméennes (1910).
3
Place de l’hébreu parmi les langues sémitiques
ï e — k
\Jhébreu est un développement de la langue parlée en Canaan e avant l’arrivée des Israélites. L’ancienne langue de Canaan est connue seulement par certaines gloses des lettres babyloniennes trouvées à Tell el Amarna (Haute Egypte). Ces lettres, qui datent des environs de 1 400, sont écrites dans la langue diplomatique d’alors, le baby- lonien, au gouvernement égyptien, par des scribes du pays de Canaan qui emploient parfois des mots ou des formes de leur langue. En dehors des textes bibliques, l’hébreu ancien est représenté surtout par l’inscription de Siloé (vers 700). L’inscription de Mêsa', roi de Moab (cf. 2 R 3, 4) (vers 850) est dans une langue qui ne diffère de l’hé- breu que par quelques légères particularités.
Le phénicien, qui est représenté par l’inscription du roi Klmu f (IXe s.) et par des inscriptions assez nombreuses postérieures au Ve s., est étroitement apparenté à l’hébreu. Le dialecte punique, de Carthage et de ses colonies, se rattache au phénicien.
Groupe méridional (Arabie, Abyssinie): l’ arabe, \' éthiopien. %
En arabe du nord on possède une inscription du roi Mar’ulqais li (328 ap. J.-C.). Par les conquêtes de l’Islam, l’arabe se répandit en Syrie, en Babylonie et en Mésopotamie, où il supplanta peu à peu les dialectes araméens, en Egypte, dans l’Afrique du nord, et jus- qu’en Espagne.
Les principaux dialectes de l’arabe du sud sont le minéen et le sabéen.
L’ éthiopien ou ge'ez est la langue d’une population qui émigra i de l’Arabie méridionale en Abyssinie. Le plus ancien monument de cette langue estTinscription du roi 'Ezana d’Àksum (IVe s. après J.-C,).
Caractéristiques des langues sémitiques. Les langues sé- J mitiques ont certains traits caractéristiques qui les différencient des autres -groupes de langues. Parmi ces caractéristiques, -qui se trouvent en particulier en hébreu, on peut énumérer celles-ci : 1) l'existence de certaines consonnes gutturales, en hébreu p tl, 'P ; 2) l’existence de consonnes emphatiques, en hébreu / g, ; ï, i ( q ) p ; 3) les racines sont pour la plupart purement consonantiques et trilittères ; 4) l’os- sature consonantique du mot exprime l’idée générale, tandis que les voyelles expriment les diverses modalités qui déterminent cette idée.
Affinité du groupe sémitique avec d’autres langues. L’égyp- k
2 k — 3 a Histoire de l’hébreu biblique 4
tien ancien, dont le copte est issu, a certains traits communs avec les langues sémitiques. On admet qu’il a avec celles-ci une même origine, mais que, séparé de très bonne heure et soumis à des in- fluences étrangères, il a subi une évolution toute particulière qui l’a profondément modifié.
Pins éloignée encore est la parenté des langues sémitiques avec les langues hamitiqües modernes : langues berbères, langues koushites (Bischari, Saho, 'Afar, Somali).
Quant à une parenté éloignée des langues sémitiques avec les langues indo-européennes, elle est très problématique. Les meilleurs travaux récents, notamment ceujc de H. Môller (') n’ont pas encore apporté une preuve convaincante de parenté (*).
§ 3. Histoire de l’hébreu biblique.
Bien que nos textes bibliques s'étendent sur un bon nombre de siècles, la langue dans laquelle ils sont écrits présente une uniformité étonnante. Mais l’uniformité n’affecte pas au même degré les divers éléments du langage: formes, syntaxe, vocabulaire, phraséologie. Le vocabulaire et la phraséologie sont les éléments qui varient le plus d’époque à époque, d’écrivain à écrivain. Les variations de syntaxe sont en général beaucoup moins considérables. Cependant les diffé- rences apparaissent très sensibles quand on considère des textes sé- parés par un long intervalle de temps. Ainsi la syntaxe des livres historiques « postexiliens, Esdras, Néhémie, Chroniques, diffère notable- ment de celle de Samuel et des Rois (*).
C’est dans les formes que l’uniformité du texte biblique est le plus grande. Encore faut-il distinguer ici l’élément consonanbque et l’élément vocalique. Etant donné la nature même des formes sémiti- ques, dans lesquelles les consonnes sont comme une armature et con- stituent un élément stable, tandis que les voyelles sont un élément va- riable, l’altération des voyelles, au cours des siècles, a dû être plus rapide que celle des consonnes. Or le texte qui nous est parvenu ne
(*) Semilisch und Indogermanisch, I Teil : Konsonanten (1907); Vergiei- chendes mdogerm.-sem. Wôrierbvch (1911).
(*) Voir en particulier A. MeiLlkt, dans la AV?'- critique , 1910, I, p. 313.
(3) Kropat, Die Syntax des Autors der Chronik (1909).
5 Histoire de I hébreu biblique 6 a — o
nous permet de constater que peu de variations consonantiques et très peu de variations vocaliques. Il est donc fort probable que le texte consonantique a été plus uo moins uniformisé au cours des âges, et il est certain que les diverses parties du texte consonantique, à quelque siècle qu’elles appartiennent, ont reçu une vocalisation Uni- forme. Les Naqdanin du VIIe siècle ont imposé la prononciation sy- nagogale de leur temps aux textes les plus anciens comme aux textes les plus récents, pour lesquels seuls elle est substantiellement exacte.
En dehors de l'uniformisation du texte consonantique due aux copistes et de la vocalisation uniforme imposée par les Naqdanim, il y a un élément d’uniformité qui provient de la volonté des écrivains eux-mêmes. Si la angue des derniers écrits bibliques ressemble si fort à celle des écrit- les plus anciens et diffère tant, par contre, de celle de la Mishna (I .* s. ap. J -C.), c’est que l’hébreu de la Mishna reflète la langue parlé ., dans les écoles à l’époqu;. de sa composition, tandis que les derniers écrivains bibliques ont généralement voulu imiter, en quelque mesure, le type à la fois sacré et classique des livres an- ciens. L’imitation, si imparfaite soit-elle, nous empêche de pouvoir regarder l’hébreu biblique de la dernière époque comme l’image de la langue parlée d’alors.
De tout ceci il ressort combien il est difficile de connaître l’é- volution de l’hébreu biblique. La difficulté apparaîtra encore plus grande si l’on considère que nous ignorons la date, même approxi- mative, de la composition ou de la rédaction de certains écrits (*).
Nous nous contenterons donc de distinguer dans l’histoire de la b langue hébraïque deux grandes périodes: la période préexilienne et le période postexilienne. La période préexilienne est l’âge d’or de la langue ; c’est, si l’on peut dire, la période de l’hébreu classique. Dans la période postexilienne la langue s’altère, en partie sous l’influence de l’araméen, qui devient de plus en plus exclusivement le langage
(*) Il serait aussi fort intéressant de savoir quelle langue parlaient les Israélites au temps de l’Exode, après plusieurs siècles de séjour en Egypte, quelle langue ils parlaient au moment de leur entrée en Canaan. Sur ce der- nier point, on peut voir Bauer (Histor. Gramtn. der hebr. Sprache, 1, p. 23) qui opine pour l’araméen, lequel n’était alors, d’après lui, qu’un dialecte de l’arabe. Mais les raisons alléguées ne sont pas convaincantes.
3 c — 4 a
Histoire de 1 hebreu biblique
b
ordinaire des Juifs. L’hébreu postexilien le plus altéré est celui de l’Ecclésiaste, d’Esther, d’Esdras et Néhémie, des Chroniques (*).
Outre les différences dues à l’évolution de la langue au cours des siècles, l’hébreu a sans doute présenté des particularités dialectales dans les diverses régions où il était parlé (*). Ainsi entre le royaume du nord et celui du sud il aura existé des différences de langage. Mais les éléments dont nous disposons ne nous permettent guère de préciser ces différences et de parler d’un dialecte du nord et d’un dialecte du sud.
Une différence d’un autre ordre et grandement importante en grammaire est celle qui sépare la langue de la poésie de celle de la prose. La poésie hébraïque a des mots assez nombreux qui lui sont propres, et parmi ces mots, chose remarquable, plusieurs se retrou- vent en araméen, p. ex. ETI1N homme pour DIS. ITlS chemin pour TH, nriK venir pour K13- nVO parole pour *133, rtîn voir pour i1S*l •
IV V T T T . T \ T T .
La poésie, soit par recherche, soit par nécessite métrique, emploie souvent des formes rares, anormales ou archaïques. Ainsi l’on trouve en poésie les formes longues anciennes des prépositions = 7S: ,-jjj _ -jp; = LX) (§ 103 m); les finales ' — . 1 du nom (§ 93 l,r);
les suffixes pronominaux ÎD, ÎQ—, 10 — (§ 61 i). Pour la syntaxe, notamment pour l'emploi des temps, la poésie use d’une grande li- berté. On serait même embarrassé de traiter certaines questions de syntaxe uniquement d’après les textes poétiques ((i) * 3). C est sans doute pour des raisons d’esthétique ou de brièveté que la poésie emploie beaucoup moins que la prose l'article, la particule relative , la particule de l’accusatif nK .
§ 4. Histoire de la grammaire hébraïque.
Les premiers travaux de grammaire hébraïque commencent au Xe siècle, sous l’influence de la grammaire arabe, avec le Gaon Sa'adia
(i) L’étudiant ne devra lire ces livres qu’en dernier lieu, après qu’il aura acquis une connaissance suffisante de la bonne prose classique.
(ï) Du récit de Jug 12, 6 il ressort que les Ephraïmites prononçaient la sifflante du mot rhîv autrement que les gens de Galaad.
(3) La grammaire, et en particulier la syntaxe, est fondée principalement
sur les textes de la prose classique, spécialement sur les bons textes narratifs.
du Fayyoum (f 942). Les principaux grammairiens juifs dont nous possédons les œuvres sont Hayyug (vers 1000), Abu’l Walid Mer- wan ibn Ganah (vers 1030), Ibn Ezra (f 1167), David Qimhi vers 1235), son père Joseph et son frère Moïse. Ces savants juifs avaient pour les éclairer la connaissance de l’araméen et de l’arabe.
La première grammaire publiée par un chrétien est celle de Jean Reuchlin {De rudimentis hebraicis, 1506). C’est à lui que remontent bon nombre des termes techniques usités en grammaire hébraïque. Le Juif Elias Levita (f 1549) contribua beaucoup, par ses ouvrages et par son enseignement, à répandre la connaissance de 1 hebreu chez les savants chrétiens. Jean Buxtorf (f 1629) et ses successeurs res- tent encore étroitement fidèles à la doctrine grammaticale des Juifs. Au XVIIIe siècle A. Schultens (f 1750) met à profit sa connais- sance de l’arabe pour expliquer et approfondir l’hébreu. Mais c’est au XIXe siècle que la grammaire hébraïque se transforme et prend un aspect de plus en plus scientifique.
W. Gesenius (t 1842) fut l’initiateur du mouvement. Sa gram- maire eut plusieurs éditions ; avec de nombreuses et profondes trans- formations, elle devint un livre quasi nécessaire, auquel renvoient la plupart des commentateurs de l’Ancien Testament. E. Rodiger (14e— 21e éd.) et E. Kautzsch (22e— 28" éd.) améliorèrent sans relâche l'œu- vre de Gesenius. Les dernières éditions données par Kautzsch ren- ferment une masse très considérable de faits sous un volume assez restreint. La doctrine grammaticale est plutôt conservatrice ; l’exposé est en général clair et précis; la littérature du sujet est à peu près complète. Après la mort de Kautzsch (t 1910), la 29e édition a été publiée par G. Bergstràsser, qui a profondément transformé l’œuvre de son prédécesseur. C’est en réalité un ouvrage entièrement nou- veau, où l’ordre même des matières diffère notablement de l’ancien ; c’est un livre beaucoup plus érudit, beaucoup plus critique, faisant une part bien plus large à l’histoire du développement de la langue (*).
H. Ewald (f 1875) chercha à ramener les laits grammaticaux à des lois et à expliquer celles-ci rationnellement. Sa gj-ammaire {Ans-
(>) Cf. Biblica, 1 (1920), p. 111. Nous n’avons pu utiliser que le 1er fas- cicule (Phonétique), 1918.
4 c — a Histoire de la grammaire hébraïque 8
fibirliches Lehrbuch der hebr. Sprache, 8* [et dernière] éd. 1870) est encore utile, surtout pour la syntaxe. •»
J. Olshausen (f 1882) dans son Lehrbuch der hebr. Sprache, 1861, qui ne renferme que la phonétique et la morphologie, cherche à expliquer les formes de l’hébreu d’après le sémitique primitif, re- présenté généralement par l’arabe.
F. Bôttcher (f 1863) dans son Aus/ührliches Lehrbuch der hebr. Sprache, édité par F. Mühlau (2 vol. 1866, 68) n’a pu éga- lement donner que la phonétique et la morphologie (celle-ci incom- plète, cf. t. 2, p. VI). Tel quel, cet ouvrage est le répertoire le plus compjet des formes, et à ce titre reste très utile.
B. Stade (f 1906) n’a publié aussi que la phonétique et la mor- phologie ( Lehrbuch der hebr. Grammatik, 1879). La morphologie du verbe renferme un répertoire à peu près complet des formes du parfait, du futur et de l’impératif, classées par personnes. Cette disposition est commode pour les recherches et la comparaison des formes.
E. Kônig a donné une grammaire très considérable en trois vo- lumes: Lehrgebdude der hebr. Sprache, t. 1 (1881) pronom et verbe; t. 2 (1895) nom et particule, morphologie générale et phonétique ;
3 (1897) syntaxe. Il est souvent plus complet que ses prédéces- seurs; sur beaucoup de points il cite et discute les diverses opinions: c’est éminemment une grammaire critique.
H. Bauer et P. Leander ont publié une Historische Grammatik der Hebrâischen Sprache (*). Cet ouvrage est non seulement une gram - maire historique, comme l’indique le titre, mais encore une grammaire descriptive. Dans la partie historique l’hypothèse joue un rôle consi- dérable ; la partie descriptive, par ex. la formation nominale, est riche et très soignée. Les auteurs, utilisant les travaux de détails et la grande synthèse de grammaire sémitique comparée de Brockelmann, ont voulu élever la grammaire hébraïque à la perfection scientifique at- teinte par la grammaire des langues indo-européennes. d Outre ces travaux d’ensemble de première importance, il convient de signaler comme particulièrement utiles la Hebrew Syntax de A. B. Davidson (3* éd. 1912) et l’excellent ouvrage de Driver, A trea-
(*) Nous n’avons pu utiliser que les fascicules 1 (1918) et 2 (1919).
9
Histoire de la grammaire hébraïque
4 d—f
lise on the use of the tenses in hebrew and some other syntaclical questions (3e éd. 1892). Il faut noter aussi la Stylistique de Konig [ Stilistik, Rhetorik, Poetik, 1900), utile complément de sa grammaire.
La lexicographie a fait au XIXe et au XXe siècle des progrès e importants; mais il en reste encore à faire beaucoup. Le Thésaurus linguae hebraicae de W. Gesenius (publié de 1829 à 1858), vieilli dans plusieurs de ses parties, reste encore un trésor où l’on trouve beaucoup de choses excellentes dont plusieurs ont été abandonnées à tort. Les éditions allemandes du dictionnaire de Gesenius ont été peu à peu profondément remaniées par les éditeurs successifs. La der- nière (16e) édition donnée par F. Buhl est de 1915: IV. Gesenius' hebr. und ar-G.ni. Handwôrterbuch (*). Ce dictionnaire est particulièrement utile pour l’abondante littérature citée, la partie étymologique, l’indi- cation des corrections de texte proposées. Sur ces points Y Oxford Lexicon de Brown, Driver et Briggs (A hebrew and ençlisk lexicon of the Old Testament , 1906) lui est inférieur. En revanche il est sou- vent plus complet et plus soigné. Les parties spécialement gramma- ticales, notamment les particules, traitées par Driver, sont excel- lentes. Il manque malheureusement un index anglais-hébreu. L’ordre des mots par racines, parfois discutable (cf. § 34 b) ou arbitraire, a de plus l’inconvénient d’être moins pratique que l'ordre purement al- phabétique du Gesenius-Buhl.
Le dictionnaire de Konig ( Hebr. und aram. Wôrterbuch, 1910), beaucoup moins étendu que les précédents, a l’avantage de renvoyer assidûment à la Grammaire de l’auteur.
Parmi les Concordances hébraïques, la plus récente et aussi la f plus complète est celle de S. Manoelkern ( Veteris Tesiamenti Con- cordantiae hebraicae atque chaldaicae, 1896). L’édition abrégée ( editio minor exemplis omissis ) contient uniquement les références.
(*) 17e édition (reproduction anastatique de la 16e), 1920.
PREMIÈRE PARTIE
ÉCRITURE ET PHONÉTIQUE
§ 5. Les consonnes : graphie et prononciation.
Les phonèmes se divisent en consonnes et en voyelles. Il faut a remarquer toutefois que cette division n’est pas adéquate ; certaines voyelles (en hébreu i, u) peuvent devenir consonantiques (i \ u 1) (*), et certaines consonnes peuvent devenir vocaliques (pas d’exemple en hébreu).
L’alphabet hébreu, comme la plupart des alphabets sémitiques, f> se compose uniquement de consonnes. Les caractères de nos Bibles imprimées ainsi que ceux de tous les manuscrits connus (*) ont une forme voisine du carré, d’où le'nom à' écriture carrée P3*1Q 3D3 . Cette
• i : t :
écriture, qui s’est formée du IVe au IIe siècle av. J.-C. environ, est un développement de l’écriture araméenne, adoptée peu à peu par les Juifs, en même temps que la langue araméenne (§ 3 b) après le retour de la captivité de Babylone. Cette nouvelle écriture remplaça l’écri- ture ancienne, dite écriture hébraïque ( 3TD ), celle, par exemple, de l’inscription de Siloé et de la stèle de Mësa' (§ 2 e) (3). L’écriture ancienne continua à être employée, mais notablement modifiée, par les Samaritains après leur séparation des Juifs (fin du IVe siècle av. J.-C.).
L’écriture rabbinique ou écriture de Rashi est une modification de l’écriture carrée. On l’emploie notamment dans les Bibles rabbi- niques pour les commentaires imprimés dans les marges.
Les lettres de l’alphabet hébreu sont au nombre de 22 (23 après c l’introduction du point diacritique du V')-
(*) Voir aussi §21 c (patah furtif).
(2) . Le plus ancien manuscrit daté est le codex des Prophètes de Pétro- irt’’ (916—7). Le papyrus Nash, trouvé en 1902, qui contient Ex 20, 2—17 (Décalogue) et Dt 6, 4, date probablement de l’an 100 ap. J.-C.
(3) Les lettres qui se ressemblent et par conséquent prêtent à confusion ne sont pas les mêmes dans l’écriture ancienne et dans l’écriture nouvelle.
Il faut tenir compte de ce fait pour comprendre certaines altérations du texte. Voir le tableau comparatif des alphabets, p. 10.
Consonnes
12
5 c
|
Valeur namé- rique |
NOM |
Tram- ' criptiu i |
PRONONCIATION |
DESCRIPTION PHONÉTIQUE |
|
|
i 1 |
N |
^ alef |
i 3 |
hamzé î de l’arabe {%]') |
gutturale sourde |
|
2 1 |
2 |
beth |
b : |
b français (§ o) |
labiale sonore explosive |
|
| •j |
n : |
b, bk |
v français (§ o) |
labiale sonore spirante |
|
|
3 i |
i |
ghimel |
g |
g dur français (§ o) |
palatale sonore explosive |
|
! |
â |
g. gh |
y grec moderne (§ o) |
palatale sonore spirante |
|
|
4 ! |
2 |
daleth |
d |
d français (§ o) |
dentale sonore explosive |
|
I |
î |
d, dh |
ô grec moderne (§ o) |
dentale sonore spirante |
|
|
5 |
n |
hé |
h |
k anglais, ail., s (§/) |
gutturale sourde |
|
6 |
T |
waw |
II, w |
w anglais (§ 7 d) |
consonne vocalique labiale |
|
7 |
î |
zayin |
Z |
z français, j |
sifflante sonore |
|
8 |
n |
keth ' |
b |
c (§ *) |
gutturale sourde |
|
9 |
13 |
(eth |
t |
t (S 0 |
dentale vélaire sourde explos. |
|
10 |
J |
yod |
h y |
y français (§ 7 d) |
consonne vocalique palatale |
|
20 |
2 |
kaf |
k |
k français (§ o) |
palatale sourde explosive |
|
2 |
k, kh |
% grec moderne (§ o) |
palatale sourde spirante |
||
|
30 |
lamed |
l |
l français |
linguale sonore |
|
|
40 |
a |
mem |
m |
m français |
labiale sonore (et nasale) |
|
50 |
3 |
nun |
n |
n français |
; nasale sonore |
|
60 |
D |
samekh |
s |
■ s français (§ m) |
sifflante sourde 1 |
|
70 |
V |
rayin |
e |
t (§ *) |
gutturale sonore |
|
80 |
S |
pê |
P |
1 p français (§ d) |
labiale sourde explosive |
|
D |
p, ph f français (§ o ) |
labiale sourde spirante |
|||
|
90 |
îf |
sadê |
S |
•jP (§ m) |
sifflante vélaire sourde |
|
100 |
P |
<l°f |
<7 |
3 (§ 9 |
vélaire sourde explosive |
|
200 |
1 |
resh |
r |
r italien, arabe (§ ri)' |
linguale sqjiore |
|
sin |
; è |
(?) (§ »») |
sifflante sourde |
||
|
300 1 . w |
sin |
i s |
ch franç., s/i angl. (§ m) |
sifflante sourde |
|
|
400 |
! n |
taw |
i |
t français (§ o) |
dentale, sourde explosive |
|
! n |
t, th |
0 grec moderne (§ o ) |
dentale sourde spirante |
jg Consonnes 5 d — h
Lettres finales. Cinq lettres ont une forme particulière quand d elles sont à la fin d’un mot. Ces cinq lettres sont renfermées dans le mot mnémonique kam'nappes « comme celui qui brise ».
Qpposez 3 et 1 ; O et D, 3 et J, D et PJ, 2 1 et J>. Dans la forme finale du mem le dernier trait est ramené en haut de façon à rejoindre le premier trait et à former ainsi une figure fermée. Pour les quatre autres lettres, au contraire, dans la forme finale le dernier trait, au lieu d’être infléchi vers la gauche, est prolongé vers le bas.
Lettres dilatables. L’hébreu s’écrit de droite à gauche. A la f fin d’une^ligne, on ne coupe pas un mot. Pour éviter les blancs on augmente, la largeur de certaines lettres, à savoir SS, n, *-?, D, I“V.
Valeur numérique. 1 — 9 = St — B ; 10 — 90 = »■ — 2£ ; 100 — 400 / — p — n ; 500 s’exprime par 400 -j- 100 = pfl ; semblablement pour 600 — 800; 900 s’exprime par 400 -)- 400-)- 100 = piHI. (Pour 500 — 900 on se sert aussi des lettres finales : 500 *], 60$ D, 700 800 900 p. Pour les milliers on se sert des lettres des unités
surmontées de deux points, p. ex jt = 1000. — Le nombre 15 devrait être ÎT. Comme ce groupe représente le nom divin miT abrégé, on exprime 15 par 9 -f- 6 = 1C2. De même 16 devrait être V. Comme ce groupe représente le nom divin dans les noms propres (p. ex. 3ttV ioàb «Jéhovah (est) père», on exprime 16 par 9 -)- 7 =. ÎB.
Abréviations (*). Comme signe d’abréviation on emploie un trait g oblique (ou deux), p. ex. 'D = p’iôriï « un tel », 'T31 = *10*132 . tâgômar « et ce qui complète = et caetera », ’"t£h Rashi ( Rabbi SHomç Yiçhaqî), “pn = D’1W3 OWX iTTIPI tçrà{h), rfbfïm, kHübïrn.
« Loi - Prophètes - Ecrits » (= la Bible hébraïque). On écrit p. ex. : verbes pS, à savoir verbes dont la première radicale (représentée par le B , première radicale du verbe ’Tÿ D) est un nun (*) ; cf. § 40 c.
Division des consonnes. Les consonnes peuvent se grouper h commodément de la façon suivante :
Labiales : 3 1 )S S (Mot mnémonique P|0^3 bümaf)
Dentales : T fl B (vélaire)
(l) Voir surtout le dictionnaire des abréviations de Hândler, dans Dalman, Aramâisch-neuhebrâisches Wôrlerbuch (1901).
(*) Prononcer u italien ( =sou français) la voyelle sémitique transcrite par u.
bh—k
Consonnes
14
Palatales : 2 D ’
Vélaires : 2 (dentale), JC (sifflante), p
Gutturales : X H fl P
Sifflantes : î D X (vélaire), î£t t?
Linguales : b *1
Nasales : 0,2
z Vélaires ou emphatiques. Les trois consonnes / 2, s JC, q p C) sont dites emphatiques par rapport aux trois consonnes correspondantes / n, -J D, k 3. Elles sont émises dans une région plus en arrière (voile du palais) et avec une tension plus énergique des o'ganes. Leurs valeurs, sans analogues dans nos langues, sont exactement celles des emphatiques correspondantes de l’arabe 1», i_ÿ», Pour 3C voir’§ m. j Gutturales. L 'alef K (quand il est prononcé) (*) est une guttu- rale sourde. Pour produire ce son il faut interrompre brusquement l’émission de la voyelle par l’occlusion instantanée de la glotte (*). C’est le son qu’on entend parfois dans le mot allemand ja prononcé avec sentiment (au lieu de ja). Exemple : DICK' iç — sam « il se rendra coupable ». On transcrit conventionnellement le K, prononcé ou non, par le signe ’ (esprit doux du grec).
Le hé H est la gutturale sourde qu’on a dans l’anglais et alle- mand hand. Ce son n’existe pas en français. k Le heth n est une gutturale sourde qui n’existe pas dans nos
langues. C’est exactement le son du r h. arabe, dans Muhammad.
Par comparaison avec le H, on peut dire que c’est un H émis avec un énergique resserrement du larynx. On l’a décrit assez exactement comme un sifflement guttural (Gismonlu).
Par la comparaison des langues on voit que le signe H corres- pond à deux sons sémitiques notablement différents, représentés en arabe par ^ h et £ h. Le h, est la vélaire spirante sourde qu’on entend dans la bouche des Suisses prononçant p. ex. l’allemand nath. Il est très
(*) Le p se transcrit soit par le caractère q qui en provient graphique- ment, soit par k (avec un point en bas comme les autres vélaires).
(*) Pratiquement, dans l’hébreu que nous connaissons, K n’est prononcé qu’après une voyelle brève, à savoir quand il ferme la syllabe ; cf. \ 24 b.
(3) La glotte est la fente qui sépare les cordes vocales
15
Consonnes
bk — l
probable qu’autrefois le fl a eu, selon les mots, tantôt la valeur de h, tantôt celle de f. Mais à l’époque des Naqdanim le n représentait uni- quement le son f. Si le signe n avait eu deux valeurs, les Naqda- nim, si attentifs à noter les moindres nuances, comme par exemple la double prononciation des begadkefat (§ o), n’auraient pas négligé de les indiquer. L’existence du son h à l’époque où existait le kaf rafé 5 k est très improbable, les deux sons étant trop voisins. Le k, en effet, est la palatale spirante sourde qu’on a p. ex. dans le grec moderne jçctptç ou dans l’allemand nach en prononciation correcte (par opposition a celle des Suisses). Le détail de la vocalisation suppose le son fr et exclut le son h ; ainsi le patah. furtif \ p. ex. dans rTÛB
“ T
fâfü’k (ci. « égorgé » ; ainsi encore le patah auxiliaire , p. ex.
dans le type Pin1?!# sàlafaf « tu (fém.) as envoyé » (§ 70 f ), car pour prononcer *sâlçfeie il n’y aurait pas plus besoin de voyelle auxiliaire que pour prononcer ’al test* « ne bois pas ». L’hébreu ré-
pugne absolument au redoublement du son k (5); il en serait de même pour le son analogue k. Or le n, tout en rejetant le redou- blement réel, comme toutes les gutturales, admet volontiers le redou- blement virtuel (ou redoublement faible) ; il le prend même parfois spontanément (§§ 20 a, c ) (*). Donc le n suppose le son h.
Le ' ayin P est une gutturale sonore qui n’existe pas dans nos 7 langues. C’est exactement le son du ^ ' arabe, dans CJS ' ajn « œil ». On a comparé ce son à « l’articulation gutturale du chameau que l’on charge de son bât » (Huart, Littérature arabe, p. 139) (2). Par la comparaison des langues on voit que le signe p correspond à deux sons sémitiques notablement différents, représentés en arabe par ^ ' et
• Cette dernière consonne est une vélaire spirante sonore ; c’est la spirante correspondant à un g vélaire (c ég étant lui -même la so- nore correspondant à la sourde q p). Il est très probable qu’autrefois le p a eu, selon les mots, tantôt la valeur de tantôt celle de fgb. Mais à l’époque des Naqdanim le P représentait uniquement le son '.
(*) Même dans des cas où. le n répond à un A primitif, p. ex. dans D’HK frères (ci. \ 'ah).
C i i
(2) L’onomatopée £ f\ u'u' imite le bruit du vomissement; cf. Wright— Goeje, Arabie Gramntar3 1, p. 295.
5 / — »
Consonnes
16
Si !e signe Jf avait eu deux valeurs, les Naqdanim, si attentifs à noter les moindres nuances, n’auraient pas négligé de leir indiquer. L’exis- tence du son f, g h à l’époque où existait le ghimel rafé j g est très improbable, les deux sons étant trop voisins. Le g, en effet, est la palatale spirante sonore qu’on a p. ex. dans le grec moderne y élu. Le détail de la vocalisation suppose le son ' et exclut le son £ gh : ainsi le patah. furtif , p. ex. dans sâmü"' « entendu » ; ainsi en-
core le patafi auxiliaire dans le type PVQV sâmf'af « tu (fém.) as entendu » (§ 70/). On transcrit conventionnellement le V par le signe ' (esprit rude du grec).
m Sifflantes. Le X f est une sifflante sourde vélaire, l’emphatique correspondant à D s (§ ni). On le prononce souvent; mais à tort, ts. Cette prononciation est à rejeter, car ; 1) le son ts n’est pas sémitique; 2) si X = ts — t — j- s, un mot pourrait commencer, en fait, par deux consonnes, ce qui répugne au sémitique ; 3) on évite précisément le groupe ts : ainsi *kitsaddeq devient par métathèse pTOXrï (§ 17*).
Le fer est actuellement prononcé f comme D (*), par tous les Juifs, et depuis une époque immémoriale (*). Le fef est la chuintante s qu’on a dans fr. chou, angl. s hoc, ail. Schuh. Entre j et s il y a un son intermédiaire (p. ex. J des Polonais, f des Espagnols, j final des Portugais). Il est possible qu’un son intermédiaire ait existé en hé- breu ; mais il est fort douteux que le signe fer veuille exprimer ce son. A l’époque de son introduction le signe fer exprimait probable- ment j. Ce serait une graphie étymologique employée dans le cas où un ancien s (ou un ancien f) était devenu s. Plusieurs mots bibliques se trouvent écrits tantôt avec D, tantôt avec fer, p. ex. on a presque toujours ïlD rétrograder, une fois Jlfer ; ordinairement DP3 irritation, 3 f. ferjTS (Cf. Gesenius, Thésaurus, sut D). Dans l’hébreu postbiblique le fer est souvent supplanté par D.
n Linguales. Le *1 est une linguale, comme Il consiste en une ou plusieurs vibrations de la langue, comme le j arabe, Yr italien,
(*) Ainsi il a agi prudemment et il agi follement (<j 54 d)
se prononcent de la même façon : hisktl.
f) Les Samaritains ont le signe unique V, auquel il donnent le son unique s.
t / Consonnes : begadkefat 5 m — p
espagnol (‘). Il faut absolument éviter de prononcer *1 comme la fricative gutturale du français moderne qu’on entend dans une grande partie de la France, surtout dans les villes. Le fait que le *1 est traité en partie comme les gutturales n’autorise pas à le regarder comme une gutturale (cf. § 23).
Les begadkefat. Les six consonnes renfermées dans le mot inné- o monique fiD3*n3 ont une double prononciation : explosive, spirante. Explosives, elles ont la valeur des consonnes correspondantes du fran- çais b, g (dur), d, k, p, l. Pour indiquer le son explosif on met dans l’intérieur de la lettre un point nommé dagesh (*). Spirantes, elles ont les sons spirants ou continus correspondants. Pour indiquer le son spirant, on met sur la lettre un trait horizontal nommé rafé (’) ; ainsi font les manuscrits. Mais dans les éditions de la Bible, l’absence de dagesh suffit à indiquer que la consonne est ra/ê. Le sons spirants sont les suivants :
5 É, bh, comme (3 grec moderne, à peu près v français.
Ü gh, comme y grec mod. dans y «Au (cf. § /).
•ÿ d, dh, comme 8 grec mod. {th doux anglais).
5 k, kh, comme i grec mod. dans ^dpiç (cf. § k).
B f>, ph, f, comme çp grec mod. = / français, fl- t, th, comme 0 grec mod. {th dur anglais).
La lecture correcte de l’hébreu exige la prononciation exacte de ces six spirantes.
Sur le dagesh cf. § 10. Sur les règles concernant la spiration p des begadkefat cf. § 19 ; contentons-nous ici de donner la loi générale: Tout élément vocalique, si minime soit-il (p. ex. un shewa prononcé), rend spirante la begadkefat qui suit.
(*) Cf. Mélanges de la Faculté orientale de Beyrouth, t. 5 *,(1911) p. 383-8. (*) dâges, participe araméen, « perçant », d’après Kahle, dans Bauer- Leander, 1, 119. La consonne explosive (ou instantanée; est aussi appelée par les anciens dagesh ou encore iltfp « dur ».
(3) ’F) r&PÇ(y)< participe araméen, « relâché ». La consonne spirante est aussi appelée par les anciens rafé ou encore ^ « mou ».
P. JoOon, Gramm. de l’hébreu bibl.
6 a — o
Voyelles: timbre
18
§ 6. Les voyelles: graphie et prononciation.
a Les voyelles se différencient essentiellement entre elles par le timbre. Deux voyelles ayant le même timbre peuvent différer par la quantité , à savoir par le temps employé à les prononcer. Le timbre (ou qualité ) et la quantité des voyelles doivent être rigoureusement dis- tingués. Nous examinerons d’abord le timbre des voyelles hébraïques.
S L’échelle naturelle des principaux timbres, en distinguant pour- chacun, une nuance fermée et une nuance ouverte, est la suivante:
mm ► mm
i i e ç ça p Ç ù û
Les voyelles i et u sont les plus fermées {i avec la fermeture en retrait, u (*) avec la fermeture en avant) et la voyelle a est la plus ouverte (*).
L’échelle vocalique du sémitique primitif, comme on l’admet gé- néralement, comportait seulement les trois voyelles i, a, u, les trois seules que note la vocalisation de l’arabe.
L’échelle des voyelles hébraïques, à l’époque où elles ont été notées par les Naqdanim de Tibériade, comportait sept timbrés, dé- signés par les signes suivants :
•> -4 «-w
i ç e p o o u
hireq seré segol pat ah çames holem (3) çibbus (*)
Dans cette échelle Vç est la voyelle centrale.
(*) La transcription u représente la voyelle a de l’italien (= ou français), non l’a français.
(2) Par nécessité typographique on emploie ici », ù pour la nuance fermée, i, à pour la nuance ouverte. — La différence entre les deux nuances de i et de a est beaucoup moins sensible que dans les autres voyelles a, e, o.
(3) Le liolem, seule voyelle au-dessus de la lettre, s’omet, par économie,
quand il devrait être tout proche du point diacritique du et du ’tt. Ainsi on écrit HB*D mose(h) « Moïse » (non ntPb ), Xferç n*so' « porter». — Un K quiescent prend à droite le holem de la consonne précédente : rf’‘s « tête », faten
ou rruten « péchés de » (mais cet usage n’est pas toujours observé).
(4) La voyelle a, quand elle est longue, s’écrit souvent 1 (shureç).
19
voyelles: timbre
b b — d
En répartissant ces sept timbres en trois classes, d’après les trois voyelles primitives du sémitique, on a le groupement phonétique suivant:
1* Classe a : g.
2' Classe i : i, e, ç.
3e Classe u : u, o, o.
Ces sept timbres nous sont connus par la tradition, les descrip- c tions anciennes, la comparaison des langues. Ils ont leurs correspon- dants exacts dans plusieurs langues, par ex. en italien qui a, comme l’hébreu un seul a (ouvert), mais deux e et deux o ; et en français mo- derne qui a poussé à l’extrême la distinction des voyelles ouvertes et des voyelles fermées.
La notation graphique de sept timbres est un indice de la finesse d’oreille des Naqdanim et de la perfection de leur système (*). On peut croire que ce système renferme toutes les voyelles existant vers le VIIe siècle, à Tibériade.
Ce système exprime seulement des timbres ; il ne tient pas compte de la quantité ni de l’origine des voyelles. Ainsi — (écrit souvent )) représente très souvent un â long primitif, p. ex. K*? non (du pri- mitif là). Ainsi — représente souvent un a bref primitif, p. ex. sàlçm ubti paix (de *salânî). Ainsi encore — représente assez souvent un a bref primitif, p. ex. ’çhàd) "IITK un (pour *’’ahad'), hç àrïm D*1ï?n les villes (pour *haarïm), iffkem DDT votre main (poyr *iadkçni).
La prononciation des deux voyelles extrêmes — i, — u n’offre d aucune difficulté.
La voyelle — ç est un e fermé, comme dans le fr. pré, blé, désir, l’ital. nero. Ce son est voisin de i, dont il est le premier degré d’al- tération (par ouverture). Ainsi le primitif * tinab devient ’piàè 23P
T ■*
raisin (*).
La voyelle — ç est un e ouvert, comme dans le fr. près, règle, terrain, miel, l’ital. miçle. Ce son est intermédiaire entre — et — ; pho-
(*) Le système de Tibériade imite problablement celui des Syriens orien- taux qui comprend aussi sept voyelles, tandis que celai des Syriens occiden- taux n’en comprend que cinq. Cf. Bergstrâsser, § 9 c,
(*) Comparer Ve italien provenant de i latin, p. ex. dans vergine , ven- dico, seno, capello (capillus ; opposer cappello dérivé de cappaj.
èd
Voyelles: timbre
20
nétiquement il appartient à la classe i. Au point de vue de la pro- nonciation, il n’y a aucune différence entre le — provenant de a, p. ex. dans 'àhàd — 'ffràd et le — provenant de i ou e, p. ex. dans bçn J3 fils (de J3, >3 ). Quand il provient d’un a, le — peut se trans- crire étymologiquement à.
La voyelle — ç. est un a ouvert, voisin de la voyelle — ç, avec laquelle il alterne fréquemment (‘).
La voyelle — o est un o ouvert, comme dans le fr. sort, pomme, bonne, l’ital. buçna, l’angl. dçll « poupéé » (comp. p. ex. ail « tous » avec un son à assez voisin). La voyelle — provient soit d’un u bref primitif, soit d’un a -bref primitif. Quand elle provient d’un a on peut l’écrire (conventionnellement) — avec meteg (§ 14), et la transcrire (éty- mologiquement) par à. Mais phonétiquement, au point de vue du timbre, â se confond avec o dans la tradition de Tibériade (*). (Pour le détail, cf. §/).
(*) Dans la prononciation babylonienne le a est devenu à (= e) ; cf. Bauer l,p. 100. Nous verrons ( g i) que dans la prononciation de Tibériade, l’altéra- tion a porté au contraire sur l’a fermé, qui est devenu â (— o). La symétrie des deux phénomènes est remarquable.
(*) Si l’on veut s’en tenir à la tradition de Tibériade il faut prononcer tous les — avec le même timbre o (mais avec une quantité variable suivant les cas). Beaucoup de Juifs prononcent le — , provenant d’un a primitif, comme un a (et pratiquement comme le — a). L'origine de cette prononciation ne peut guère être une préoccupation étymologique ou un souci pédagogique. C’est un élément d’une prononciation non tibérienne, probablement babylo- nienne, dans la prononciation de Tibériade. La distinction de — en deux timbres o et a, contraire au système de Tibériade, est déclarée fausse par plusieurs grammairiens récents. Déjà Ibn Ezra (f 1167) reconnaissait que la prononciation du — comme a est vicieuse. (Cf. Bâcher : Abr. Ibn Ezra als Grammatiker, 1892). Voir sur cette question J. Derenbourg dans Journat asiatique, 6e série, 13. (1869) p. 513 sq. ; Bergstrâsser, f 10 a ; Bauer, 1 , p. 100. Peut-on espérer que la prononciation scientifique finira par l’emporter, du moins, chez les chrétiens, sur la prononciation fautive devenue comme traditionnelle ? C’est douteux, en particulier parce que la double prononciation du — a l'avan- tage pédagogique d’obliger le débutant à reconnaître immédiatement si le — vient d’un u ou d’un a. — Dans cette grammaire nous transcrivons — pho- nétiquement par o , étymologiquement par o ou â selon les cas. En dehors des transcriptions nous écrivons simplement a pour â, selon l’usage reçu, p. ex. dans les termes de grammaire qames, hatef, au lieu de qâmes, hâtep.
21
Voyelles: quantité
6 d—f
La voyelle o est un o fermé, comme dans le fr. dos, rose,
l’ital. croce. Ce son est voisin de u , dont il est le premier degré d’al- tération (par ouverture). Ainsi le primitif *kul devient kotb 3 « tout» (*).
On voit que dans le système vocalique de Tibériade les voyelles extrêmes fermées i, u sont symétriques, et de même les voyelles fermées ç o, et les voyelles ouvertes e o.
De la quantité des voyelles. La quantité d’une voyelle est e le temps employé à la prononcer. En dehors de la pause (§ 32) où toutes les voyelles reçoivent un allongement secondaire, il faut distin- guer en hébreu quatre degrés quantitatifs (”). Une voyelle peut être longue, moyenne (ou semi-longue), brève, très brève, avec des durées respectives qui pourraient être exprimées par deux temps, un temps et quart, un temps, un quart de temps (®). — Les voyelles longues sont souvent écrites en ajoutant » ou T ( mater lectionis ) ; ainsi ï est sou- vent écrit » — ,5 souvent écrit *1, ü souvent écrit t| ; Cf. § le. Les voyelles moyennes et brèves sont généralement écrites sans mater lectionis (4).
Les voyelles très brèves sont surtout les trois hatef : hatef patafy — (?), hatef segol — (?), hatef qames — (?) (§ 9). Dans l’indication de la quantité, on peut, pour simplifier, se contenter d’indiquer les longues, p. ex. ô, et les très brèves, p. ex. ?.
Les voyelles, relativement à la quantité, peuvent se répartir dans / les 3 classes phonétiques, comme il suit :
Classe i
Longues ’ — Moyennes — Brèves —
Très brèves —
Classe a \ , Classe u
(de à), — (de â, rar‘) — , — (de a )
— —, — (de w)
(*) Comparer l'o italien provenant de u latin, p. ex. dans molti, moglie, sopra, volto de vultus; opposer volto de volgere ), colto (de cultus ; opposer colto de cogliere).
(*) Darmesteter, dans son Dictionnaire général, distingue trois quan- tités dans les voyelles du français moderne : longue, moyenne, brève.
(3) On pourrait exprimer symboliquement les quatre degrés quantitatifs de l’hébreu par les symboles — — ** o .
(4) Ici nous employons la mater lectionis pour indiquer la longue et nous l’omettons pour indiquer la moyenne ou la brève.
*>f—g
Voyelles quantité
22
On voit, par ce tableau, que dans la classe a l’hébreu n’a plus de voyelle longue ni de voyelle moyenne : elles ont passé, par alté- ration symétrique, dans la classe u. L’â primitif long est devenu ordi- nairement 5 ), rarement ô (â) ; de même Va primitif bref est devenu
(en certaines positions) ç [a) — (cf. § i).
On voit aussi qu’une même voyelle peut avoir plusieurs quantités.
Ainsi i, u : long, bref.
ç, e : bref, très bref. o : long (rar‘), moyen, bref, très bref. o : long, moyen. e : moyen.
La quantité indiquée dans le tableau est la quantité normale. Le ton (ou accent) augmente légèrement la durée, et la pause l’augmente notablement. (Nous négligeons ici les cas moins ordinaires).
La différence de durée entre les longues et les moyennes est considérable. Au contraire la différence de durée entre les moyennes et les brèves est légère (*). La raison est que les longues hébraïques proviennent de longues primitives, tandis que les moyennes et les brèves proviennent de brèves primitives ; ainsi ï primitif devient ’ — -, i bref primitif devient normalement — , — , — selon la nature de la syllabe (*), p. ex. ’*1BD sipri, de siprï «mon livre», 33P *çnâb, de *inab « raisin », ’p^n hçlqï, de hilqï « ma' part ».
Le voyelles (moyennes) — à, — e, — o sont normalement plus longues que les voyelles (brèves) correspondantes — ç, — ç, — ç. Cela ressort notamment du fait que les moyennes deviennent brèves dans des formes qui, de leur nature, demandent une vocalisation plus légère. Ainsi D^ÎP *çlàm « siècle » devient ûVlP 'ôlqm à l’état construit (§ 92) où la forme doit être plus légère à cause de la diminution ou de la perte du ton. De même DIP « nom » (état absolu et construit), « tout » (état absolu et construit), deviennent en liaison étroite (indiquée par le maqqef § 13 c) "OÎP , "*73 .
(*) Il est donc peu utile de la noter graphiquement. Dans la plupart des cas la nature de la syllabe indique clairement si la voyelle est brève ou moyenne ; cf. \ 28.
ï*) Sur la syllabe voir $ 27, 28.
23
Voyelles: quantité
6 g — i
D’autre part, les voyelles (moyennes) — , — , — n’ont 'nullement la durée des longues. Autrement il faudrait admettre qu’un très grand nombre de brèves primitives seraient devenues des longues en hébreu, et seulement en hébreu. Ainsi, tandis qu’on a des voyelles brèves dans arabe ^ i daqan « barbe », syr. ç»? d'qan, akkad. ziqnu. , on aurait deux longues dans héb. |p? zàqàn. Il est invraisemblable également qu’une voyelle qui est brève, par exemple, en syllabe fermée devienne une vraie longue par le seul fait que la syllabe devient ouverte. Si l’on essaie de donner aux trois voyelles moyennes la durée des longues on obtient une prononciation d’une lenteur invraisemblable et abso- lument impossible eh pratique. Le fait que les voyelles moyennes n’ont pas sur une voyelle précédente primitive i, u l’effet qu’ont les vo- yelles longues montre qu’elles ne sont pas longues. Ainsi une voyelle longue fait tomber un i primitif : *sirâr > “ITHC « sac » ; au contraire *einab > 23P « raisin ». De même *ruhàb > lim « place » (Brockel- mann, Grundrùsl.p. 351), mais *suLar > “IPÉ? « horrible » (cf. § 30 d).
Remarques. 1. La distinction de cinq voyelles longues à, ê, ï, ô, ü, h et de cinq voyelles brèves a, e, i, o, u, introduite par Joseph Qimhi (XII* siècle) et généralement reçue jusqu’à nos jours, est une défor- mation violente du système vocalique de Tibériade. Elle a peut-être été suggérée par le dialecte roman parlé par J. Qimhi, ou par le latin, ou encore par l’arabe (qui distingue trois longues à, ï, ü et trois brèves a, i, u).
2. Les questions relatives au timbre et à la quantité des voyelles de Tibériade n’ont guère été étudiées que depuis la fin du XIX* siècle. Voir en particulier H. Grimme, Akzent und Vokallehre (1896), pp. 32 sqq.
Du timbre et de la quantité des voyelles hébraïques par i rapport aux voyelles primitives.
On admet que le sémitique primitif avait trois voyelles longues à, t, ü et trois voyelles brèves a, i, u. En considérant le sort de ces voyelles en hébreu, il semble que les voyelles longues avaient un son fermé par rapport aux voyelles brèves correspondantes.
Le tableau suivant montre les principaux changements ordinaires des voyelles sémitiques en voyelles hébraïques dans les diverses espèces de syllabes (ouverte, fermée ; tonique, atone) :
6 * — J
Voyelles primitives et voyelles hébraïques
24
Classe j
Classe a Classe u
Vij. primitives! •
V»y. hébraïques! 1
u sytlitx
ouv.
fer.at. ouv. term.
fermée
i» * 1 t
ouv ler.at. ouv. ouv. fer.at.
fermée fermée
toniq. toniq
fermée fer. fer.
toniq ton. ton.
H
ü
ouv.
fer.
ton.
Il ressort de ce tableau que les longues primitives restent lon- gues en hébreu ; quant aux brèves primitives, ou elles restent brèves (en syllabe fermée), ou elles deviennent moyennes (en syll. fermée tonique [souvent] et en syll. ouverte). Les voyelles moyennes hébraï- ques sont donc des voyelles brèves primitives devenues en hébreu un peu plus longues que les brèves soit primitives, soit hébraïques.
Quant au timbre, les voyelles longues primitives ï, ü sont con- servées en hébreu, p. ex. *iadin > |’T « il jugera », *iaqüm > D^p’ <*■ il se lèvera ». Mais à est devenu généralement 5, p. ex. *salâm > □‘iPïf « paix », *qàfil > Pûp •« tuant », rarement â, p. ex, *kitàb > 3H3 « un écrit » (mot aramaïsant). Les voyelles brèves primitives a, i, u se maintiennent souvent (*) en syllabe fermée atone, p. ex. type ’3p0, type ’IDD, ordinairement en syllabe aigue atone, p. ex. D’S’ « mers », fVlSK « mères », ’pn « mon droit ». Mais en syllabe fermée tonique (souvent) et en syllabe ouverte, leur timbre (comme leur quantité) est altéré ; elles deviennent les moyennes à (= o), e, o. Exemples en syll. fermée tonique : D’ « mer », DU « mère », ph « droit » ; en syllabe ouverte : 33P, il il 33 « haute » de *gabuha(h).
T T ** T :
On remarquera que l’altération de à en 5 et celle de a en o (d) sont parallèles : chacune des deux voyelles primitives .devient plus fermée de deux degrés. Au contraire les deux voyelles symétriques primitives i, u en devenant <?, o s’ouvrent d’un degré, en devenant e, o s’ouvrent de deux degrés.
De la voyelle — en particulier. Cette voyelle présentant des difficultés spéciales, à cause de sa double origine, demande quelques explications complémentaires (cf. d). Le signe — est une déformation
*) Mais u beaucoup moins souvent que a, i ; ainsi dans le type no- minal *qutl on a ordinairement , p- ex. ; dans le type verbal luqlal on a
plutôt que Sfip' .
25
voyelles primitives ci voyeiies ueuraiijucs
"7 —
du signe primitif — composé du trait du patah et du point du liolem. Ce symbole exprime assez heureusement le son p, intermédiaire entre
a et o (’)•
Quant à son origine, la voyelle — provient tantôt d’une voyelle primitive u, et alors elle est brève, tantôt d’une voyelle primitive a, et alors elle est moyenne (*). Dans ce dernier cas on peut l’écrire conventionnellement — pour indiquer qu’elle est moyenne, et la trans- crire à pour indiquer qu’elle provient d’un a primitif. I.e signe — expri- me un timbre unique o, malgré sa double origine, -exactement comme le signe — , malgré sa double origine, exprime le timbre unique ç. Il est invraisembable que le système graphique de Tibériade, qui pousse la précision jusqu’à distinguer deux nuances de la voyelle e et deux nuances de la voyelle o, ait exprimé par un signe unique deux voyelles telles que o et a. Il semble téméraire d’accuser les Naqdanim d’erreur sur un point aussi important. — Plusieurs phé- nomènes phonétiques de détail montrent que le à sonnait réelle- ment p dans la bouche des Naqdanim. Ainsi, dans le cas du dagesh euphonique (§ 18 t), p. ex. tÔTO1? fkânnâ, le premier à en cette po- sition (syllabe aiguë atone) a dû avoir la nuance ouverte o. Une nuance fermée, telle que a, est aussi peu naturelle en cette position que les voy- elles fermées e, o. Si l’on dit K3TD*? , comme on dit *l3"ri33 , et comme on dit nr.lû , c’est que le — est une Voyelle de nuance ouverte (p) comme — ç et — p (cf. § 18 t). Voir encore la loi d’harmonisation du type inK (§ 29 /). D’autres indices révélateurs seront signalés dans la Phonétique et dans la Morphologie (§§6/1; / éN; 9c2; 82c;
88Bg;Cf). .
L’altération de a primitif en p a un parallèle en araméen occi- dental, et donc dans la même région que l’hébreu. En araméen oc- cidental â primitif est devenu, ç (écrit en arameçn biblique, — [ori- ginairement 8 ptxpov] en syriaque occidental) ,(â). L altération de a
(*) Comparer les trois voyelles — — “ 9e la classe i avec un, deux, trois points.
(?) Ainsi -*?3 « totalité de » de ~'kul, bs t rac. *7^3) — kol ; mais ^3 « il a mesuré» (1s 40, 12 +) = kâl (rac. *7’3 ou b' 3).
. (3) Ainsi le primitif *lâ « non » devient la (~ lô ) : aram. bibl. K*7 , syr.
Ü (au contraire en héb. lô i <h).
en o (soit o soit o) est un phénomène qui se retrouve dans beaucoup de langues et de dialectes (Comp. p. ex. anglais what = uhot, avec un o comme dans nof).
Le passage de a primitif à héb. o a dû se faire probablement par un son intermédiaire a (*).
Le — provenant de a est prononcé o par les Juifs du Yémen, de la Perse, du Daghestan. Les Juifs allemands le prononcent fautive- ment o (qui est le son du — )• Les Juifs des autres pays le pronon- cent a. Cf. Idelsohn, Die geqenwdrtige Aussprache des Hebrâischen bei Juden... dans Monatschrift fur Gesck. und Wissensch. des fuden- tums, 1913 (75 Jahrgang), pp 527 — 545; 697 — 721).
/ Remarques pratiques sur les deux — . Le — provenant de u est normalement bref ; on l’appelle PpOH pOp qames abrégé • (littér* : {enlevé). Le — provenant de a est ordinairement moyen, rarement long ; on l’appelle Dm pûp qames large.
Le — tonique est moyen, et donc provient de a, p. ex. D2JJ ' çnâb ’, m 7iqiiaqem. Le — atone en syllabe ouverte est moyen, donc â, p. ex. TOSp qa-flu ; en syll. fermée il est bref, donc o , p. ex. ’ok-la(h)
■ ’l» < < ’ T : *
« nourriture », Dp’) uqiiâ'qom, ’33rt bonne' ni « aie pitié de moi ».
Donc o ne se trouve normalement qu’en syllabe fermée atone ; à se trouve dans les autres espèces de syllabes, à savoir en syllabe fermée tonique et en syllabe ouverte (tonique et atone).
“ Les exceptions sont peu nombreuses. Voici les principales :
1) Auprès de la forme D’EHp (s) q'-dâsim. on a O’CHp qo-dàsïm, avec o en syllabe ouverte ; mais en réalité, ici, en syllabe ouverte, 1 ’o a dû devenir moyen (cf. § 28 e). Ce'tte graphie insolite suppose que le — a le son unique o. De même on a o’fchtf (3) so-râsïm, pour
T ’ *
O’ïhtP ; cf. § 96 A g (4).
(*) L ' o provenant de a , a pu originairement être vélaire. L’o vélaire est la voyelle homogène de la vélaire j5, celle qu’on perçoit quand on veut pro- noncer J5 sans voyelle déterminée.
(2) Pluriel de godes t sainteté ». •
(3) Pluriel de Bhfe* sor'es * racine ».
(4) Le mot « aiguillon» est lu do-r^bôn. Cependant Bauer et Lean-
der, 1, p. 500, supposent dà. Malheureusement l’étymologie est obscure. C’est un des très rares cas où l’origine du qames nous échappe.
vuycncs. ics ucua
maiiLj iv-v, iivui.i
Z /
2) Le pluriel de fl’3 bâtit « maison » est O’ÀS bât-tïm{% 98/' avec à en syll. fermée atone. Le meteg invite à garder à la voyelle sa quantité de voyelle moyenne (S 14 b).
3) La forme pausale de sâkol'ti « je suis privé d’enfants »
est sakôl'tï avec un o (pour ç) allongé secondairement et plus
• : AT T *
long que Yo (voir d’autres exemples § 32 c').
Cas pratique où la quantité du — est indiquée indirectement m par la graphie. La 3e personne fém. du parfait est qâ-f’lâ(h)
« elle a tué » du primitif *qa(nlat. Le meteg du qames indique ici la division syllabique qâ. Au contraire le type (*) sans meteg est
qot-là(h) « tue », à savoir l’impératif *7Î3p avec H y paragogique, § 48 d.
(la voyelle o a passé sous le p et s'est abrégée en o), p. ex. i"63N « mange ».
Le — précédant le hatef qames ( — ) est un o (malgré le meteg'), n sauf dans le cas où — représente la voyelle a de l’article ( H ), p. ex. iSw» t>o'Vï « mon œuvre », de bvh, ’Oÿî AW'tmi (nom de femme) de
•X!|T r ’ - ■ lT
DP2 « suavité ». Mais une forme telle que ÎT3K3 est équivoque : elle représente soit bo“niiid( h ) « dans (un) navire », sans 1 article, soit bà-'"niiiâ(h) « dans le navire », avec l’article .(§ 35 e).
§ 7. Des consonnes (matres lectionis)
indiquant le timbre ou la quantité des voyelles.
Quelques consonnes indiquent, bien qu’imparfaitement, certaines a voyellés. Ces consonnes sont 1, H et plus rarement X. Elles sont appelées matres lectionis niflpn D12N I elles sont appelées aussi quies- ’ cenles c’est-à-dire non prononcées (par opposition à mobiles c.-à-d. prononcées).
Les matres lectionis en tant qu'indiquant des timbres. Les b raisons pour lesquelles telle voyelle est indiquée par telle consonne sont d’ordre phonétique, d'ordre étymologique ou d ordre pratique, selon les cas.
Les voyelles u, i (en général comme longues) sont indiquées na-
(‘) Nous négligeons ici, pour la simplicité, la question du shewa moyen (cf. I 48 d).
Matres lectionis
7 b
2&
turellement par les consonnes vocaliques correspondantes 1 , p. ex.
Dp = Dp, |*r = pi .
Les voyelles o, ç, e (en général comme longues) - sont indiquées également par 1 , ’ ; d'abord dans le cas de contraction (au > 5 ; ai > ë, ê, p. ex. DV = D*!’ (de iautn), fl’3 = D’3 (état construit de D’3), puis dans d’autres cas.
La voyelle finale o est parfois indiquée par. fl. Cette graphie est née dans des cas où o provient de ahu ; ainsi fpD = ip>3 (aussi fré- quent que V?3 ; cf. § 94 K).
La voyelle finale â est indiquée par fl. Cette graphie a dû naître à l’état absolu des noms en at, dont la forme pausale ancienne était probablement ah (avec h prononcé, comme en arabe), p. ex. —
ns1?» (*).
La voyelle finale e ( e , ç) est indiquée par H. Cette graphie a.
pu être suggérée par les formes du futur avec suffixe de la 3* p., telles,
que ¥TO\ r6i\ et les formes nominales telles que ^TTfr, frite. Exem- pies np ; nip, m» .
En résumé 1 peut indiquer les voyelles 1, *1 (*) ;
’ peut indiquer les voyelles i — , » — , » — ;
H final peut indiquer les voyelles — , — , — ; assez
rarement -L- .
L’X peut être quiescent avec toutes les voyelles; mais en réalité il est ordinairement étymologique, p. ex. teît“l « tête » (cf. arabe rà’s avec alef prononcé). Dans certains cas l’N ne semble pas étymo- logique, p. ex. dans rf? (= arabe ^1 lâ). Cet N provient peut-être d’une époque où la voyelle longue primitive â était encore conservée (c’est ainsi que l’alef indique l’â long en arabe). De même probablement dans ntf? « celle-ci » (§ 36 a), "ità « outre »,
i1 i La voyelle finale à est parfois sans n. Ainsi on a 5 fois le ketïb FK pour HFIX toi. On a souvent J pour ni, finale pl. fém. du futur, p. ex.
($44 d). Au parfait la fihale 2° p. sg. m. est régulièrement B, p. ex. FlSajî (cepen- dant dans le verbe |PJ donner on écrit plutôt iipnj § 42 f).
(2) Dans quelques cas très rares le i semble être mater lectionis du son o : ntriîrx Is 18, 4 ; 1 Ch 18, 10. Dans la Mishna et dans le Talmud
ti ht; ï v t : •
on a parfois le 1 pour indiquer — (soit o, soit â , ce qui suppose le son uni- que o). Cf. S. Krauss, Zeitschr. der deutschen morg. Gesellschaft, 67, p. 738, 1. 30.
29
Matres lectionis
7 6 — d
On trouve, rarement, K non étymologique dans des formes avec la voyelle — , p. ex. DNj5 (Os 10, 14 pour Dp , § 80 k), K'jÈ « som- meil » (Ps 127,2, graphie araméenne pour rplP ).
La particule K2 (§ 105 c) s’écrit avec K, peut-être pour mieux distinguer de la finale H3 du pluriel fém. au futur et à l’impératif.
Les matres lectionis en tant qu’indiquant la quantité des c voyelles. De même que les matres lectionis indiquent, imparfaitement, certains timbres, elles indiquent aussi, imparfaitement, la quantité. L’écriture hébraïque n’est pas arrivée à indiquer toutes les longues et seulement les longues par une lettre quiescente, comme le fait l’écri- ture arabe. Très souvent de vraies longues n’ont pas de mater lectio- nis ( scriptio defectiva), et inversement, quelquefois des voyelles moy- ennes ou brèves ont une mater lectionis (la scriptio plena est alors indue). On emploie 3 pour indiquer les voyelles longues 1, ï ; on emploie > pour indiquer les voyelles longues ’ — , ’ — , . L’absence
d’une mater lectionis pour la voyelle à s’explique probablement par le fait que à est rarement long (p. ex. dans 2rO de *kilâb § 96 D d), car Y à primitif est ordinairement devenu 5 en hébreu.
Certaines formes fréquentes sont souvent écrites defective ; ainsi on écrit généralement '&TÛ sà/ôs « trois », malgré la longueur certaine du ç ; de même le participe actif qal, p. ex. qôfel de *qâ(il). Sou- vent, par tendance à l’économie, on omet la mater lectionis quand, dans le même mot, on a T ou V Ainsi on écrit presque toujours D’iü « peuples » pour D”)2, flfaCO rnisuôt « commandements » pour flYniO.
On écrit toujours tffrN ,’lô'!h « Dieu », mais toujours D’il*?# ’Uôhîm (pluriel). On trouve toujours "fortO « manque » écrit plene, sauf dans deux cas où il y a un 1 dans la forme : “nblTO Dt 15, 8, ïpbnp5) Pr 6, 11.
Par contre, certaines voyelles moyennes ont quelquefois la mater lectionis ; ainsi le futur du type où Yo est moyen (provenant d’un ii) est assez souvent écrit avec ) (cf. Bauer 1, p. 302) ; de même, mais rarement, la forme ^bp (impératif et infinitif construit).
La scriptio plena tend à devenir plus fréquente dans les livres postérieurs. Elle est très développée dans les écrits postbibliques et supplée ainsi à l’absence des signes vocaliques.
Remarque. Quand le T et le ’ ne sont pas employés comme d mater lectionis, ils se prononcent. C’est le cas dans les groupes sui-
1 d — 8 b
Matres lectionis — Shewa
30
vants où la voyelle qui précède est hétérogène : T — , i — , i — , T — ; ’ — , i — , t), '!|. Dans ces groupes le T et le ’ ont probable- ment (*) une valeur consonantique, p. ex. = çi, (non ai), 1 — = an (non àu), — Dans le groupe V— (suffixe 3e p. sg. m. du nom pl.) le ’ est quiescent, p. ex. VWD « les chevaux de lui » se prononce süsau.
§ 8. Du shewa.
a Le signe — shewa (■*) est un signe équivoque (3): il représente en
effet deux choses notablement différentes. Tantôt il indique une voy- elle incolore extrêmement brève, tantôt au contraire il indique l’absence absolue de voyelle (comme le sukün arabe)(4). A l’origine le - re- présentait une voyelle e très légère, une sorte de demi-voyelle, qu'on peut comparér à Ve muet prononcé du français dans p. ex. regard, le roi. Puis l’usage du signe — a été étendu au cas où la consonne (prononcée) n’a pas de voyelle.
Le shewa non prononcé se nomme quiescent. On le met sous toute consonne prononcée, sauf sous les consonnes finales. Toutefois on l’écrit dans le final, où il est pratiquement signe diacritique, permettant de distinguer plus facilement "[ final de f final. Exemple : Kltÿ sàu (*) : le shewa (quiescent) est mis sous le 1 (qui est prononcé), non sous l’N (qui n’est pas prononcé). Dans VDID süsâ(i)u (§ 7 d ) le ’ n'étant pas prononcé, et le ”| prononcé étant final, n’ont pas dé shewa. Le shewa quiescent, n’étant phonétiquement rien, ne s’indique pas dans les transcriptions.
Le shewa prononcé se nomme mobile ; il se subdivise en normal et anormal. Pour la commodité, nous appellerons shewa mobile le shewa prononcé normal ; et shewa moyen le shewa prononcé anormal. b Le shewa quiescent (c.-à-d. non prononcé) est celui qui se trouve
sous une consonne qui ferme (parfaitement) une syllabe, p. ex. dans
(•) En faveur de cette vue, voir 19 d.
(*) «ISÇt , sruà, d’après hébreu ! iblique H11P «néant, rien ». Le shewa indique ou un rien au sens propre, ou un rien au sens figuré, à savoir presque rien.
(®) Le dagesh est aussi un signe équivoque (g 10 a).
(4) En réunissant ces deux emplois, on peut dire que le shewa indique l’absence de tout élément vocalique coloré (voyelle pleine ou hatef).
31
Shewa
8 b — d
Fl^Bp qafç'l-iâ ; ffaîB mis-uôt « commandements » , *H£?K3 bp'-sç « sa puanteur ».
Le shewa mobile (c.-à-d. shewa prononcé normal) forme avec sa c consonne une petite syllabe (demi-syllabe) ouverte, p. ex. dans fl^BB qâ-f-là(h). Ce shewa est la réduction d’une voyelle pleine (ici d’un a : *qa(alat). On a le shewa mobile : 1) sous une consonne initiale :
cftçl ; 2) sous une consonne qui suit une syllabe ouverte : rï^ïîp qà-f-lâ(h) (remarquer le meteg) ; 3) sous une consonne qui suit une syllabe fermée : iiq-f-lü (d’où la règle empirique : de deux shewa
consécutifs le premier est quiescent, le second mobile) ; 4) par consé- quent sous une consonne longue (redoublée) : qif-f-lü (*).
L e^shewa moyen (c.-à-d. shewa prononcé anormal) est ainsi àp- d pelé parce qu’il est comme intermédiaire (shewa medium) entre le shewa quiescent et le shewa mobile.
Le shewa moyen est prononcé. Nous le savons par la tradition. Nous pouvons le conclure du fait que le shewa moyen, comme le shewa mobile, représente généralement une voyelle pleine primitive. Nous pouvons le conclure encore du fait que le shewa moyen, comme le shewa mobile, rend spirante la consonne begadkefat qui suit, p. ex. dans le type « rois de » ; quand, par exception, la spiration n’a
pas lieu, p. ex. dans le mot ’BD3 kas-pê « pièces d’argent de », c’est que le shewa est devenu quiescent (cf. § 19).
Le shewa moyen est un shewa mobile anormal. En effet, tandis que le shewa mobile se trouve après des syllabes normales (syllabe ouverte, syllabe fermée), le shewa moyen se trouve après une syllabe anormale (ni vraiment ouverte, ni vraiment fermée ; cf. § 27 c).
(*) Le shewa qu’on trouve parfois écrit sous une consonne finale (cf. $ a) ne peut être qu’un shewa mobile. On l’a p. ex. dans le type de la 2e p. f. sg.
qàtalte (où le shewa représente une ancienne voyelle brève /) ; ptr*1 ttajjasq " * et il abreuva » (fut. apoc. hifil de uaijislr « et il emmena captif »
(fut. apoc. qal de îtM ) ; FiVFrhx « ne bois pas » (fut. apoc. qaT de HPBf ) ; PK ’att' « toi » fém. (pour *atti). Il en est de même dans le type prffç’ Ulq'hqt' « tu (f.) as envoyé » avec un patah auxiliaire très bref sous la 3 gutturale au lieu du shewa quiescent (cf. \ 70/). — A fortiori le — qu'on trouve quel- quefois après une syllabe ouverte doit être prononcé, p. ex. 2e p. f. à côté de la forme normale P’Sa ; PK3 à côté de la forme normale T83 .
■t : i ,
Sd- f
Shewa moyen
32
Le shewa moyen est intermédiaire entre le shewa mobile et le shewa quiescent. Comme le shewa mobile, il est prononcé ; comme le shewa quiescent, il vient après une voyelle brève, p. ex. après — dans (comme dans « mon roi », avec shewa quiescent).
Explication de l’exemple = mafkë. Ce mot a deux syllabes, mais la division syllabique est impossible (cf. § 27 à). Le 3 étant spi- rant, le shewa doit être prononcé ; d’autre part ce n’est pas un shewa mobile normal, car il ne vient pas après une syllabe ouverte. On ne peut couper mq.-Fkë, car — ne peut se trouver en syllabe ouverte, ni mql-'kê, car un shewa ne petit commencer une syllabe. Phonétiquement la petite voyelle • se rattaché étroitement à la consonne précédente : le groupe mqf forme une unité phonétique étroite.
■e Remarques. 1) Le shewa moyen n’est nullement une invention des grammairiens. C’est un phénomène bien réel, constituant un trait caractéristique de l’hébreu. On a donc grand tort de le rejeter, comme a fait Kautzsch dans la 28* éd. de sa grammaire, sous l’influence du métricien Sievers.
2) L’existence du shewa moyen apparaît clairement dans le cas des begadkefat (§ 19) (l). Dans les autres cas on peut conclure à son existence par analogie. Ainsi les mots du type comme *ÜT3 ont probablement le shewa moyen ; mais il a pu facilement disparaître, comme de fait il a disparu, dans ’BD3 .
3) Généralement le shewa moyen représente une ancienne voy- elle pleine, comme le shewa mobile. Quelquefois cependant il est ad- ventice, p. ex. dans H13 (car le type normal est '3*70, ’3*lj5).
f Cas pratiques où l’on a le shewa moyen :
Nom : 1) Dans les noms segolés, au pluriel construit (et aux formes qui le contiennent), (cf. 7) ; cf. § 96 A b.
2) Dans les noms avec deux voyelles brèves primitives, p. ex. type *121T « parole », pl. est. *“131 diifrë ; X* « queue », pl. est. DiQ3î (ici — pour le normal — ) ; cf. § 96 B b.
3) Dans les noms avec deux voyelles brèves primitives et la Anale fém. ft — , p. ex. Hplï «justice» (de *sadaqat ); est. DpTÎC sid’qqt ; pl. est. rrtpT? ! 1*0*13 « générosité » , est. H3Î3 ; cf. § 97. B b.
(l) Cf. NOldekk, Zeitschrift für Assyriologie , 18, p. 71.
33
Shewa moyen
8/)
' c
4) Dans le type ifJT 3H « vers la maison » (JT3 + finale atph^4^^^\ mais à la pause le shewa est probablement mobile iUTSTI hab-ba -ie-^àkk) ;
cf. §93,. T>A" A 9**
Verbe: 5) A l’impératif, p. ex. ’Î23 § 48c, d; avec su^ p. ex. DÎri3, cf. §64 a.
6) A l’infinitif avec suffixes (généralement), p. ex. Î3TI3 (§ 65 fi).
Après les prépositions 2, 3 généralement p. ex. *?É>33, 8b33 ; mais
après b le shewa est généralement quiescent, p. ex. ^>03^ (§ 49 f) (*).
7) Devant les suffixes lourds de la 2* pl. D2 , p on a toujours le shewa moyen, p. ex. D3nj3*TîC siçFqafkem (où le premier shewa aussi
est moyen, cf. 3); DD®’; D3tt3p\ Olfrfâp, iiqlpl'kem.
8) Devant le suffixe T], il faut distinguer les trois voyelles primitives u, i, a.
Après u primitif (qui devient — • ), on a le shewa moyen, p. ex.
iiqtpFkâ.
Après i primitif (qui devient — ) on a généralement le shewa moyen, p. ex. ïjpEip, ïJ^CSp’ ■ Mais au parfait statif on a p. ex. SpHR; et shewa mobile).
Après a primitif, au contraire, on a le shewa mobile, p. ex. iil-bà-se-kâ. Exception : à la 3* p. f. sg. du pf., p. ex. Tlil^Qp qetâlafkà (la syllabe ai gardant toujours le. ton).
En résumé, devant ïj (comme devant D3 ), ie shewa est toujours prononcé : généralement il est mobile après une voyelle primitive a, moyen après les voyelles primitives u, i.
9) Après une consonne qui devrait être redoublée et qui ce- pendant ne l’est pas, p.;ex. ^ÏSp’) (§ 18 ni), ’33Î1 (§ 18 m, 102 k) ’RD3 kise,ï (pour ’KD3*, de ND3 , § 18 m).
Remarques 1) Nous verrons que le shewa coloré est employé g dans deux positions analogues à celles du shewa mobile et du shewa quiescent (§ 9 fi).
2) On ne peut avoir l’un après l'autre deux shewa prononcés, soit incolores, soit colorés (cf. p. ex. § 102 m).
(*) Dans les noms ayant un shewa sous la Ie consonne comme est. 1".
on a -iâna, lâîa, linS .
P. Joüon, Gramm. de l’hébreu bibl.
y a — a
bhewas colores ou hatef
34
§ 9. Des shewa colorés ou fratef.
a Les trois signes — - — — (§ 6 é) sont appelés hatef (aram. FjCIl corripiens, enlevant, abrégeant ), ou encore shewa composés. On les appelle ici shewa coiorés peu opposition au shewa incolore c.-à-d. au shewa simple prononcé. Ce sont des voyelles extrêmement brèves, comme le shewa prononcé ; de sorte qu’on peut les appeler demi- voyelles (par opposition aux voyelles pleines). Les trois shewa colorée” se trouvent très souvent sous les gutturales : les règles seront données à propos des gutturales (§21 f-i).
b Comme le shewa simple prononcé, le shewa coloré peut _être mobile ou moyen (cf. § 8 c-d).
Mobile, p. ex. l&p, TOrtttb, «NO (piel).
Moyen, p. ex. “T0J7Ç (impér. : « égorgez »), ïjrfïTCC t[N*13TL
npa (piei), prrp , i*?rs .
c Sous les non-gutturales on a assez souvent un shewa coloré au
lieu du shewa simple. On ne saurait donner à ce sujet des règles
précises, d'autant que souvent les manuscrits varient (‘).
Sous les non-gutturales, quand on doit avoir une voyelle un peu
plus forte que le simple shewa, on ne met jamais — , sans doute
senti comme trop faible; on prend généralement — , à moins qu’il
n’y ait une cause spéciale (étymologie ou harmonie) de choisir — .
Il suit de là que ce — et ce — ne représentent pas nécessairement une
voyelle primitive aoua; p. ex. on a fDTID de 23*10, Hp2?N de prN-
d Principaux cas où l’on a — (hatef patah) :
1) Généralement sous une consonne qui est ensuite répétée,
p. ex. dans la flexion des verbes V'V '• ttOÎD, ibSl «louez » (pour
I r : -
piel). Mais on dit par ex. ^3*13’ « il te bénira » Gn 27, 10 (shewa moyen §8/8). On a toujours «3H, «ïil (shewa moyen §8/9) (en
pause «an, «an).
(*) Il est remarquable que les usages de l’hébreu sur ce point concor- dent assez bien avec ceux de l’araméen biblique (cf. Kautzsch, Grammatik des Biblish-Aramâischen, p. 36). Il est fort possible que il y ait eu ici influence de la vocalisation de l’araméen sur celle de l’hébreu.
35
snewa coiores ou natei — uagesn
'id - lUa
2) Généralement sous une consonne interne qui a perdu son
redoublement, p. ex. « et elle le pressa » jug 16, 16 (piel).
3) Sous 3, "I , dans certaines formes, après une voyelle longue ou moyenne, devant le ton, p. ex. n3$3itPI Gn 3, 17; '333 Ps 103, 1.
4) Sous une sifflante après 3 « et », p. ex. 3flfi « et l’or de... »
Gn 2, 12; « et embrasse-moi » Gn 27 26.
Principaux cas où l’on a — (hatef qames) : e
1) Pour raison d’étymologie, p. ex. ‘fljrîÇ « le sommet de sa tête » de *qudqud'> “tjytjî; Q'ttHjp de *quds > (auprès de Q'tnjî qç-dâsïm ÿ 6 /).
2) Pour raison d’harmonie ; Quelquefois devant une gutturale
ou une vélaire avec â, p. ex. « et elle sera appelée >> Esth 2, 14 ;
K3_nj5ŒfN « je voudrais embrasser » 1 R 19, 20. Ce — s’explique pro- bablement par le fait que le — était prononcé p.
§ 10. Du dagesh.
Le dagesh, dans une begadkefat (§ 5 o), p. ex. dans B, est un signe a équivoque (*). Tantôt il indique que la begadkefat est explosive, p. ex. dans BëÇh iis-pot « il jugera » ; tantôt il indique qu’elle est à la fois explosive et longue (redoublée), p. ex. dans ^B' iippol « il tombera » (pour ^B3'* , de ^B3 ). Dans les autres consonnes le dagesh n’est pas équivoque : il indique que la consonne est longue, p. ex. dans - qiftel. Le dagesh indiquant la longueur ou. redoublement de la con- sonne s’appelle dagesh fort (*) ; au point de vue de sa fonction, on peut l’appeler dagesh de prolongation ou de redoublement. Le dagesh qui, dans les begadkefat t indique le son explosif ou instantané s’appelle dagesh doux (3) ; au point de vue de sa fonction, on peut l’appeler dagesh de simple explosion. Dans les begadkefat le dagesh fort est un dagesh à' explosion prolongée. Dans l’hébreu vocalisé par les Naq-
(*) Le shewa est aussi un signe équivoque (§ 8 a).
(*) £JH ; on dit aussi "133 '3 dagesh lourd.
(3) Dagesh doux traduction libre de HCI #33 ; on dit aussi dagesh léger
10 a — 13 a Dagesh — Mappiq — Rafé — Maqqef 36
danim il n’y a pas de consonne spirante longue, p, ex. ff. Ainsi 1BX « son nez » est nécessairement 'qppô (racine epK)- b Sur la quantité des consonnes, cf. § 18 a; sur la spiration des begadkefat, cf. § 19.
§ 11. Du mappiq.
a Dans les Bibles imprimées le point nommé mappiq ne se trouve
que dans le ël final, pour indiquer qu’il n’est pas quiescent, mais doit se prononcer, p. ex. ëllpK ’arsâh' « la terre d’elle » (opposer flîpK ,ar'sâ{h) « vers la terre ») ; ëlDffi « le cheval d’elle » (opp. flDlD « ju- ment ») ; ëfrfflp <r la tuer » et « tue-la » (opp. flVîîjS « tue » impératif avec fl paragogique § 48 d).
Le ,1 se trouve dans les racines suivantes : PQ3 « être haut », èîOflB (ëlBflBnfl) « hésiter », PD3 « briller »,. ëlBfl « s’étonner ». b Le mot pBB , de l’araméen p03 « sortir », signifie « faisant sortir »
c.-à-d. « faisant prononcer » la consonne.
§ .12. Du rafé.
a Le rafé est un trait horizontal sur la consonne. Ce trait exprime le
contraire du point, à savoir du dagesh (fort ou doux) § 10, et du map- piq § 11. Il a donc, selon les cas, trois valeurs: 1) Par opposition au dagesh fort, il indique que la consonne n’est pas redoublée, p. ex. on trouve dans des manuscrits Qr-pj; « aveugles » pour empêcher la prononciation ' iuifrïm (cf. § 1 8 m 4) ; 2) Par opposition au dagesh doux, il indique expressément que la begadkefat est spirante, p. ex. ’5ba (cf. § 5 <?) ; 3) Par opposition au mappiq, il indique que le fl final n’est pas prononcé, p. ex. iîp là(k). non làh! (§ 25 a), b Sur le sens du mot rafé cf. § 5 o.
§ 13. Du maqqef.
a Le maqqef (*) est un petit trait, analogue à notre trait d’union,
indiquant que deux mots forment un groupe très étroitement uni. Les deux mots unis par le maqqef forment une unité phonétique : le premier
(*) *|j50 , de laraméen f]j53, signifie proprement entourant; ici on entend généralement unissant. Le premier mot est qualifié de FIT « rapide, qui se hâte », dans le langage de la Massore ( Revue Biblique , 1904, p. 536).
37
Maqqef
13 a — d
mot n’a plus de ton principal et ne peut plus avoir qu’un ton secon- daire ; il devient proclitique (*). L’union indiquée par le maqqef est gé- néralement plus étroite que celle indiquée par un accent conjonctif.
Le maqqef peut unir deux, trois et même quatre mots, p. ex. fr-TOir*»-™* Gn 25, 5.
L’emploi du maqqef n’a pas de règles bien fixes. b
On l’emploie surtout après les monosyllabes! Ainsi, parmi les noms on a presque toujours avec maqqef “|3 « fils », généralement ~D3 « fille ». Par contre on a rarement avec maqqef DK « mère », DS? et DE? « nom », jamais 3K (état est. ’3K) « père ». A l’état est. “*?3 est plus fréquent que *?3 « tout ».
Les particules suivantes ont presque toujours le maqqef : "*?K « ne », « vers », “DK « si », "JO « de »} "JS « de peur que »,
« jusque », « sur » “DP « avec ». Les deux particules DK | dont
l’une est la préposition « avec » et l’autre l’exposant de l’accusatif, se trouvent souvent avec maqqef “DK et souvent sans maqqef DK .
La particule K3“ «de grâce » (§ 105 c) est presque toujours précédée du maqqef, et donc rend le mot précédent proclitique.
Le mot qui précède le maqqef, devenant proclitique, tend à avoir c une vocalisation plus brève. Ainsi DS? (état abs. et est.), *?3 (état abs. et est.) deviennent “DS? , “*73 ; l’inf. ‘?Ofp devient “^Bj2 ; T « main »
“1’ ; Dû « quoi ? » “DD .
Le mot D’ « mer » (rac. DDL Dû’ § 93 d, pl. D’D’) a une par-
j T, T
ticülarité remarquable. Le qames se maintient (*) dans "DJ , p. ex. D*D33— D’ « mer de Génésareth », sauf dans cpD“D’ « mer des roseaux, mer Rouge ».
Remarque. Un nom à l’état absolu peut être suivi du maqqef, d par ex. « in statutum tibi » Ex 12, 24 (sans maqqef ph) ;
n3D*?Kl D‘lDr“l3 « l'étranger, l’orphelin et la veuve » Dt27, 19. De
r t : - : t
même, on peut avoir l’infinitif absolu, p. ex. DDB““i3n cognoscete fa- ciem Pr 28, 21 (cf. § 123 é).
(1) Comparer les proclitiques du grec, qui perdent leur accent en s’ap- puyant sur le mot suivant : ô, r) etc. ; év, elç, ou etc.
(2) sous l’influence du D; cf. l’adjectif DFI (rac. 00X1), toujours avec qames.
14 a — c
Meteg
38
§ 14, Du meteg.
a Le meteg (3D0 frein), comme le nom l’indique, a pour but gé-
néral de freiner la prononciation. C’est un petit trait perpendiculaire qu’on met à la gauche d’une voyelle pour assurer sa prononciation exacte, ou, négativement, pour empêcher une prononciatiou rapide et précipitée. Mais de même que les accents indiquent souvent la place du ton principal ou secondaire (§ 15 d), bien que ce ne soit pas leur but premier, de même le meteg indique souvent le ton secondaire (i). Dans certains cas aussi il se trouve indiquer la division syllabique.
Ni les manuscrits ni les grammairiens ne s’accordant sur l’usage du meteg, il suffira ici d’indiquer quelques exemples pratiques et les emplois les plus usuels (*).
b Exemples : Dans fîbîSp qà-f-là(h) « elle a tué » (§ c 1) le meteg indique qu'il ne faut pas prononcer le qames bref comme dans fl^Bp qot-lâfh) « tue », mais moyen. Par conséquent, ici le meteg se trouve indiquer aussi la division syllabique. De plus il indique un ton se- condaire : qa-f-là{h)'. — Dans ’rfrüpl (§ 43 a), le meteg avertit de prononcer exactement le qames ; il indique de plus le ton secondaire : u’qatqlti (§ c 2). De même dans (§ 39 a). — Dans C’FD bàt-fïm (§ c 5) le meteg invite à prononcer le qames comme moyen, bien qu’il soit en syllabe fermée atone (J 6 / 2).
c Principaux emplois : Le meteg se met :
1) à une voyelle moyenne ou longue suivie d’un shewa mo- bile et de la syllabe tonique, p. ex. i"lbî3p (voyelle moyenne), Wl” ou ( defective ) WV « ils craindront » (opposez WV iir-’ü « ils verront »). Ce meteg, on le voit, peut être discriminant.
2) à la voyelle de la 2e syllabe ouverte (ou semi-ouverte) avant le ton, p. ex. OTKTl, D’EPH , VfrBjïl, D3nîl (à la voyelle de la 3* syllabe ouverte avant le ton si la 2‘ syllabe est fermée, p. ex.
(*) C’est probablement à raison de ce fait que le meteg est appelé par certains grammairiens ga'ya iT»2 « mugissement, élévation de la voix ».
(2) En dehors du texte biblique, on néglige souvent d’imprimer le meteg, sauf dans les cas où il est utile pour distinguer une forme. On le marquera notamment dans les cas où il sert à discriminer le — , p. ex. ^8*3^ il te re- vêtira, (opp. T^Pi?! il te tuera, sans meteg).
39
Meteg — Accents
14 c— 15 a
O’SSHKn) (*)• De même à la voyelle de la 2* syllabe ouverte avant une voyelle ayant le meteg, p. ex. DD’nipEj sakuotêkem , — Excep- tion : } « et » ne prend pas le meteg, p. ex. ; probablement
parce que cet u est bref (*). Dans cet emploi, le meteg, outre que, comme toujours, il protège la voyelle, indique un ton secondaire.
3) à la voyelle qui précède un hafef, par ex. "TbP» ; de même dans le cas où un fcatef devient voyelle pleine, p. ex. *nbP’ (§ 22 c).
4) dans les verbes PPH « être », irn « vivre », à la voyelle de la 1” syllabe fermée, pour en assurer la prononciation exacte p. ex: i"piT iih-iç(k) « il sera » ; dans les formes »ITI , 'ITT seulement devant maqq?f ou quand elles ont l’accent pashfa.
5) au qames de D»F)3 bât-üm « maisons » pour empêcher d’abré- ger le qames (§ b) ; de même dans la particule fiai*. KSN : « ah!' de grâce » § 105 c.
6) au patah de l’article devant une consonne ayant redouble- ment virtuel et shewa moyen, p. ex. flMbp hçmim)‘£pssf(h) « celui qui cache » Léy 3, 3; excepté devant », p. ex. DH^H . De même au patah de l’adverbe interrogatif il, p. ex. »3K HDDbn Gn 18, 17.
7) à une voyelle moyenne ou longue, devant maqqef, pour
empêcher de l’abréger, p. ex. »b”flC> Gn J, 25 sât-lî (non sot-lï) ; r<73
Ps 138, 21 (non "‘jS) ; “flH Job 41, 26 (non TIR).
✓
§ 15. Des accents (8).
Tout mot hébreu, quand il n’est pas proclitique, a une voyelle tonique ou accentuée, c’ést-à-dire prononcée en élevant et surtout en forçant le voix. Quand un mot est un peu long, il peut avoir, de
(f) On peut formuler une règle pratique générale (englobant t et 2) : On met le meteg à la voyelle de la première syllabe ouverte (ou considérée ici comme ouverte) séparée du ton au moins par un shewa mobile, p. ex.
n*atrt o, urv'n, rrrnk .
I » -I* » O
(*) Chez les poètes du moyen-âge t est bref ; cf. Luzzatto, Gramma- tica ebraica, (1853), p. 584. De même on écrit p. ex. sans meteg, contrai- rement à 1 ; mais on écrit, avec meteg, p. ex. arm § 9 d 4.
(3) Pour éviter des confusions, on réserve ici le mot accents aux signes graphiques (et aux neumes exprimés par ces signes), qui généralement indi- quent la place du ton ; et on appelle ton l’élévation et l’effort de la voix, bien
15 a - e
Accents
40
plus, un ton secondaire, et même deux s’il est très long, comme p. ex. □O’riîDt? (cf. § 14 c 2) où le ton secondaire est indiqué par le meteg. La place du ton, principal ou secondaire, est généralement indiquée par des signes nommés accents (D’OPtî littéralement « goûts » ou rfl3’33 « mélodies » ).
b Dans l’état de l’hébreu enregistré par les Naqdanim, le ton prin-
cipal ne se trouve plus que sur la dernière (ce qui est le cas de beaucoup le plus fréquent) ou sur l’avant-dernière syllabe. Le ton hé- . breu, dans son évolution, tend vers la fin du mot. Le ton sur l’avant- dernière syllabe s’appelle tTVL?S miFel (de l’aram. J’D — }— *7 ~(— ‘TV == de- super, en haut du mot) ; le ton sur la dernière syllabe s’appelle PlbO miFra ' (de l’aram. ÎP + 1? -(- JTlK , par terre, deorsum , en bas du mot).
Dans cette grammaire le ton est indiqué par le signe conven- tionnel — (en grande pause par l’atnah — ) p. ex. Dph uaiia -qom (mile'el), Djy) uqiiâqom (milera', en grande pause) (‘).
Sur les règles relatives à la place du ton, cf. § 31.
c La place du ton est très importante; elle est parfois discrimi-
* » <
liante. Opposer p. ex. : =132 « ils bâtirent » de H33 et 133 « en nous », HOp « elle se leva » et HOp « se levant » (participe féminin) § 80 y,
’Fl^àpl « et j’ai tué » et « et je tuerai » (avec le waw inversif),
’Dlp « lève-toi » fém. et ’OIp « mon lever s , nûfl « elle est parfaite »
<
et nSFl « parfaite ».
d Notre Bible hébraïque a deux systèmes d’accents: 1) le système ordinaire ou prosaïque, employé dans 21 livres ; 2) le système des 3 livres poétiques Sl’K Job, 'bpü Proverbes, et D^TIF! Psaumes (mot mnémonique flüK « vérité »).
e L’accentuation suppose le texte biblique préalablement divisé en
versets ( D'pIDB ). Bien qu’on ait visé à une certaine égalité dans
que le ton en hébreu, à la différence du ton en grec et en latin anciens, soit plutôt une augmentation de force, l’élévation étant un élément secondaire, comme dans le grec moderne, le latin populaire, l’allemand, l’anglais, l’italien, etc. Que l’accent de l’hébreu soit surtout un accent d’intensité ou de force, cela ressort de ses effets sur la vocalisation.
(*) L’accent mitera' étant de beaucoup le plus fréquent, on omet géné- ralement, par économie, de l’indiquer, p. ex. US est censé représenter U3 .
la longueur des versets, quelques-uns sont fort courts (mais pas moins de trois mots). La division en versets ne s’accorde pas toujours avec la logique ; ainsi parfois l’apodôse est séparée de sa protase pour éviter un verset trop long (Dt 19, 16-17 ; 1 R 3, 11-12; 21, 20-21 ; Ruth 1, 12-13).
L’origine des accents est obscure. Leur but principal est de régler la modulation ou récitation musicale de la Bible. Les accents sont principalement des neumes ou groupes de notes. Certains de ces neumes ayant un caractère pausal (§ 32), il se trouve que les' signes indiquant ces neumes, marquent les césures ou coupes de la phrase. Enfin les signes du neume (pausal ou non) étant généralement placés sur la syllabe tonique du mot, il se trouve que les accents marquent ordi- nairement la place du ton.
Les accents qui indiquent les césures (pauses majeures, moyennes, mineures) sont appelés disjoncti/s ; ils séparent en effet un mot du mot suivant, comme font nos signes de ponctuation ( . ; , ). Les autres accents, au contraire, unissent le mot au mot suivant et sont ap- pelés conjonctifs.
Les quelques accents (disjonctifs ou conjonctits) qui ne se mettent J pas sur la syllabe tonique sont ou prépositifs c.-à-d. mis tout à l’avant du mot, ou postpositifs c.-à-d. mis tout à la fin du mot. Par opposition aux accents prépositifs et postpositifs, les accents qui se mettent sur la syllabe tonique peuvent être appelés impositifs. Certains manuscrits répètent l’accent prépositif ou postpositif sur la syllabe tonique ; dans les éditions ordinaires cela n’a lieu que pour 1 accent postpositif (dis- jonctif, cf. § g : Ab a) pashfa qu’on répète si le ton est mile'el, p. ex. D’àn « les eaux » Gn 1, 7 (L’accent étant postpositif s’écrit sur la der- nière lettre du mot ; on a ici répété pashfa sur la syllabe tonique ma ; hammfiim) (*). Pour les mots ayant un accent prépositif ou postpo- sitif autre que pashta, le ton ne peut être connu que par la grammaire.
(*) Quand un mot milera' a pashta, le signe — étant à l’extrémité du
mot, p. ex. n1!»1? Gn 1,5, ne peut pas se confondre avec l’accent conjonctif * *> impositif azla {%g\ A 18) graphiquement semblable, p. ex. HVÏÏ 1 R 18, 12.
g A. Accents du système ordinaire (des 21 livres)
Accents disjonctifs.
1 — stlluq (opp. le meteg § 14), au dernier mot du verset, avant
le (0 sëf pâsüq « fin du verset », Gn 1, 1
2 — atnah, au milieu du verset, Gn 1, 1
A a* v: *
3 a postp. " segoltà, à la 4e ou 5e césure avant X atnah, Gn 1, 7
rwi.
- !■ T|T
3 b I— grand shalshelet (avec trait vertical à gauche), très rare (7 f.)
pour segoltà, en tète de la phrase, Gn 19, 16 lêltSiTOTM.
4 a — zâqef qâfon, Gn 1, 14 D’OEVI .
• - T ”
4 b — zàqef gâdôl, au lieu de zâqef qâfor si l’accent qui précède
n’est pas conjonctif, Gn 1, 14 ^3,1^.
5 T Mb* (°u tarhâ) Gn 1, 1 ; parfois à la place de X atnah,
surtout dans versets courts, Gn 3, 21 TP (comparer m'ayyelà conjonctif n° 21).
6 JL rebï“\ Gn 1, 2 .
7 postp. J zarqà, Gn 1, 7 DVf?N. .
8 a postp. pashfà, Gn 1 , 5 (c f. § /) (opposer le conjonctif
azlà n° 18).
S 6 prép. -y‘tïb (opp. le conjonctif m'huppàk n° 15 qui n’est pas
prépositif), au lieu de pashfâ, dans mots monosyllabes ou ayant le ton sur la lr8 syllabe, si l’accent qui précède n’est pas conjonctif, Gn 1 , 11 3fc»p ,
9 — t'bir, Gn 1, 8
» y ...
10 a J- gçres h, Gn 1, 9 D’éil.
10^ g"râshayim (ou ger" shayim), gçrçsh double, rare (16 fois) pour gçrçsh, si le ton est sur la dernière syllabe et si l’accent conj. azlà (n° 18) ne précède pas, Gn 1, 11 ns .
lia JL pâzer, Gn 1, 21 fltPâ’YJ.
V V (T
lié — pàzer gâdôl ou qarnç fàrà « cornes de vache », rare (16 f.) Esth 7, 9 jOH.
12 prép. — 1 flishâ g‘dôlâ, Zach 4, 5 [P»1 (opp. le conjonctif flïshà q’tannâ n° 19).
43
Accents
15 g— h
13 l— Fgarmeh «pour lui-même»: c’est l’accent conj. munafi,
n° 14, avec trait vertical à gauche, Is 39, 2 l DKV
j**
Accents conjonctifs.
14 — mutiap (opp. le disjonctif legarmeh nV 13), Gn 1, 1 .
J JTT
15 — m’huppàk (opp. le disjonctif ye(îb prép. n° 8 b), Gn 1, 7 f'2 .
16 a — mêr’kâ, Gn 1, 1 fiK .
16é - — mërpkâ kffülà , mêrekâ double, Gn 27, 25 ^ .
* M
17 — dargâ, Gn 1, 4 N VT .
s :i—
18 — azlâ, 1 R 18, 12 ITHI; se nomme aussi qadmâ, quand il est
associé au disjonctif gçresh, Gn 1, 9 D’ûn (opp. le disjonctif pashfà postpositif n° 8 a).
19 postp. 0 — flîshâ q'tannâ, Gn 1, 29 râit (opposer le disjonctif
flishâ g'dçlâ prépositif n° 12).
20 — galgal «disque» ou yerah «lune», rare (16 fois) comme
pàzer gàdôl (n° lié auquel il est associé), Esth 7, 9 nferj? .
VT I
2 1 — m'ayÿlà : c’est le Ufb-â (n° 5) employé pour indiquer le ton
secondaire dans des mots ou groupes qui ont silluq (n° 1) ou atnah. (n° 2), Nb 28, 26 DaYlintf , Gn 8, 18 n5“KX»T.
AV V : JT -A **v—
B. Accents du système poétique (des 3 livres flOK § d) h Accents disjonctlfs.
1 — silluq (cf. A 1 dans le tableau des accents du système ordinaire).
2 — côlfh ufyôred c montant et descendant », plus fort que V atnah.
3 — atnalj, (cf. A 2), moins fort que 'ôlfh ufyôred.
4 _L rebf^ gàdôl (cf. A 6).
5 JL rebïaC mugràsh, c.-à-d. r<?éz“' avec gçrçsh (cf. A 10 a).
6 ,J_ grand shalshelet (opp. 19 et cf. A 3 b).
7 postp. “ sintiôr (zarqà, cf. A 7). (Le sinnôrit (n° 20), qui a la
même forme JL , se met sur une syllabe ouverte devant tnêr*kâ (n° 12) ou m’huppâk (n° 17)).
3 — rebT* qâfon devant côlçh ufyôred.
9 prép. dfhï ou tifhâ prépositif (cf. A 5) (opp. le conjonctif n# 15).
10 — pàzer (cf. Alla).
liai - — mfhupp&k fgarmeh, c.-à-d. m’huppàk (n° 17) avec trait vertical à gauche.
• 15 A — j
Accents
44
1 1 b azlà Pgarmeh., c.-à-d. azlà (n° 18) avec trait vertical à
gauche.
Accents conjonctifs.
12 — mêr'kâ (cf. A 16 a).
13 — munak (cf. A 14).
14 — 'illuy ou mu?iafi supérieur.
15 •— (arhâ (opp. le disjonctif d'hi prépositif n° 9).
16 — galgal ou j ver ah. (cf. A 20).
17 — nfhuppâk (opp. n° 1 1 a et cf. A 15).
18 — azlà (opp. n° 11 b et cf. A 18),
19 — petit shalshelet (opp. n° 6).
[20 — sinnçrit, cf. n° 7],
i Emploi usuel des accents du système ordinaire. Le verset est terminé par le sil/uq, suivi du sqf pâsüq : c’est la pause la plus grande. Le verset est divisé en deux moitiés, qui peuvent être très inégales, par Yatnah. Puis chaque moitié, selon la longueur, est de nouveau subdivisée, et chaque partie encore subdivisée (dichotomie) par les accents suivants : segoltâ — , zaqef — , rebï“e — , dont la valeur dé- croissante apparaît graphiquement. De plus, les deux grands accents (. silluq et atnah) et les trois sous-diviseurs ( segoltâ , zaqef, rebi “') sont précédés chacun, s’il y a lieu, par un accent disjonctif faible, qui est comme son précurseur :
1 silluq — et 2 atnah — ont pour précurseur 5 — tfhà
|
3 segoltâ [et shalshelet , 1 ] |
» |
» 7 |
" zarqà (ass. rares)- |
|
4 zâqef ' Jl |
» |
» 8 |
' pasfà [ yetîb ] |
|
[5 tifhâ — |
» |
» 9 f |
— fbîr ] — g er es h [ JL g‘râshayim ] |
|
6 Reb?' _L |
» |
» (11 L |
" pàzer [ 21 pàzer gâdçl~\ * flishâ p*dôlà |
j Exemple : Is 39, 2. Dans ce long verset, on a dû employer tous- les accents disjonctifs, même le segoltâ. Nous indiquons graphiquement l’importance relative des accents disjonctifs par un nombre propor-
45
Accents
15y — /
donné de traits verticaux: .j'.j pour silluq et pour atnah qui lui est pratiquement égal, jj: pour segoltâ , || pour saqef, -j pour rebï*' ; l’ac- cent (ifhA précurseur de silluq et à’ atnah e$t; indiqué par fl , et tous
les autres accents précurseurs, pratiquement égaux, par j .
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I
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Comme on le voit, le verset est divisé en deux moitiés très iné- gales, séparées par V atnah — . La première moitié est subdivisée par le segoltâ — : la première partie, qui précède le segoltâ, étant courte, n’est pas subdivisée ; au contraire la seconde partie, du segoltâ
à V atnah, est subdivisée par le zàqef 1_ en deux portions dont la première à son tour est subdivisée par le rebï . La seconde moitié du verset, de l 'atnah au silluq — , étant assez courte, n’est subdivisée qu’une fois, par rebï — . De plus, devant 1 atnah et le silluq on a le précurseur (ifhâ — lequel a lui-meme le précurseur fbïr — . De même segoltâ a son précurseur zarqà — , zàqef a son précurseur paskfà ' ; le premier rebï1" a pour précurseurs pâzer- Jk. , flishà
g‘dôlà — -- , geresh — . Le choix des différents accents disjonctifs, ainsi que des accents conjonctifs qui les précèdent, est réglé par des lois logiques et syntaxiques ; beaucoup d’anomalies ont une cause musicale.
La connaissance des accents est parfois importante pour la gram- k maire et aussi pour le sens. Ainsi dans le verset cité le 3 de Vfl“tfll<3 n’est pas rafé, parce que la voyelle qui précède est séparéë-du 3 par un accent disjonctif, Dans Ruth 2, 14 1 accentuation invite a- couper ainsi: « Et Bo'az lui dit au- moment du repas: Approche ici... » et non: « Et Bo'az lui dit: Au moment du repas, approche ici... ».
Dans Is 40, 3 131233 Kllp Vljl l’accentuation invite à couper :
« Vox clamantis : In deserto... >>, d’apres la loi : de deux accents sem- blables, le premier est toujours le plus fort (cf. Delitzsch in h. II). èette loi apparaît bien dans Ruth 3, 9 ou le premier zàqef, a produit la vocalisation pausale mais non le second zàqef. (ï|n23R) •
Pour la connaissance empirique du ton, les accents sont fort utiles, l puisque tous les accents qui ne sont pas prépositifs ou postpositifs
15 l — 16 a Accents — Texte massorétique 46
indiquent directement la place du ton, et que le postpositif paskfâ l’in- dique indirectement (§_/). Le lecteur du texte sacré devra donc, dès le début, mettre le ton dans tous les cas où les accents l’indiquent. En pratique il convient de marquer fortement le ton mile'el, et légère- ment le ton milera'.
Le pâseq (pDB participe araméen : séparant) est un trait vertical mis à gauche d’un mot. Ce signe est matériellement semblable au trait vertical de certains accents ( fgarmeh , grand shalshelet). Le paseq a été introduit à une epoque tardive et d’une manière assez peu cohé- rente, de sorte que son emploi n’est pas bien clair. Dans la plupart des 480 paseq environ de nos éditions (*), ce signe a pour but d’em- pêcher d’unir deux mots, dans des circonstances déterminées, p. ex. quand la même consonne finit et commence un mot, comme dans Jér 51, 37 -ÏPO | D’W? I %. Mais de nombreux paseq ne semblent pas avoir ce rôle de séparateur, et plusieurs conjectures, plus ou moins vraisemblables, ont été proposées pour expliquer leur présence : le paseq serait un signe critique ; il indiquerait une ancienne abréviation ; il indiquerait l’insertion d’une petite glose; etc.
Sur les accents les deux livres fondamentaux sont W. Wickes, On the Accentuation of the Three so-called Poetical Bocks of the Old Testament (1881) et On the Acce?ituaho?i of the Twenty-one so-called Prose Bocks of the Old Testament (1887). Consulter aussi l’article Accents de Max L. Margolis dans la fewisk Encyclopedia : J. De- renbourg, Quelques observations sur l'accentuation (fournal Asiatique 1870, t. 2, pp. 519-528); P. Kahle, Zur Geschichte der hebr. Accente {Zeitschrift dcr deutschen morgenl, Gesellschaft, 1901, pp. 167-194).
§ 16. Du texte massorétique et de la massore.
Le texte de nos éditions du texte hébreu, avec toutes ses parti- cularités, est appelé communément texte massorétique f). En réalité certaines particularités de notre texte sont antérieures aux rnassorètes ;
(*) La liste dans Wickes, Accentuation of Prose Books (cf. § «), pp. 120 s cm.
(2) Massore répond à la forme récente rrtteo ou mise pour Info tradition, du néo-hébreu 1DD tradere. Le mot n’a rien de commun avecmSü d’Ez.20,37+
- lien > pour irfiaO-
47
16 a — d
Texte massorétique et massore
d’autres leurs sont postérieures. Le travail des massorètes est posté- rieur à celui des Naqdanim et le suppose. Les massorètes accompli- rent leur œuvre du VIIIe au Xe siècle; le texte reçu est généralement celui de Ben Asher (Xe siecle), qui a été préféré à celui de son rival Ben Naftali.
Divisions du texte. Au point de vue grammatical, la division b importante est la division en versets (D^DB § 15 e). La division en chapitres , introduite par les chrétiens dans la Vulgate, au XIIIe siècle, a été reçue par les Juifs (p*l| ou . C’est Rabbi Nathan qui
s’en est servi le premier, pour sa Concordance, vers 1440.
Le Pentateuque, en vue de la lecture dans la synagogue, est c divisé en 54 sections (iltthB) . Une section est dite ouverte (iHTIflB) quand la section suivante doit être écrite à la ligne suivante ; elie est dite fermée (flÛ^np) dans le cas contraire. Ces grandes sections sont indiquées par BBB (p. ex. Ex 30, 11) ou DDD (p. ex. Ex 38, 21). Elles sont subdivisées en petites sections indiquées par B ou D (p. ex.
Gn l, 6; 3, 16).
Les observations de toute sorte compilées par les massorètes se d trouvent soit en marge de chaque page (Mas or a marginalis ), soit à la fin de chaque livre ou de toute la Bille (Masora finalis). Les édi- tions ordinaires n’en donnent que des extraits. Nous donnons ici les termes les plus usuels de la massore. (Voir Hyvernat, Petite intro- duction à r étude de la Massore, dans Revue Biblique 1902, 551-61; 1903, 529-49; 1904, 521-46; 1905, 203-34); Stier und Theile, Po- lyglotten Bibel (appendices à chaque volume). Les mots de cette ter- minologie technique appartiennent au néo-hébreu ou à l’araméen ; ils sont souvent écrits en abrégé.
fHR lettre; R^R excepté , si ce n’est; PXÇR milieu; Pj'DR = TOflNT
TD? H0 P- ex* Ez 17> 15 pp c.-à-d. « on a qames bien
qu’il n’y ait pas d ’atnah ou de sôf pasuq ».
'3 (comme signe numérique) deux, p. ex. '3 deux accents r
apres.
, f. “îpn qui a un dagesh Kou un mappiq) ; feuille,, page.
""B , f. K*W petit.
; T ;
profane ; pi hors de ; *lpn def tiens, défections (cf. § 7 c).
OPB accent; *l*J? abundans, de trop.
l(>d — e
48
Massore — Qeré-ketïb
jK2 ici; 3>n3 (§*); *> = fT*? (de fl’X «*?) */ n'y a pas, non est
K*?0 plein; plene scriptus (§ 7 c); Xipû l'Ecriture; nxpû partie.
= Xà’pnX KnDV autre exemplaire ; pl. p’IrïX autres
exemplaires ; TO , f. HTO quiescent (non prononcé) ; "Bpj point ; *npà pointé.
K'D = Dnn« anBD d'autres livres ; T 30 conjecture; JÜ’D (aq- pelov) symbole, mot mnémonique ; D^3D compté, nombre ; p^DS PjÎD fin du verset.
KpDB séparation, intervalle (Dans plusieurs cas indique une lacune).
'P = ’*ip (§ e) ; OHp ou mieux Olp avant ; pOp . f- flîfiOp qui a un qames ; Cjp?3 pOp (§ 32 f).
KD3“I , ’nai grande.
t : “ v» *
H3’n mot (en tant que composé de lettres); ppfl correction; HP deux.
Qeré-ketîb. Les remarques massorétiques les plus importantes sont celles qui se rapportent au qerë et au ketib. Le ’*|p (participe- passif araméen : lectum ou, ici, legendum) est la leçon qui, d’après les massorètes, doit être lue; le 3’p3 (participe passif araméen: scriptum) est la leçon qui ressort du texte consonantique. Le qeré est indiqué par un petit cercle au-dessus du mot, renvoyant à une note margi- nale où sont indiquées les consonnes à lire ; quant aux voyelles du qeré, ce sont celles du texte. Le ketib est représenté uniquement par les consonnes du texte ; les voyelles ne sont pas indiquées : elles doi- vent être restituées d’après la forme du mot et le contexte. Ainsi dans Ruth 3, 3 on trouve ’Vlûfen et en marge 'p nOlOT c.-à-d. le qeré est flOferî forme normale de le 2e p. f. ; le ketib est ’FlDtn forme archaïque. Quand un mot du texte ne doit pas être lu, on omet de le vocaliser et en note on écrit np xVl 3»fl3 « écrit, mais non lu » p. ex. Ruth 3, 12 DX .. Inversement, si un mot doit être ajouté dans la lecture, on écrit, dans le texte, les voyelles de ce mot, et on indique les consonnes en note, p. ex. dans Ruth 3, 17 on trouve _ 30X et en note ^p ’^X 3’D3 X^l c.-à-d. « ’pK doit être lu, bien qu’il ne soit pas écrit ».
Le qeré- ketib se rapporte toujours au texte consonantique; il représente deux variantes du texte consonantique. Très souvent le qeré donne une leçon préférable en soi à celle du ketib ; mais il y a des cas oîr le ketib est aussi bon ou même préférable. C’est que le
49 Massore — Qeré perpétuel — Lectiones mixtae U> e — g
qeré ne prétend pas toujours donner la leçon meilleure en soi, mais meilleure d’après les manuscrits. Souvent le ketîb conserve des formes archaïques.
Qeré perpétuel. Pour quelques mots fréquents, qui doivent être lus autrement que ne l’indique le texte consonantique, on a, par économie, omis la note marginale indiquant les consonnes du qeré. Voici ces mots :
1) Le nom divin HltT : le qeré est >31» « le Seigneur », le ketîb est probablement (*) ITIÎT (d’après des témoignages anciens).
[On remarquera que dans ffliT on a étrangement shewa simple au lieu du hatef patah de ]. Si le nom nVT est déjà précédé du mot
, on écrit fflTP : le qeré est O’ii^jK - Naturellement la vocalisation des particules etc. devant rflîT suppose la prononciation du qeré ’31K: ainsi la préposition JO devient '0 devant la gutturale: nVTO = OIKO
103 ci). De même, par ex., au lieu de no£ on dit rïîiT ilQ1?, à savoir oIk nô1? (§ 37 d).
T ¥ T
2) Le pronom de la 3* p. sg. f. Nlil dans le Pentateuque : le qeré est NVl , le ketîb WH (§ 39 c).
3) Le substantif féminin *1J?3 fille dans le Pentateuque (au lieu
T-: r
du normal mP3 qu’on a seulement Dt 22, 19). C’est probablement
T-: r
une bizarrerie graphique (comme N3Î1 ) : elle ne se trouve pas dans
< ,
le Pentateuque samaritain. Il semble peu probable que *1P3 ait été employé au sens de fille, car on attendrait au pluriel DHP3 ; or on a n*HP3 (cf. Gn 24, 61 ; Ex 2, 5).
4) Pour oVtOTT le qeré est , le ketîb Di7Cri*V Jérusalem.
5) Le nom propre Yiiéâkâr est écrit pour qu’on pro-
nonce TOtn (Gn 30, 18 etc.).
TT*
6) Pour D’32L O’Plltf deux cf. § 100 c et g.
Lectiones mixtae. Certaines formes ont une vocalisation étrange g qui fait supposer que_les vocalisateurs ont voulu par là indiquer deux vocalisations possibles .(*). Ainsi la vocalisation de Ps 7, 6 indique
(*) Dans nos traductions, au lieu de la forme (hypothétique) Yahweh , nous avons employé la forme Jéhovah (d'après rrtn* lu à tort ghôuâh) qui est la forme littéraire et usuelle du français.
(*) Cf. Kautzsch, Hebr. Gramm, 27e éd. (p. V; cette observation impor- tante a disparu dans la 28e éd.); Kônig. 1, p. 160; Bergstrasser, §4 b.
P- JoiioN, Gramm. de l'hébreu bibl.
4
50
16 g — 17 b Texte massorétique — Changements dans les consonnes
qu’on peut lire soit le qal soit le piel . Cette hypothèse des leciiones mixtae permet d’expliquer d’une façon plausible certaines formes dont la vocalisation est, autrement, injustifiable (*). h II reste à signaler quelques menues particularités de notre texte massorétique, dont la signification n’est pas toujours claire, et qui du reste sont en partie négligées par les éditeurs.
1) Les points extraordinaires mis sur certaines consonnes, p. ex. Gn 16, 5 sur le yod postérieur de , ou sur des mots entiers, par ex. Gn 33, 4. Ces points semblent toujours demander une suppression.
2) Les lettres majuscules, p. ex. Gen. 1, 1 ; Cant 1,1; Lev 11, 42 (1 indiquant le milieu du Pentateuque), et minuscules, p. ex. Gen 2, 4.
3) Les lettres suspendues, p. ex. Jug 18, 30; Ps 80, 14 (1) in- diquant le milieu du Psautier).
4) Enfin certaines lettres écrites d’une façon anormale pour quelque raison subtile.
[PHONÉTIQUE]
§ 17. Changements dans les consonnes.
a Consonne ajoutée au commencement du mot : Aie/ prosthétique. Un aîef initial (en réalité non prononcé) avec sa voyelle est ajouté quelquefois pour faciliter la prononciation, p. ex. VlOfiX hier (5 fois) à côté de ‘jlün (23 f.), PVIÎK bras (2 f.) à côté de l’usuel PVlf (*). On observe le même phénomène phonétique dans nos langues, p. ex. en latin vulgaire iscientia, istare, estatio, Estephanus ; fr. esprit, espérer. Très rarement on a alef formant demi-syllabe ouverte, p. ex. D’HtSDK melons (ar. biffîh ) cf. § 88 L a. b Metathèse de consonne. Dans la conjugaison hitpael, le D per- mute avec une première sifflante, p. ex. * hit-sammer > “iSPîün se gar- der. On évite ainsi les groupes ts, ts, ts qui répugnaient déjà au' sémitique commun (cf. § 53 e).
(*) Cf. § 75 g . § 39/ rr&h , g 91 b enss .
(*) La voyelle initiale e a été adoptée probablement parce que e était senti comme la yelle la plus faible, en cette position ; cf. § 9 c — comme hatef très faible; §21 i — plus faible qv:e — ; § 68 a N.
51
Changements dans les consonnes
17 b — g
Au point de vue lexicographique, on peut observer quelquefois la métathèse, p. ex. à côté de l’usuel £33 agneau (107 f.) et de ntD3 agnelle (8 f.) on a 3fr| (13 f.) et ri3fr3 (1 f.); à côté. de rfrfifr man- teau (30 f.) on a flD^ (16 f.).
Chute de consonne. Le phénomène est fréquent en hébreu, soit c au commencement du mot ( aphérèse ), soit à l’intérieur ( syncope \ soit à la fin {apocope). Les consonnes qui peuvent tomber sont surtout les deux consonnes vocaliques 1 et •>, les deux gutturales faibles N et H, le 2 (qui en hébreu tend à l’assimilation), rarement le b .
Aphérèse. Une consonne initiale 1, 2, b, K sans voyelle pleine d
peut tomber : p. ex. dans les verbes TD impér. 3£ ; dans les verbes 2*D impér. £j| ; dans le verbe V^b prendre, impér. Ilj? ; au lieu de l’usuel
Wrt2K nous on a 6 fois Un5.
Syncope. Le fl est ordinairement syncopé dans les conjugaisons e causatives au futur et au participe, p. ex. pour ‘r’BpîT* (§ 54 a).
Le fl de l’article est syncopé après les prépositions 3 , 3 , b , p. ex.
IJ bàb pour (§ 35 e).
L’K est assez souvent syncopé, mais reste généralement écrit, p. ex. nfcnp*? in occursum pour nïOp1?* ; o«5 lâche pour D’KB* (2 f.
Apocope. L’apocope est fréquente dans les formes verbales et f nominales des racines ÎTb, p. ex. cl il répondit (rac. ,"|2P) pour fl»*! (1 f.); JP8^> à cause de peur P!2îfB^* .
Assimilation. La consonne 2 dépourvue de voyelle tend à s’assi- g miler à la consonne suivante, laquelle est alors redoublée, p. ex. le 2 de la préposition JB ; ainsi JB + □£ > Cü'B de là, JB -f HrXlîB de celui-ci, d'ici. Le phénomène est ordinaire dans les formes verbales et nominales de racines 2*0, p. ex. £jp* pour de £32 (pour le
détail, cf. § 72) (*).
L’assimilation n’a pas lieu dans les verbes à 3e radicale 2 , p. ex. F123£ tu as habité; exception HFiri2 tu as donné (sans doute à cause du premier 2).
Le ri de la préformante ÇH s’assimile à une dentale suivante,
(*/ 1 our TS chèvre !a racine t;i>, qui n’apparaît pas en hébreu, ne peut être induite que de la comparaison avec les langues apparentées, anz ; cf. $ 96 A o.
p. ex. ar.
il g — 18 é
Redoublement des consonnes
52
p. ex. * mitdabber > *12^0 ; *hit(amma > ttSSIT II s’assimile partiel- lement à l’emphatique X, c.-à-d. devient / emphatique, p.ex. *hits<pddeq devient (avec métathèse, § b) p^JJjpïfi (cf. § 53 e).
Le b est assimilé dans le verbe nj^>, p. ex nj5’ (§ 72/).
Le *| est assimilé dans finit une, de ’a/jadt (§ 100 b).
§ 18. Redoublement des consonnes.
a Redoublement ou allongement des consonnes. Bien que les
différences du temps employé à prononcer une consonne soient beau- coup moins sensibles que pour les voyelles, on peut facilement dis- tinguer au moins deux quantités d’une consonne. Quand on prolonge une consonne, l’implosion et l’explosion sont séparées par un intervalle sensible, et l’on a l’impression d’une consonne double (*). On transcrit généralement une consonne longue ou redoublée en répétant la lettre, p. ex. teR ’qp-pô, ce qui a l’inconvénient de laisser croire que la consonne Test répétée, alors qu’il y a en réalité consonne unique. Le signe logiquè de la consonne longue serait celui de la voyelle lon- gue, p. ex. \pô (*).
0 Outre ce redoublement proprement dit, indiqué par le dagesh
fort, il y a en hébreu un redoublement dit virtuel, qui serait mieux appelé semi-redoublement ou redoublement faible (3), p. ex. dans fin® il a corrompu (piel de IHTO). les enfants. Das ces exemples
la forme demanderait le redoublement : * sih-het , * hqi-i’lddïm. En fait, le redoublement proprement dit n’a pas lieu, mais la voyelle est celle qu’on aurait s’il avait lieu, à savoir une voyelle de syllabe aiguë. Généralement on suppose que le redoublement a existé autrefois et a amené la voyelle de syllabe aiguë ; puis le redoublement aurait cessé, mais la voyelle de syllabe aiguë serait restée, bien que la syllabe soit maintenant ouverte. Dans cette explication le redoublement est actuellement nul, mais sa vertu demeure. Mais si le redoublement est actuellement nul, on devrait actuellement avoir une voyelle de syllabe
(*) Rousselot, Principes de phonétique expérimentale , p. 993; Passy, Petite phonétique comparée des princtpales langues européennes"1 . \ 144 sqq.
(*) Dans cette grammaire le signe p exprime le p spirant (= f) , \ 5 o
(3) Cf. Gismondi, Linguae hebraicae grammatica 2, \ 16 « mitior redu- plicatio ».
53
Redoublement des consonnes
180 — c
ouverte, p. ex. nnt> * (‘). Si donc la voyelle de syllabe aiguë demeure, c’est qu’il y a en réalité un certain redoublement, une certaine pro- longation de la consonne (*). Cette raison est encore plus forte dans le cas du redoublement virtuel spontané d’une gutturale (par ex. QtriK , § 20 c) où l’on ne peut guère supposer un ancien redoublement réel (*). La consonne un peu prolongée n’est pas longue, car alors on aurait le dagesh ; elle n’est pas brève, car alors la syllabe serait ouverte et l’on aurait une voyelle de syllabe ouverte ; elle est donc moyenne. Il n’y a rien de bien étonnant à ce qu’une langue qui a Une série de voyelles moyennes ( — , —, — ) ait aussi des consonnes moyennes, intermédiaires entre la longue et la brève. Pour indiquer graphiquement ce phénomène on pourrait transcrire, p. ex. kqjflâdîm ou hqy^l&dïm.
Le redoublement fort (marqué par le dagesh fort) peut être c nécessaire ou euphonique (§ K) (4). Le redoublement nécessaire se trouve dans les cas suivants :
1) quand une consonne serait suivie immédiatement de la même consonne, p. ex. nàtqn nu — (entre les deux 3 il n y a aucun élément vocalique); kârqt + ti = ’PH? (§ ^ f)-
2) quand il y a assimilation, p. ex. fPl’ pour iintçn.
3) quand le redoublement est demandé par la nature même de
(•) Le raisonnement suppose qu’il y a un rapport étroit entre la voyelle et la syllabe (cf. J 28 a).
(*) Pour le cas d’une consonne finale, cf. § l.
P) De l'araméen biblique, où le redoublement virtuel existe comme en hébreu, il ressort que ce redoublement n’était pas nul, mais était un semi- redoublement, une prolongation moyenne. En effet, ce redoublement virtuel, comme le redoublement fort, peut être résolu en n consonne. De même que rr * , jnç * , se résolvent en JTU» , SH3D , une forme comme tâïïrh pour faire entrer (inf. hafel de bbs) peut se résoudre en n^WnS (Dan 4, 3).
(4) Ces termes anciens (dagesh necessarium, dagesh euphomcum), con- servés ici, sont assez imparfaits : nécessaire ne s’oppose nullement ici à facul- tatif, et parmi les dagesh nécessaires tous (sauf le 3e. qui est organique) sont demandés par l 'euphonie. — Dans certains manuscrits on trouve encore d’autres espèces de dagesh, d’invention postérieure, qu’on peut appeler em- phatiques (cf. Luzzatto, Prolegomeni ad una grammatica delta lingua ebraica (1836), p. 197 sq.).
,uuuuuti.ikiv.ui jyvimauc
i>4
la forme : ainsi dans les formes intensives verbales VBj!J , VtSp , bgpnfl ; dans les formes intensives nominales Vî3p, VlBjD, lTtSp etc.
4) dans le cas de redoublement spontané d’une consonne (non gutturale) (§ d).
d Redoublement spontané d’une consonne (non-gutturale). Ce redoublement est appelé spontané parce qu’il semble n’avoir pas de cause extrinsèque, comme le redoublement dû à l’assimilation, ni de cause intrinsèque comme le redoublement dans les formes intensives. e Le redoublement spontané se trouve toujours pour la consonne non-finale qui suit une voyelle primitive brève u (à l’exception des gutturales et du 1). Ainsi un adjectif de la forme primitive *cagu/ (h. ihV) « rond » fait au fém. ffclP (non *) (‘), au pl. D'VlJ? ; de même D7X « rouge », HSIR; p'QV « profond », Hj50P. C’est ainsi que la forme passive du qal, qui est primitivement *qutal , devient en hebreu Vfâj3 , forme qui se contond avec la forme intensive pas- sive ‘jfâp (§ 58 a).
Si la consonne est une gutturale ou *) , elle ne peut être redou- blée , alors u bref devient o moyen en syllabe ouverte, p. ex. *gabuh (h. ÇÙâ) « haut » fait au féminin finis .
On voit qu’un o moyen ne peut se maintenir en syllabe ouverte, excepté devant gutturale ou -j. (Mais un o prolongé secondairement se maintient, par exemple en pause, et même p^Op1 en prépause,
§32</) ( ). Il ressort de ceci qu’un — en syllabe ouverte devant une consonne non-gutturale est long, p. ex. <?Bp qôfel (forme qàtiïr, nVftû « danse » m'hôlâ{h), de la rac. Vin .
f Le redoublement spontané se trouve assez souvent après la voy- elle a , p. ex. VOIl chameau , pl. n’VOl (s) ; BIpP scorpion, pl.
(Qttt gerboise, pl. ; plusieurs noms de la forme Vffipû , par ex.
(*) Le nom phénicien de la ville étrusque de Caere (actuellement Cer- veteri, à environ 50 kil. au N-O de Rome, au sud du lac de Bracciano) est transcrit AytAXa, 1. Agylla (= la ronde). Le redoublement aurait donc existé également en phénicien.
(2) Certains adjectifs de la forme %9j5 , p. ex. VH3 « grand » sont originai- rement de la forme qatul ; 1 ’o a été allongé secondairement pour des causes particulières (cf. § 88 D c).
(3) Camilus (xdpV.oç) est parfois écrit, à une époque tardive, camellus (cf. ital. cammello avec deux redoublements spontanés !).
D’j30»a lieux profonds, §96 C b. Remarquer l’adjectif petit , D'âBp,
rt3Bp; la forme parallèle pDj3 n’a pas de féminin ni de pluriel (§ 99 d).
On a le redoublement spontané dans les noms monosyllabes à voy- elle finale, tels que D1H myrte, pl. D'DTl; [ÛÎ* temps, pl. DJK
marais, pl. D’SSK .
Le redoublement spontané se trouve assez rarement après la voy- g elle i, p. ex. dans "1DK obligation (forme qitâl) ; avec suff. iTlDX . Il se
T * t » v:
trouve après un i secondaire (provenent de a) dans la forme fftfâp (de qatalàn ), p. ex. m souvenir, est. (§ 88 M b).
Sur le redoublement spontané virtuel de la gutturale n voir § 20 c.
Parmi les redoublements euphoniques, on distingue notamment h le redoublement (ou dagesh) conjonctif et le redoublement (ou da- gesh) dirimens ou séparant (§ k). — Le dagesh conjonctif est causé par l’union étroite ou très étroite de deux mots. Il faut distinguer deux cas, le cas du d'hiq et le cas du merqkïq (§/).
iy hïq ( aram. p'ITT ) c.-à-d. comprimé (la voyelle est comme pressée i entre les deux mots''. Les conditions requises pour qu’il y ait d'hiq sont les suivantes :
1) La voyelle finale du premier mot doit être ou — (en fait toujours avec la mater lectionis H), ou — à après shewa mobile (en fait toujours avec H).
2) Le ton du premier mot serait milera', mais il disparaît à cause de la liaison très étroite avec le mot suivant, laquelle est mar- quée par le maqqef ou, plus rarement, par un accent conjonctif.
3) Le ton du second mot doit être sur la première syllabe. Exemples : K3"“D^ Fkân-na « viens donc » ; ‘D'TISJ nakkeb-bo « nous le frapperons » (Nb 22, 6).
Dans les mots isolés, p. ex. HD1? , H33 les voyelles — , — sont
t : v - 1*
moyennes; avec le d*hïq (en syllabe aiguë atone) elles deviennent brèves. Le qames, en cette position, doit avoir une nuance ouverte o, comme Vf qui reçoit le même traitement (cf. § 6 j). Le phénomène n’a pas lieu avec les voyelles fermées e (*), o, et n’aurait pas lieu avec un a de nuance fermée (a).
(*) Ainsi on a toujours KITISH (p. ex. Gn 19, 8), une fois K|Tt3n 19,2 (var.: accent conjonctif au lieu du maqqef). Cet exemple montre bien la répugnance au redoublement euphonique après la voyelle fermée e.
18 1 —J
ACUUUUn.lllVill. iuuiHHy
Remarques 1) Avec îlî le redoublement a lieu sans égard au ton p. ex; HnB““lfi « et voici son fruit » Nb 13, 27 (le ton est sur la seconde syllabe). Ce cas ne rentre donc pas proprement ici.
2) Le cas de “HO (avec patah) ne rentre pas ici ; cf. § 37 c.
3) Le détail des règles et des exceptions est compliqué ; cf. Baer, De primarum vocabulorum literarum dagessatione, dans son édition du Liber Proverbiorum (1880), pp. vii-xv. De même pour le merqhiq
MprqfûÇ (abrégé de l’aram. p’ITlD ’riK « venant de loin ») à sa- voir ton venant de loin (car le ton du premier mot est mile'el). Les conditions requises pour qu’il y ait merqtÿiq sont les suivantes ;
1) La voyelle finale du premier mot doit être ou — (en fait toujours avec la maier lectionis H), ou — à (ici avec ou sans H).
2) Le ton du premier mot doit être mile'el, soit par nature, soit par accident, à savoir par ascension du ton (en vertu de la loi N’sïgah) (4). La liaison avec le mot suivant doit être étroite, mais non très étroite; et même, généralement, il n’y a pas maqqef, mais simplement accent conjonctif.
3) Le ton du second mot doit être sur la première syllabe.
Exemples: FlXDn hâpq stâb-bâh' «tu l’aimes» Dt 21, 14;
PinVl « elle était à lui » 1 R 2, 15 (nesigah); nB !TOP « faisant du
\ X iST • : V <
fruit » Gn 1, 11 (nesigah); « cepisti captivitatem » « tu as
fait des captifs » Ps 68, 19 ('3tt? forme pausale de ) ; Ht «pourquoi donc?» (17 fois sans maqqef, 7 f. avec maqqef).
Les voyelles — — — atones sont brèves. Le qames, en cette po- sition, doit avoir une nuance ouverte, comme le segol (cf. § i).
Remarques 1) La différence principale entre ces deux cas du dagesh euphonique se trouve dans le ton du premier mot. Dans le cas du cfhïq le ton serait milera', mais il disparaît; dans le cas du merqhtq il est ou devient mile'el.
2) Le fait que le qames en s’abrégeant garde ici sa couleur p, au lieu de devenir a (comme dans p. ex. DP. DP, ’SP; HD, “HD) montre que le phénomène est d’origine secondaire (*).
[l] Cf. § 31 c. D’après cette loi, pour éviter le contact de deux tons, le premier remonte.
(!) Un phénomène analogue au redoublement euphonique de l’hébreu peut se constater dans nombre de langues, p. ex. en arabe vulgaire de Syrie:
57 Dagesh dirimens. Omission du dagesh ' 18 k — m
Dagesh dirimens ou séparant. Ce dagesh euphonique se trouve k quelquefois dans une consonne à l’intérieur du mot. Le redoublement, avec le shewa mobile qui en résulte, produit comme une séparation entre les syllabes. Ainsi, au lieu de ’33P* 'in‘pê (avec shewa moyen), qui serait la forme attendue pour le pl. est. de 33 P raisin, on trouve '33P cin-n‘-l>ë (avec shewa mobile) Lév 25, 5 ; Dt 32, 32. De même on a ’3j3P 'iÇ-çe-ôê, pl. est. de 3j3P talon.
Le dagesh dirimens se trouve surtout dans les consonnes liquides bi Si 3, dans les sifflantes, et dans la vélaire p. (Par contre, dans ces mêmes consonnes on omet souvent le dagesh, cf. § m 3). 11 est rare dans les begadkefat (où son but peut être d’empêcher la pro- nonciation spirante), p. ex. *Û3D (var. *030) Jér 4, 7.
Omission du dagesh fort. I
A) Un dagesh fort qui serait demandé par une consonne est omis, si cette consonne est finale. Ainsi dans le verbe 33D entourer , on dit au fut. qal ^3&’, mais 3b’; au fut. hifil tàD’, mais 3D’ ; dans
le verbe ^p être léger (de la rac. bbp) au fut. qal V?p’ > mais *7p’ ; dans le substantif peuple de la rac. DOP on dit ’SP , mais DP et, avec ac- cent disjonctif, DP . Une consonne redoublée, e’est-à-dire longue, a besoin d’un appui vocalique (*).
Les voyelles — , — (plus brèves que — , — ) qu’on a souvent (surtout — ) en cette position indiquent au moins une tendance de la consonne au redoublement ou allongement faible (cf. § b'). Ainsi s’expli- que le maintien de la voyelle — , — au lieu de — , — qu’on atten- drait, p. ex. dans DP à côté de DP (avec accent disjonctif) et OPH !
33C impér. apocopé de rRX (opp. p. ex. 13P) ; les mots comme
BPD (pl. D’tspa); fl3 de *bint, §98 d (opp. p. ex. 3«) ; nDN de *’ amint ; tes, avec suff. tes.
B) Un dagesh fort qui serait demandé par une consonne suivie m d’un shewa mobile est souvent omis, sans doute parce que dans certains cas on répugne à appuyer une consonne longue sur un appui voca-
qultulîo (pour qultpu) lo) «je lui ai dit»,- en français moderne «tu l'as > est souvent prononcé tu ICas » (à l’analogie de il fa) ; cf. § 35 6 N.
(‘) Cet appui vocalique peut être un simple shewa, p. ex. dans PX ’attr (§8 c N), FITU nàiqtt'.
18 w — 19 é
Omission du dagesh — Begadkefat
58
lique aussi faible. La voyelle qui précède reste brève ; la consonne est donc moyenne et le shewa dévient moyen. C’est donc un cas de semi-redoublement ou redoublement faible (§ b).
L’omission du redoublement fort, autrement dit l’abrègement de la consonne longue en consonne moyenne, devant shewa, a lieu sur- tout dans les cas suivants :
1) Principalement dans i ipitial : a) au futur après le waw fort
(1), toujours, p. ex. ugf gaffe! (§ 47 a), VP1; b) dans les noms
après l’article, p. ex. , à moins que la seconde consonne ne soit
fl ou P, p. ex. DHVm, ü’DJflfl (§ 35 c).
2) Régulièrement dans 0 initial du participe piel et puai après l’article, p. ex. C>j330fl (peut-être pour éviter deux dagesh) (§ 35 c).
3) Souvent dans les consonnes liquides L>, 0, 3, dans les sif- flantes et la vélaire p. (Par contre, dans ces mêmes consonnes on a souvent le dagesh dirimens, cf. § k). Exemples : ’33fl (en pause ’33fl) ;
^fl (pour le hatef patah cf. § 9 d) ; fl^PÔ^O d'en hazit (mais fltsà^û d’en bas) ; fltPpS etc. (souvent dans ce verbe tfp3 ; même après une première omission de dagesh dans D’üpnûfl kgm'bgq'sim, Ex 4, 19; Jér 11, 21); Wfth (fut. de Kfctt porter) ;. ’ND3 de KD3 trône.
4) Dans le 1, p. ex. D'Il? (sing. "VIÎ? aveugle).
§ 19. Spiration des consonnes begadkefat-
a La double prononciation des begadkefat a été indiquée § 5 o ; nous avons parlé du dagesh doux , signe de la prononciation explosive § 10, et du rafé, signe de la . prononciation spirante § 12. h Loi des begadkefat. Une consonne begadkefat garde sa valeur première d’explosive si elle n’est précédée d’aucun élément vocalique ; elle devient spirante si elle est précédée d’un élément vocalique, si minime soit-il (p. ex. un shewa prononcé mobile ou moyen).
Cette loi est fondée sur la tendance naturelle à l’inertie. L’émission explosive d’une begadkefat exige dans son premier temps la fermeture des organes, tandis que l’émission spirante comporte une certaine ou- verture. D’autre part, l’émission d’une voyelle quelconque exige une ouverture notable des organes. Après une voyelle, les organes qui ont la position d’ouverture ont naturellement moins d’effort à faire pour
59 Begadkefat — Les gutturales et le redoublement 19 b — 20 a
prendre la position de moindre ouverture requise par une spirante que la position de fermeture requise par une explosive (*)•
Au commencement d’un mot la begadkefat est explosive si le c mot est en début absolu ou si le mot précédent finit par une consonne.
Si le mot précédent finit par une voyelle elle est spirante 's’il y a liaison, elle est explosive s’il y a séparation (accent disjonctif). Opposer p. ex. p-VTn Gn 1, 7 et 2Î#K3 ’JTl Jug 11, 5 {zàqef gâdôl).
Les quiescentes K, H, 1, \ évidemment, n’empêchent pas la spi- d ration. Mais 1, ’ prononcés (cf. § 7 d) empêchent généralement la spi- ration (ce qui prouve leur caractère consonantique), p. ex. nj’K'Slfl VT Lév 7,30; DiTB ’*7P Ps 22, 14. De même à l’intérieur du mot, p. ex. TlVintf Job 3, 26.
Exception. La spiration n’a pas lieu dans la begadkefat initiale e des groupes 23, B3, 23, après voyelle, p. ex. I2KÎ33 TV) Jug 1, 14.
On évite ainsi deux spirantes semblables ou analogues.
Au milieu ou à la fin d’un mot, une begadkefat est explosive / après un shewa quiescent, spirante après une voyelle ou un shewa prononcé (mobile ou moyen). Exemples 233’ iik-bad (shewa quiescent); impér. pl. VT33 kib'dü (shewa moyen) ; parfait 3e fém. i2223 kà-b'- -dâ(h) ~ (shewa mobile); mal-kï (shewa quiescent); maFkê (shewa
moyen).
Les exceptions principales sont 1) le type £112*2# (2* fém.' des verbes à 3e gutturale, pour Finïïï* ) où le patah auxiliaire ne produit pas la spiration du £1 (§ 70/); 2) le mot D’£lÇf s’taiim où, pour uné raison spéciale, le shewa mobile ne produit pas la spiration du £1 (§ 100 c).
§ 20; i-es consonnes gutturales (et 2) et le redoublement.
Les gutturales K, i2 , 12 , V (§5 J-l) pouvaient sans doute être a redoublées, c.-à-d. prolongées, à une certaine époque, en hébreu comme en sémitique commun et maintenant encore en arabe. Mais au stade de l’hébreu que nous connaissons les gutturales ne sont jamais re- doublées, autrement dit ne sont jamais vraiment longues. Mais elles
(*) Cf. Sievers, Metrische Studiert, 1, p. 15, N. 1.
20 a — c
Les gutturales et le redoublement
60
peuvent, comme les consonnes non-gutturales, avoir un redoublement faible ou redoublement virtuel, c.-à-d. avoir une longueur moyenne (§18 b). Ce redoublement faible est le reste d’un' redoublement fort antérieur, sauf dans le cas du redoublement spontané du n (§ c). La consonne linguale *1 ne peut avoir ni le redoublement fort (sauf de très rares exceptions, § 23 a ) ni le redoublement faible.
Une forme avec redoublement fort primitif de la gutturale peut, dans l’hébreu que nous connaissons, ou garder un redoublement faible, p. ex. dans le futur piel iek<fer « il consumera », ou ne garder aucun redoublement, p. ex. dans l’infinitif piel *1J?3 . La raison pour laquelle on a tantôt le redoublement virtuel, tantôt aucun redoublement, comme dans les deux exemples cités, n’apparaît pas. Dans le type (fut. nifal des verbes à Ie gutturale) on n’a jamais le redouble- ment virtuel (§ 68 c).
L’aptitude des gutturales au redoublement virtuel est très inégale. Elle est grande pour n , assez grande pour fj , faible pour V , très faible pour K, nulle pour *1 . L’ordre d’aptitude est donc n>n>J?>N>V b Quand il y a redoublement virtuel, la syllabe est censée fermée, et l’on a les voyelles de syllabe fermée aiguë, p. ex. dans “\Sy comme dans . Quand il n’y a aucun redoublement, la syllabe est ouverte, et l’on a les voyelles de syllabe ouverte (*), à savoir les voyelles moy- ennes — , — , — . Exemples avec *1 : dans la conjugaison intensive du verbe bénir on a p. ex.: Tp3», (P. ^3), )j*13 (cf. § 18é-).
c Redoublement spontané du H. De même que les consonnes
non-gutturales (§ 18 d ) la gutturale n prend parfois un redoublement virtuel spontané. Cette propriété s’explique par la nature du son k (§ 5 k), Ce redoublement est un phénomène secondaire ; il ne peut guère s’expliquer par l’affaiblissement d’un redoublement fort, car il se trouve en des mots où la gutturale ne demande pas de redouble- ment. Ce redoublement se trouve :
1) dans le pluriel de ItR frère (^ '‘ah) à l’état abs. D’IIR
‘‘ahHm, et avec les suffixes légers, p. ex. ’/lK ( P. >nK ), WK (pour le
— cf. § 29/) ; cf. § 98 b.
(*) Il n’y a donc pas lieu de parler d’allongement compensatoire de la voyelle, car on n’a pas une voyelle longue, mais une voyelle moyenne, qui est normale dans cette position.
61
Gutturales
20 c — 21 d
2) dans le singulier de l’adjectif numéral “fllK un, f. fillN (mais
/✓ T
pl. DHnK). Forme qatal ; comp. ar. ’afrad. Cf. § 100 b.
3) dans le singulier de l’adjectif “IflN autre (rac. fiJ fir), f. mnK (Mais pl. Dnn« , ni*inHl ). Forme qatil.
4) dans la préposition "inH après (§ 103 n) (proprement état est. d’un substantif de forme qatal dont l’état abs. n’existe pas ; rac.
’hr) (Mais la préposition avec la forme de l’état est. p!. est HnK ).
5) dans le nom 1153213 confiance avec suffixes, p. ex. '115320 § 96 C b.
§ 21. Influence des consonnes gutturales sur les voyelles.
L’influence des consonnes gutturales sur les voyelles est consi- a dérable. Les gutturales aiment la voyelle — qui leur est homogène-, elles tendent à l’introduire ou à rapprocher les autres voyelles du son a.
Le degré d’affection des gutturales pour la voyelle — est, dans l’ordre décroissant, V > Il > il > K .
La voyelle — supplante souvent une voyelle primitive i, u devant b une gutturale fermant une syllabe tonique. Ainsi le futur du verbe d’action envoyer est en contexte (au lieu de *iislufi ); le
futur piel est en contexte n*?t3b (au lieu de *iesallih, P. rfjtP’ ). L’état est. de *mizbih est 112153 (abs. 112153 autel).
La voyelle — se glisse furtivement devant une gutturale fermant c une syllabe tonique finale, après les voyelles hétérogènes aux guttu- rales, à savoir les voyelles longues ô, l, ü, qui ne peuvent jamais être supplantées, et les voyelles moyennes e, o qui, en certaines cir- constances, ne peuvent pas être supplantées. Ce- — , appelé d’une façon pittoresque patah fiurtif, est un a extrêmement bref ; il est employé ici en fonction consonantique, c.-à-d. qu’il forme avec la voyelle pré- cédente une diphtongue descendante, p. ex. im « esprit » rü'fi ou rüafi O ; inf. est. rfTV ■
Avant une gutturale qui ferme (ou est censée fermer) une syl- d labe atone, les voyelles primitives i, u deviennent en hébreu e, o,
(*) Brockelmann, 1, p. 198; Bauer 1, p. 169. — En arabe vulgaire ce même phonème existe, par ex. dans ce même mot « esprit » et vulg.
« va-t’en ! », qu’on prononce rü'ih.
21 rf — i
Gutturales
62
c.-à-d. sont rapprochées du son a (assimilation partielle), p, ex. *ii-sam > DtkP « il se rendra coupable », *iih-saq > pf[T « il sera fort », *mu''-mad > 10PD « placé » (*).
t t: )T
Remarque. Bien entendu, une gutturale n’influe pas sur la vo- calisation d’une syllabe précédente ; ainsi un shewa mobile précédent n’est ‘pas modifié, p. ex. EITO, itn*?», (pluriel de bVB)i fTÇÎTl.
Après une gutturale l’influence de la gutturale est beaucoup moindre.
En syllabe fermée tonique on a assez souvent — pour i, u pri- mitifs, p. ex. Emth « il égorgera » pour *iiskuf, EfTtth * ; pour
"IpV (fut. inverti hifil de TIP) « et il attesta ».
En syllabe fermée atone on a assez souvent — pour — , p. ex. dans le parfait hifil des iY*? on a rfàfl à côté de n*?3TT ; dans les noms,
p. ex. ’p^n (de p*?rf part), niP (de 1ÎÇ secours, doublet fém. ITW); dans les verbes, p. ex. 'BÉNI dénude Is 47, 2 (dagesh anormal).
Après une gutturale on a un hafef dans les cas où une con- sonne non-gutturale aurait shewa mobile, p. ex. 1E1TO: lÔîri ^Ep-
A l’intérieur du mot le hatef est très ordinairement — •
A l’initiale, après n, PI, P on a — pour a et i; assez rarement — pour i ; — pour u. Exemples : “HOn âne ( de *himàr = ) ;
ntà’pn à côté de 'PI , de D’pil ; maladie, ’jÿ misère (formes qutl).
A l’initiale, après N on a — pour a; — pour i; — pour «. Exemples : ’lltt état est. de Efct père; Pl‘lVK, pl. (arab. ,ilâh c'ïJj) ;
vaisseau (forme qutl). Remarquer encore jS! dans Et’DN homme (de *,unâsP>*,unôs, d’où par dissimilation *,inôs > EfllNl , § 29 h).
Cependant dans les formes primitives qitâl (héb. VlEp ) et qitül (héb. ^Ep) au lieu de S on a généralement fct , même à l’état est., p. ex. YIÎR ceinture, crèche (cf. § 30 d).
Quand, dans la flexion, — s’éloigne du ton, il devient généra- lement — , p. ex. DÏ1«, ’ÛIR; prép. ‘jK , poét. »*?«, D3,I7N . De même
le groupe — — devient généralement , p. ex. ’PHÈSJPl Zach 3, 4,
mais ’FrOPm Jér 15, 14.
Le phénomène doit être considéré comme un renforcement: le
(*) Participe hofal. Opposer plus fréquent que f?Bj58 (§ 57 a).
63 Hatef auxiliaire après gutturale 21 i — 22 c
ha{ef est légèrement renforcé pour contrebalancer le ton (cf. Mélanges Beyrouth, 5 *, p. 374).
Sur le changement de — en — devant gutturale suivie de qames, j cf. § 29/
§ 22. Du fra^ef auxiliaire après gutturale.
Une gutturale, peut être suivie du shewa quiescent, tout comme a une non-gutturale ; p. ex. au futur qal on trouve pîlT ieh-zaq, comme on a 123’ iik-bçtd. Mais très souvent au iieu du shewa on a une voyelle auxiliaire très brève, normalement un haîef, de la même couleur que la voyelle pleine ; ainsi, au lieu du très rare pflT on a ordinairement m, ietp-zq.q . Ce haîef auxiliaire a pour but de faciliter le passage de la gutturale à la consonne suivante. Cette voyelle très brève est par- tagée entre les deux syllabes, de sorte que la division syllabique est
impossible (cf. § 27 a), comme dans le cas du shewa moyen (§ 8 d) ;
I 2
ainsi 1bP’_ peut s’exprimer graphiquement par ia mod . En réalité ce fcatef est un shewa moyen coloré.
L’emploi du haîef n’est pas régi par des lois strictes ; il y a beau- b coup de variations et d’incohérences. On remarquera les points suivants :
1) Le haîef auxiliaire ne se trouve qu’après voyelle atone.
2) Le haîef auxiliaire est plus fréquent que le shewa quiescent.
3) K et J? prennent volontiers le haîef; H et n s’en passent volontiers..
• y- ,
4) La consonne suivante peut favoriser oü non l’emploi du haîef; en effet, la difficulté -du passage de la gutturale à une consonne suivante dépend de la nature de cette consonne.
Les applications se trouvent dans la flexion du verbe à 1* gut- turale (§ 68) et du nom segôlé à 2e gutturale, p. ex. Î3P3 son garçon, mais ’ürf? mon pain (§ 96 A i), V?PS son œuvre ($ 96 A j).
Changement du hatef en voyelle pleine. Quand, dans la flexion, c par suite de l'allongement du mot, la voyelle qui vient après le haîef doit devenir shewa (prononcé) le haîef devient voyelle pleine, p. ex. ISP’ , mais HbïP . Le shewa en cette ’ position est moyen (opp. ^Bp» où le second shewa est mobile). Dans une forme comme HOP’ la di- vision syllabique est impossible (§ 27 a) ; elle l’est même deux fois :
22 c — 23 b
Hatef — Consonne -i
64
1) le second patah est une voyelle auxiliaire qui est partagée entre
les deux consonnes P et 0 ; 2) le shewa est moyen, et donc partagé
entre les deux consonnes 0 et T ; le mot peut donc se rendre gra- 1 2
phiquement par ame ■ Autres exemples : *nP2 mais ï|*lP2 ; îhPS mais ïj^pS (Comp. § 65 c et 96 A j : — auxiliaire sans gutturale). Pour le meteg, cf. § 14 c 3.
De même que le hatef auxiliaire ne s’emploie pas toujours, de même cette voyelle auxiliaire ; ainsi à côté de l’usuel ’lpîn1 on trouve WlIT dans Is 28, 22.
T i : v
d II y a quelquefois suppression secondaire du hatef après la prép.
b , p. ex. ifenh au lieu de "fen1?* § 68 e ; très rarement après 2 : *1ÎP2 î Ch 15, 26 (var. P), très rar* après j: *!VP1 Job 4, 2. Voir encore, avec les verbes iTrï et iTn, les formes comme fiî’n1? § 79 s.
TT TT î J*
§ 23. La consonne *1 comparée aux gutturales.
•a La consonne linguale “1 est traitée en partie comme les gutturales,
bien qu’elle ne soit pas gutturale (§ 5 «).
Comme les gutturales le *1 répugne au redoublement. Il n’a jamais le redoublement virtuel. Quant au redoublement fort (indiqué par le dagesh) il l’a très rarement (jamais après l’article). On trouve toujours (3 fois) □n’M’nil C) avez-vous vu ? 1 S 10, 24; 17, 25 ; 2 R 6, 32 f ; rnû morrat « amertume de» Pr 14, 10; « ton cordon
ombilical ne fut pas coupé » Ez 16, 4 ; ’lPtf'TO « que ma tête » Ct 5, 2 ; quelquefois après un dagesh euphonique (dekïq ou merahïq), dans certaines éditions.
& Comme les gutturales, le 1 final aime la voyelle — (*). Exemples :
*1D’1 de “AD s'écarter , pour le qal “ID’1* et pour le hifil (§ 80 k') ;
N*]’! de i1&n voir (qal futur ilNT ) ; la forme se confond avec le hifil (fut, apoc. de rtNT) ; et il assiégea, de , pour la forme
se confond avec 12P1 et il tint à l'étroit, hifil dé “lÿ , rac. T13f , hifil
“T”
Utn, “IX’ . Mais avec — on a et il fut étroit § 82 b ; § 73 d.
Dans les noms on a — , p. ex. , *1j!32 etc.
(•) Le T, après le n interrogatif, n’est pas traité comme les gutturales; ainsi l’on dit n’A^n as-tu vu f (§ 102»).
t * T-:
(2) En syriaque r et même l finals amènent parfois la voyelle a.
«5
Gutturale K
24 a - d
§ 24. De la gutturale K.
L’alef est la plus faible des gutturales. Au stade de la langue a que nous connaissons, très souvent il n’est plus prononcé; parfois même il disparaît de l’écriture. (Sur la prononciation de K voir § 5 j , sur K mater lectionis § 7 b).
L’alef est réellement prononcé dans une syllabe fermée d’une fa- b çqn quelconque, à savoir : 1) dans une syllabe fermée proprement dite, p. ex. if -sam « il se rendra coupable » (la syllabe est fermée
comme dans 133’ ).; 2) en syllabe semi-fermée, p. ex. 3TIN\ ïJRTSfl (§ 22 a); 3) en syllabe virtuellement fermée, c.-à-d. après un redou- blement virtuel (§ 20 a), p. ex. P]K3 ef « il a commis l’adultère ».
Dans tous, les autres cas l’alef n’est pas prononcé. L’alef non c prononcé se trouve ou après la voyelle d’une syllabe qu’autrefois il fermait, p. ex. de *masd‘ (alef quiescent ) ; — ou devant la voyelle d’une syllabe qu’autrefois il commençait (*), par ex. 10K de **amar, actuellement prononcé âmar , comme si la voyelle commençait la syl- labe ; “ItO « il expliqua » be-’er (prononcé be-er avec simple hiatus entre les deux voyelles, comme en français béat ; le héros, prononcé le-éro) (?) ; W]” jâ-r*'ü «. ils craindront » ; iir-’ü « ils verront » ; WYO mà-f’ü ; ’KD3 kisf’î (avec shewa moyen § 18.!»).
De la quantité de la voyelle qui précède K quiescent. Une d voyelle primitivement brève qui précédait un fct -fermant la syllabe de- vient normalement moyenne, en syllabe ouverte, par suite de la quies- cence de l’K ; p. ex. mas a > ; mâsi > KîtÔ ; mesu\> KYO (opp.
tnasü’ >K13iD).
T
(*) Dans ce cas l’a est devenu un simple support de voyelle, comme
l’aief arabe (l) sans hamzé (■•»). Il serait très étrange qu’au stade de la langue • « • où l'alef n’était plus prononcé en fin de mot (où il est facile à prononcer) il
ait . été prononcé en commencement de mot ou de syllabe. Cependant beau- coup d’auteurs admettent pour alef en commencement de mot ou de syllabe une valeur consonantique, même au dernier stade de la langue.
(*) Remarquer que, bien que h dans héros soit phonétiquement nul, il a un effet phonétique dans des cas comme le héros (non *l’héros). Cet exemple peut aider à comprendre ce qui s’est passé pour K .
P. JoOon, Gramm. de l’hébreu bibl.
2Ad — 2bd
Gutturale N — Gutturale il
66
Rarement la voyelle devient longue. Tel est le cas dans « tête * de ras > ras > (§ 98 f) et dans « petit bétail » de
sa’n (cf. arabe ra’s et dà’n ). Dans ces deux mots l’allon- gement a peut-être été favorisé par le monosyllabisme (cf. § 98/). On a aussi D’SfRQ « balance » (en arabe rac. yazana). TD'lû « lien », de nui sir (K omis dans la graphie) ; cf. § 88 L h.
Il faut noter de plus Vô de (fut. 1* p.) : le groupe primitif ■ V est devenu en sémitique commun ’â, d’où héb. ’ô (cf. § 73 b).
, Contractions. Par sa quiescence N occasionne des contractions,
p. ex. -10 Vb* > “ibK*?, > OVfrtf? (§ 103 b). Dans certaines
formes du mot plN après 3, 3. b, 1, la voyelle brève — se maintient en syllabe ouverte, p. ex. (§ 103 b).
f Déplacement de voyelles. Par sa quiescence K occasionne parfois des déplacements de voyelles, p. ex. CPriKO « 200 » pour D^riKO (de HKO) ; ’JOIR-in «le Rubépite » de finO; «affaire» pour rp»60*;
ïtitiV (*Tlfrfe3tÇt) de *Sim-’âl.
Sur la vocalisation de l’R initial, cf. § 21 h.
§ 25. De la gutturale fl.
i Le fl est une gutturale assez faible; aussi très souvent n’est-il
pas prononcé.
Le fl à l’intérieur du mot est toujours prononcé. Le fl final en général est quiescent ; aussi, quand par exception il doit être prononcé, on le marque du mappiq (§11 d), P- ex. i-Ü3 gâèoah « haut », flV làk « à elle ». Pour ce dernier mot la massore demande dans Nb 32, 42; Zach. 5, 11; Ruth 2, 14 (§ 103/) que le fl ne soit pas prononcé; c’est pourquoi, pour plus de clarté, on écrit alors fl^> avec rafé (§12 a). Autres exemples du suffixe fém. fl — sans mappiq ; avec le verbe § 61 i, avec le nom § 94 h. b Pour la syncope du fl cf. § 17 e.
c Au parfait 3* p. f. on a et, par syncope du fl et redou-
blement du n) vrêop; nrtàpp (cf. § 62 d\
Le fl du pronom suffixe 3* p. m. disparaît dans beaucoup de formes, p. ex. *lahu > lau Z ; pihu > VB (/*«). d De même que le groupe V devient ’â > ’? (§ 24 d) le groupe kah devient h à > ko. Exemple unique *hahtlk > f'Afl (§ 75 g).
57 Consonnes vocaliques 1 , ' 26 a — e
§ 26. Des consonnes vocaliques 1 , ’ .
Les consonnes vocaliques T , ’ perdent souvent leur valeur con- a sonantique, se contractent souvent avec une voyelle précédente, parfois disparaissent complètement.
Le groupe uu devient ü, p. ex. *huusab > . Le groupe ii b
devient i, p. ex. titras > tth’’ ; avec les prépositions 3, 3, JO et la conjonction 1 on a p. ex. avec ’O' « jourside » : *0*3, ’O’S , 'O’1?, ’O’Q ,
W (cf. § 103 b).
Le groupe ii final peut devenir H — • p. ex. s'mônii > i"D0l£i (cf. arabe tamânin ) « huit»; rîK3 « altier » (forme qittit); cf. Barth, Nominalbildung, p. xxx sqq.
Les groupes au, ai tantôt se maintiennent, tantôt sont contractés c en ô, ê (moins souvent e) :
A l’état absolu on a mû, mais DV , Ofa (d’après l’état est.
§ 96 Ai) ; à l’état est. fllD , 0*1», etc. (*).
A l’état absolu on a fl’3, avec H paragogique flfVâ ; à l’état est. n»3 (*).
La particule négative pK devient pK en liaison (§ 160 h). .
Le substantif éadaj, poét. HÇt devient abs. fTTO , est. iTTtf . Devant les suffixes, la forme du nom pluriel süsai devient ’D® dans tt’D® etc. mais 'D® dans ïpp®, îTD® . § 94 d.
Sur la prononciation des groupes au, ai etc. cf. §7 d.
En finale u, i, après consonne, deviennent u, i ; p. ex. uqiiista fiu, d forme apocopée de nVjFIltf’ « il adorera », devient inrutf’l uqiiistq! hu (§ 79 1) ; iahtu « natation » devient.VTtb (Ez 47, 5); pa'tj « ingénu » devient ’flB •
Remarquer que ces u, i brefs sont nécessairement écrits plene.
La conjonction 1 devant labiale devient } c’est-à-dire la simple e voyelle u, probablement brève (cf. § 14 c 2), p. ex. umçtçk (cf.
§ 104 c).
(l) On remarquera l’absence de contraction dans nViP injustice (sans doute pour éviter la confusion avec fftit holocauste) et dans fWIB* cri au se- cours (pour itStBt* de S1E* crier au secours ) ; cf. aussi § 79 a ’fllW .
(*) Remarquer l’absence de contraction dans nW> nuit N.
68
26 c — 27 c Consonnes vocaliques 3 , * — La syllabe
Le i initial, proprement ii, semble avoir été prononcé simplement *, du moins dans certaines écoles. Ainsi le nom propre ’ttb est écrit
dans 1 Ch 2, 13. D’après Qimlji se prononce iqfol. f Un « initial est supplanté par p. ex. *ua!ad > « enfanter *
(§ 75 a), de sorte qu’on ne trouve pas de mots commençant par 1, si- non la conjonction 1 , l’usuel 11 « crochet *, 'deux noms isolés et suspects in, TVi, et quelques noms propres.
Les verbes à 3* radicale primitive u ont été absorbés par les verbes à 3* radicale i (§ 79 a).
A côté de la forme normale mais très rare O^p (de Cflp) on a la forme rare D’p (§ 80 h).
§ 27. De la syllabe.
a En hébreu, comme en d’autres langues, la division en syllabes
n'est pas toujours possible (*). Quand elle est possible, on a des syl- labes normales ; quand elle n’est pas possible, on ne peut parler que- de syllabes improprement dites oü anormales. b Une syllabe normale est ouverte ou fermée.
La syllabe ouverte se terminé par une voyelle : dans r6ûj5 « elle a tué » qâ-f-lâ(h), qâ et là sont des syllabes ouvertes.
La syllabe fermée se termine par une consonne : dans iltOK « nour- riture » ’ok-lâJtJi), « mon roi » mql-kï, les syllabes ’pk, mal sont
fermées.
Quand la consonne qui ferme la syllabe est longue, la syllabe
est dite aiguë, p. ex. 'SP cam-mï, 'pn> ^PJ ’ •
c Les syllabes anormales en hébreu sont des syllabes imparfai- tement fermées. On peut distinguer'
1) la syllabe semi-fermée (f). Elle se trouve: dans le cas du shewa moyen (§ 8 d), p. ex. ’DVû mqPki ; dans le cas du hatef auxi-
(4) Sur ce phénomène important de phonétique, voir notamment Jesper- sen, Elementarbuch der Phonetik (1912) p. 153, Lehrbuch der Phonetik* (1913) p. 202, où il donne de bons exemples de l’allemand, dont quelques-uns ont leurs analogues en hébreu.
(2) Ce terme est préférable à semi-ouverte, car les voyelles sont celles de syllabe fermée.
69
La syllabe
27 c — 28 a
Kaire (§ 22 a), p. ex. *Tbr_ *j^hnçd\ dans le cas d’une voyelle pleine • auxiliaire remplaçant un ha(ef auxiliaire (§ 22 c), p. ex. if^d ü ;
^ns le cas de la voyelle auxiliaire des formes segolées, par exèmple TCD sifçr (proprement sef'r, § 96 A b), uaiiig? (forme apocopée de §79 0 0-
2) la syllabe virtuellement fermée. C’est une simple variété de d la syllabe semi-fermée, celle qu’on a dans le cas du redoublement virtuel, p. ex. fcjjn m'qaftel (§ 18 b), *1 W» (§ 20 a); D’PIK (redouble- ment spontané, § 20 c).
Remarques 1) Les demi-voyelles, à savoir le shewa mobile et les hatef en position de shewa mobile, constituent des demi-syllabes, p. ex. dans ^{5 , ib? .
Dans les lois rythmiques on ne tient compte que des syllabes pleines; ainsi dans *1Ü *Tft Ps 28, 1, le premier mot est compté comme dissyllabe (cf. §31 t). De même, on ne tient pas compte des voyelles auxiliaires; p.ex. dans HT iTTbPÎ Is 50, 8 le premier mot est compté comme dissyllabe (cf. § 22 c).
2) Une syllabe est censée commencer toujours par une con- sonne, et graphiquement il en est ainsi. Mais phonétiquement la syl- labe commence parfois par une voyelle ; tel est souvent le cas avec K , p. ex. dans des mots comme *1ÜR , “1R3 où l’R n’est pas prononcé (§ 24 c),' dans le cas du } initial (§ 26 é) et peut-être du » initial (§ 26 e).
§ 28. Des voyelles
par rapport aux diverses espèces de syllabes.
Il y a certains rapports entre telle espèce de voyelles et telle espèce « de syllabes (*). Certaines voyelles sont impossibles ou exceptionnelles dans certaines positions. Nous donnerons un tableau pratique des rap-
(') Dans ces formes la dernière voyelle est en réalité très brève ; au con- traire, la voyelle finale est brève dans les formes comme 3B(*1 (du futur Mb) où le — n’est pas auxiliaire (division syllabique : uai-ie'-seb).
(*) C’est ainsi qu’en français moderne, e en syllabe fermée est toujours un e ouvert. L’orthographe académique éve'tiement suppose la prononciation de Ve muet et la division syllabique é-vé-ne-ment\ en réalité, Ve muet n’étant plus prononcé, le mot devient phonétiquement é-vèn-ment.
28 a — d
La syllabe
70
ports les plus usuels, qui permettra à l'étudiant d’éviter certaines fautes grossières dans la vocalisation des textes. Nous considérons ici les voyelles — , — , — comme moyennes, les voyelles correspondantes — , — , — comme brèves ; autrement dit, nous supposons la quantité qu’ont normalement ces voyelles en syllabe atone (cf. § 6 g). Les voyelles longues » — , 3 et les voyelles brèves — , — ne font pas difficulté: ces dernières ne se trouvent qu’en syllabe fermée atone, p. ex. ‘râjT , ‘TOp’ -
b A. 1) En syllabe ouverte atone on peut avoir des voyelles :
Longues : TO’MpFI , i13’è’pl1 , (de qà(if), O’rf?» (de ’ilàhïm).
Moyennes : , 3337 , n!133 (mais _ seulement devant une gut-
turale, § 18 rf).
Brèves : seulement dans des cas spéciaux, p. ex. avec le fl inter- rogatif § 102 n : ^Kfl « irai-je ? », 03IT1 « num sapiens ? » ; très ra- rement — - , p. ex. □’tnp (% 6 /) ; mais cf. § e.
T * * T»|T
Très brèves: à savoir les ha^ef : ’3K , t£^13B , ’3K « vaisseau ».
2) En syllabe ouverte tonique on peut avoir des voyelles :
Longues : , !D’p\ finïpl.
Moyennes: IfiN , rfrOpl, tf«3p, ! VfTBpL UDld; jamais — .
Brèves : seulement dans des cas spéciaux, p. ex. *37î5pi illOp1 ; jamais — (ni — , — ) ; mais cf. § e. c B. 1) En syllabe fermée atone on peut avoir des voyelles :
Brèves (seulement) : »3^0 , ’ptyl, ’ÇHp , Dpi, >3311 •
2) En syllabe fermée tonique non finale on peut avoir des voyelles :
Moyennes :' flfij , HS1? , n3*?ÈpFl , n£Êpn .
Brèves : — normalement : I13133P1 ; rarement — et seulement en syll. aiguë, p.ex. dans les suffixes *13 -1-, ’3-l- etc.; jamais — (ni — , —
3) En syllabe fermée tonique finale on peut avoir des voyelles :
Longues : Dip’ , D’pJ , Vlûp .
Moyennes : *131 , 133 , (faj3 .
Brèves : souvent — : ^Bp , *?fâp (forme de liaison) ; assez rarement — : 131, n»K, bü13; suffixes D3, (3 ; DH, ffU jamais -- (ni — , — ). d Remarques. 1) En syllabe atone, une voyelle primitive brève reste brève en syllabe fermée et devient moyenne en syllabe ouverte. Il se produit ainsi un certain isochronisme syllabique. Ainsi la pre-
71
La syllabe
28 d — e
mière syllabe qif de l7t3j5 et la première syllabe be de sont à peu près isochrones.
2) Les voyelles brèves et moyennes (§ a), dans les mêmes e conditions de syllabe et de ton, doivent avoir une quantité à peu près égale. Ainsi — dans “IjH , en syllabe fermée tonique, doit être en réalité moyen comme le — de la forme normale l7tS[3 . De même — dans tfTDp’ est moyen comme le — - de =in$ÎÛp’ ; — dans et — dans
sont moyens comme -—et — dans “IBD et — dans bT est
moyen comme — dans NT ; — dans *?ûp est moyen comme — , —,
— dans in , "123 , Jûp ; — dans est moyen comme — dans
»3$BP»; le — anormal de go-dâ-sïm (§6/) doit être moyen
comme le — de D’ETlQ pâ-râ-sïm. ,
|T * T|T
Une voyelle posttonique (non primitivement longue) doit être brève, p. ex. — dans HSTl (à côté de DM), Ftàflp , HRK , iinN , (comp. 'a'nti, ’a'lli devenu FIN); » — (‘) dans ’Ffrèp ; 1 (*) dans Wn?N, VTFIïh (§ 26 d, 79 /).
De même — est bref dans le cas du d'hiq (§ 18 t) N3TD1? et du merqhïq (§ 18/) H3 ZJlVDn .
Malgré l’identité essentielle de quantité il a pu exister de légères différences; ainsi le - — de 3p était considéré comme un peu plus long que le — de la forme de liaison ^Œp (3).
3) De la nature énergique du ton en hébreu (§ 15 a) on peut conclure qu’une voyelle tonique brève devient en réalité moyenne, qu’une voyelle moyenne posttonique devient brève (4), qu'une voyelle en pause est longue à des degrés divers.
4) On le voit, la quantité réelle des voyelles est une question complexe et délicate. Pour la déterminer, la graphie (signes vocali- ques, matres lectionis) est insuffisante ; il faut, dans chaque cas, con- sidérer la nature de la syllabe et sa position par rapport au ton.
(*) et (2) A la finale un * bref et un u bref demandaient une mater lectionis.
(3) En araméen biblique, en syllabe fermée tonique finale, les voyelles moyennes — , — sont censées un peu plus longues que —, _ (cf. \ 47 d). Sur la quantité réelle de — et de o en syriaque, voir les remarques instruc- tives de Nôldeke, Syrische Grammaiik 2, 47,48.
(*) L’abrègement apparaît clairement, en syllabe fermée dans des cas comme jussif B|5J , Djsnj Dj5L Dj3»l_ .
29 a — d
Changements de voyelles
72
§ 29. Changements de voyelles.
a Les changements de voyelles, soit par rapport aux voyelles primi- tives (§ 6 z), soit à l’intérieur de l’hébreu, sont extrêmement fréquents. La grande mobilité de la vocalisation est un trait caractéristique de l’hébreu. Cette mobilité est du reste très inégale, selon la quantité des voyelles et la nature des syllabes. Les changements de voyelles sont souvent dus au déplacement du ton (De même les chutes de voyelles § 30).
6 Les voyelles longues 5 (provenant de à ou de au), ü, ï sont généralement très stables (*). Cependant 5, en syllabe devenue atone, s’affaiblit souvent en û (Avec l’affaiblissement il y a un certain abrè- gement). Le phénomène est régulier dans la flexion du nifal Ollp3 des verbes YV au parfait : Vô devient ü quand il est privé du ton principal ou secondaire: HO’lpJ, DTl'lOjM, mais ’flîOlpî (§ 80 /) (*). On observe sporadiquement la même alternance dans certains doublets : rfDO repos et fflTÜO, lieu où l’on passe la nuit et rïjVpO, DÜO fuite (avec suff. ’çmû) et i-IDUOC).
c La voyelle moyenne — , en devenant atone, devient normale-
ment — : *131 , état est. 131 ; D’ mer, D’O’ .
TT “ : T
La voyelle moyenne — , en devenant atone, devient normalement
— ou (surtout en syllabe aiguë) — : *73, “*73 ; 3b’, 30^1 ; 136’, n3’3DFl ;
pn, ’pn .
La voyelle moyenne — , en devenant atone, devient normalement
— ou (surtout en syllabe aiguë) — : DS, “HK ; 30’, 3D’l ; 13D\ i"I3’2pFI ;
DK, ’SK.'
d, L’affaiblissement de — en — a été parfois trouvé excessif; alors le — devient simplement — . Ainsi, au piel, *70p est la forme normale et pausale, ^Î3p est une forme secondaire de liaison (§ 52 c). Dans
(4) "Voir une exception pour ô $ 89 i, pour * ? 89/.
(*) Cette alternance a pu être favorisée par l’alternance fréquente
o> u, p. ex. ISÉJ. TOUfl; pn, ’pn.
(3) Dans certains mots, pour lesquels il n’existe pas de doublet, p. ex. iTO37l intelligence, l’S semble provenir d’un ô (et donc d’un d primitif) ; cf. Biblica 1, 369. Voir aussi p. ex. des mots comme *1D1C § 88 L e.
73 Changements de voyelles 29 d—f
les- verbes quiescents «*0, bü* est la forme pausale, la forme de contexte (§ 73 d ). Dans la flexion du type l’état est. est (§ 96 B d) (*).
A la pénultième fermée tonique on a souvent — — pour — — : 133» rt133> *705 > Fl'jfâp» et semblablement au hifil (pour *hiq(ilia,
rfrèpil*)- La finale pluriel fém. du futur elnà devient souvent alnâ, à savoir : elnà reste au hifil rn^Bpfî (afin de garder quelque chose de 1’* caractéristique) ; elnà reste généralement au piel, tandis qu’à l’hitpael on a généralement alnâ ; au nifal on a toujours alnâ, même en pause (donc comme dans les conjugaisons passives puai, hofal, et peut-être à l’analogie de ces conjugaisons) ; au qal des verbes TB on a toujours qlnâ : iTÛün • A l’impératif on trouve seulement 1337 1 (malgré et le piel ,1510*7 (9tade, § 612). On trouve une fois
la forme .anormale elnà '. Ez 13, 19.
’ » : v - ! - ,
La voyelle brève — peut s’affaiblir soit en — , soit en — (§ g). Ces deux degrés d’affaiblissement ne semblent pas affecter sensible- ment la quantité.
Le premier degré d’affaiblissement de — en -ç- est fréquent (*). Il se trouve :
1) dans le type segolé nominal ^0 (cf. ’3^0) et verbal ^
( apocopé de ,1*75' ) où — - tonique, pour — , est dû à l’influence du — auxiliaire, § 96 A b.
2) probablement dans la plupart des formes mçqfàl, mçqflàh devant une non-gutturale, par exemple 13310 « char », 1^00 « do- mination » (3).
3) dans quelques cas isolés, dont le plus notable est D3T « votre main » de 1’ , est. T . (De même en araméen biblique on a ofm « leur main » Esd 5, 8).
De plus, - — devient régulièrement — devant une gutturale sui- vie du qameç moyen ou du ha(ef qames. Exemples : D’flK mais VriN,
(*) Par contre — peut devenir — , p. ex. icn . "iDn ('i 32 c).
(*) Dans !a prononciation babylonienne le a est devenu à {— /), ? 6 d N.
(s) Devant une gutturale le — provient probablement de l’assimilation partielle d’un i primitif à la gutturale ($ 21 d), p. ex. dans HJ n D « fenêtre » (op- poser ntno « vision »).
I-:|-
29/ — g Changements de voyelles. Harmonisation vocalique 74
’TOI mais ’TW (§ 20 c) ; 2*1113 mais 31113 ; 013/1’* mais 011311’ « il se
A* V V V - V AT V - - ; • AT V î •
repentira » ; OSHil « le sage » et « num sapiens ?» ; — tflilil mais Olthnn (§ 34 d).
Si le qames est bref (donc en syllabe fermée atone) le — se maintient, p. ex. 110301 « la sagesse ». La raison de cette exception n’apparait pas.
Le changement de — en — ne peut guère être considéré ici comme un affaiblissement. Les deux timbres e, o sont deux voyelles ouvertes symétriques dans l’échelle vocalique de l’hébreu (§ 6 b) : elles sont en effet séparées d’un degré de la voyelle centrale q. La loi en question s’explique donc par une tendance d 'harmonisation vocalique.
Cette suite vocalique ç — o (‘) est très aimée et se trouve encore en dehors de la loi citée. Ainsi :
A) Devant gutturale : 1) Vf?Bj3’ mais rïrâp’ ; 2) on a eftrp « il liera », T£T3jl»l , mais C’Srp Job 5, 18 f (où l’on a un 5 long, pro- venant de u, en pause, § 32 c ) ; dans deux mots étroitement unis, p. ex. ’ll’W HO (pour HO (§ 37 c), noon nin (pour njn ; devant un qames bref!) Pr 24, 14 « connais la sagesse ».
B) Devant non-gutturale: 1) 13D1D, mais 7[D1D (ici le — est allongé en pause); 2) 13’DID, 03’D1D niais , 3) nB , ”^B , mais ï|yiB ; 4) pîB (nom propre) mais flS’TB (*).
g" Le second degré d’affaiblissement de — en — est également très fréquent.
Un a primitif est devenu — dans les parfaits ^>Bp3 , V’Bpn (mais fut. (7’Bp’), t7t3p (en syllabe aiguë, mais fut. t7Bp’ ) ; dans le futur qal des verbes d’action *?fep’ (§ 41 e), dans le type d’état est. pl. n31 (de *13n ) pour dakrê (§ 96 B b).
L’affaiblissement de — en — se trouve fréquemment dans la flexion nominale : 1) dans les types ’pTX auprès de ’3(70 , H33 auprès de ’3^>0 , ’3D3 auprès de ’BD3 , Hfef33 auprès de flfcfM (ainsi on a l’in- finitif fém. PtbtÛp auprès de rfrfflp § 49 d) 2) dans la flexion du type p3*lü , est. fSnp (ici dissimilation ; cf. § 96 C c) ; 3) dans la forme
(*) En parlant de cette suite vocalique, nous transcrivons, le qames pro- venant de a, à savoir à, d’une façon purement phonétique : o, puisqu'il s’agit d’attirer l’attention sur un phénomène phonétique.
(2) Voir encore |? 68 e, 79 q, 88 L g, 93 c, 94 c, d, h, 96 A q, B/.
75 Dissimilation — Chutes de voyelles 29^— 30 4
t S/BPt. « votre sang-». (De même en araméen targumique on a f'ûQ'n ;
cf. Dalman, Aram. Grammatik *, p. 202).
Dissimilation. Certaines voyelles ne peuvent s’expliquer que par h une tendance à éviter une suite de deux voyelles de timbre Identique ou voisin.
La 1* voyelle est dissimilée dans de , plPTT de pn ,
de est. ^ID, §21 h, pour Pttify* de PTChîT (nom propre).
La 2* voyelle est dissimilée dans yfrfo (4 fois ; ','yb 10 f.) « si ne..', pas » de I1? + ; dans le type du futur des verbes tt'B
quiescents, pour ,ôkol (§ 73 c).
§ 30. Chutes de voyelles.
Les voyelles, soit primitives, soit hébraïques, disparaissent sou- a vent par l’effet du caractère énergique du ton ou de son déplacement.
La voyelle disparue laisse un léger vestige, le shewa (mobile ou moyen) ou ses substituts les hatef, Ainsi le mot devient *Û^Î à l’état cons-
* T - ;
trait où le ton principal disparaît, et D’-QT au pluriel absolu où le ton passe sur im.
Les voyelles longues, soit primitives, soit hébraïques, ne tombent b pas ; p. ex. dans le type S'ü'ü pour maifib les deux voyelles longues demeurent dans la flexion : est. B’B’O , PI. D’I’Q’O , est. .
Dans les alternances comme celle de : fut. indicatif p^p> , fut. jussif <£• fut. inverti Dp*1, on a à faire à des formes différentes: la forme primitive de l’indicatif a une voyelle longue et la forme primitive du jussif une voyelle brève.
Les voyelles brèves primitives en syllabe fermée sont protégées c par la nature même de la syllabe ; elles peuvent changer de timbre mais elles ne tombent pas, p. ex. *qudsï > >dlp .
Les voyelles brèves primitives en syllabe ouverte sont exposées d à tomber. Voici les principaux faits qu’on peut observer :
A) Dans les mots dissyllabes milera' :
1) La première voyelle demeure si la seconde est une brève
primitive (moyenne hébraïque), p. ex. *qafal > “?Bp ; *dabar > “DI ; *'tnab > 33J? ; ^ilai > « vers moi ».
2) Si la seconde voyelle est longue, la première voyelle primi-
30 d—f
Chutes de voyelles
76-
"tive a demeure (*), les voyelles primitives i, u tombent, p. ex. avec 1® voyelle 'a: *qafâl > ^10j3 (infin. absolu), *salâm > nfotà , *qafül > VlEp (part, passif); avec 1* voyelle i: *zira (ar. dira > 311? ; sirâr > 1Î1Ï (§ 6 £•), *himàr (jUa.) > *11011 (avec hatef patah sous la gutturale, § 21 ^) [cependant dans les formes primitives qifâl et qifül, avec 1' radicale K , l’z ne tombe pas, mais devient , p. ex. 11?N , D13K .
§ 21 A]; avec 1* voyelle u : *lubüs > tthO*? « vêtement » (opp. participe passif EftO1? « revêtu ») ; *gubül> ‘?133 « frontière ». e B) Dans les mots milera' de plus de deux syllabes ;
Généralement la voyelle prétonique demeure et la voyelle anté- prétonique (à la 2® place avant le ton) tombe, p. ex. *sadaqat )> Hpllf ! *hakamat > 110311 « urte sage » ; *zaqinat > ,13pî « vieille » ; *qa/al-
T » “J T»”î
tem > Dfl^Op .
Mais dans la flexion du parfait (sans suffixes) l’antéprétonique demeure et la prétonique tombe, p. ex. qafalat > il^Dp ; *qafalü >
; *hakamat > ,103(1 « elle est sage » ; *zaqinat > f13pî « elle est vieille ». La différence de traitement d’une forme primitive telle que bakamat, selon qu’elle est verbale ou nominale s’explique probable- ment par une différence dans la place du ton, à un stade antérieur de la langue. La forme verbale ,103f1 se rattacherait à un stade ha'ka- mat antérieur au stade hakamat représenté par la forme pausale ,10311* (cf. § 95 c).
La voyelle antéprétonique a demeure dans certaines formes, p. ex. D'ttHS comme pluriel de 131B « cheval » § 96 B b ; fl'lWltf , sg. 313127
• » JT TT • (T “T
« semaine » § 96 D b ; 'ffi^3 « mon exil » § 88 M j ; 'f30 « mon re- fuge' » S 88 L e ; '330 « mon bouclier » § 88 L h. Il faut remarquer "|r<.
surtout le pronom '33N (§ 39 a ) et les formes du parfait avec le waw inversif 'Pl^Opl , rfaüpl (§ 43 a) (*).
f C) Dans les mots mile'el de plus de deux syllabes, on re-
marquera les cas pratiques Suivants :
Au parfait avec suffixes a prétonique se maintient, p. ex. qafa- la ni > *#ÇP! 1’ i tombe au piel, p. ex. ’370p , mais se maintient au qal, p. ex. '311313 « il m’a oublié » (§ 61 e).
(4) Le qames est particulièrement stable devant le ton (gantes prêtoniquè).
(*) D’une façon générale, la stabilité anormale d’une voyelle - — , — , — n’est pas un indice infaillible de sa longueur.
77
Chutes de voyelles — Ton
30 /— 31 a
Au futur avec suffixes a prétonique se maintient, i et u tombent, p. ex. >$3^ ( ^ iilbas > 03^» ), mais >MFI* (de iittin > |Fl> ),
(de îiqtul >
Remarque. -Dans la flexion du futur Va prétonique tombe, comme
les voyelles i, «, p. ex. «Pl», ^Bp’ •
D) Le traitement de la voyelle moyenne — dans la flexion g demande une considération à part.
A l’état absolu le — se maintient généralement ; mais à l’état est. généralement il tombe. Ainsi *mt',ai> HRO « cent », est. DRB ; pl. abs. n«lRa (l’état est. serait fl'lRO* ) ; DW , flW , est. rflDtf . Le — se main- tient à l’état est. dans certains mots : dans les mots comme *li?R (§ 21 h) ; dans npf « sueur de », “03 « l’.étranger (abstrait) de », fDBflO « ca- tastrophe de », nomn « profond sommeil de », fD“l3 « piscine de », miç « tas de », etc.
Dans le verbe on a à l’impératif du type ■
Au participe du tÿpe *?Bp on a ou rftaj? ou (surtout) nbap;
pl. D^ap (§ 50 g).
Au participe du type D'pD on a par ex. est. 3’tfD (Ruth 4,. 15);
.“D’tto*, pl. D*3W» •
Au participe du type 2DB : on a par ex. ITlD « faisant mal » ; pl. D’inO (opposer le participe 3’B’P avec ë long, § à).
Dans l’adjectif du type l?Bp on a p. ex. D^R « muet », pl. Q’Û^R.
§ 31. Du ton: place et déplacement.
Les notions essentielles sur le ton ont été données au § 15 a-c, , à propos des accents. La place du ton, nous l’avons vu, peut être connue matériellement par les accents, dans la plupart des cas. Indé- pendamment des accents la connaissance du ton relève de la morpho- logie. D’une façon générale, la place du ton dépend de la nature des syllabes et de la quantité des voyelles. On peut formuler les deux règles négatives suivantes sur les syllabes fermées :
1) Une syllabe pénultième fermée ne peut pas avoir le ton à moins que la dernière syllabe ne soit ouverte ; p. ex. on a n^Bp . mais
QFibap.
2) Inversement, une syllabe dernière fermée ne peut être privée
Ton: trsîgah
78
31 a — c
du ton, à moins que la syllabe pénultième ne soit ouverte, p. ex. on a Dj3*1, Djjjl, mais ^TV, SÈpn.
Les différentes formes prises par un mot dans la flexion, et cer- taines autres causes, comme la pause, peuvent produire un déplace- ment du ton soit vers le bas du mot (l’accent descend), soit vers le haut du mot (l’accent monte) ; cf. § 15 b.
Souvent quand le mot s’allonge la nouvelle syllabe prend le ton, p. ex. “ifn, pl. Onin : le ton descend sur ïm. A la pause le ton descend dans le cas du futur inverti : , mais Djp’l (§ 32 e).
Au parfait le ton est mile'el dans Ffrèp, ’pftÈp, mais il descend
dans les formes avec le waw inversif , ’Fl^îîpl ; à la pause il
remonte FfrûPI (S 32 e).
Au contraire, au futur inverti le ton remonte dans la mesure du possible (cf. § a), p. ex. on dit , mais IJ^I . — A la pause le ton monte dans quelques cas (§ 32 e).
De plus le ton peut monter pour une cause rythmique, à savoir pour éviter la rencontre de deux syllabes toniques, ce qui arrive quand de deux mots unis par un accent conjonctif le premier a le ton sur la syllabe finale et le second sur la première syllabe (*).
La montée du ton pour cause rythmique s’appelle nesïgah « recul » ou nàsôg 'àhor ( “finit 3ÏD3 ) (*), à savoir ton « s’éloignant en arrière ».
Pour que la n‘sigah soit possible il faut, outre l’observation des deux règles négatives du § a, que, si la dernière syllabe est .fermée, elle n’ait pas une voyelle longue. Exemples : n'T’b tOp Gn